Gaza : la jeunesse sacrifiée par le blocus

07/07/2015

Sans perspective d’emploi, de reconstruction ni de sécurité, l’avenir continue de s’assombrir pour toute la jeune génération.

Un an après le conflit de 2014, les conditions de vie ne se sont pas améliorées. Le chômage atteint des records. 67,9 % des personnes de moins de 24 ans sont désormais sans emploi. Le manque de débouchés oblige un nombre croissant de jeunes à tenter, au risque de leur vie ou de se faire arrêter, de franchir la frontière avec Israël pour aller chercher du travail.

Pas une seule maison reconstruite

Le conflit a porté un nouveau coup à l’économie de Gaza, déjà mise à mal par huit années de blocus israélien, limitant la sortie des personnes et des marchandises de même que l’entrée de matériaux de construction essentiels. Au rythme actuel, beaucoup d’adolescents d’aujourd’hui seront séniors quand la reconstruction s’achèvera : selon les dernières estimations, elle pourrait prendre plus de 70 ans. Aucune des habitations détruites par les bombardements l’année dernière n’a encore été reconstruite. Aucune école, aucun hôpital.

Le pouvoir de l’art face à la guerre

 

Il y a un an, Hamza (photo) et sa famille ont dû fuir leur maison pour échapper aux bombardements. On estime que 300.000 jeunes gazaouis ont besoin d’un soutien psychosocial pour surmonter le traumatisme dû au conflit et au stress du blocus. Hamza a rejoint le partenaire d’Oxfam , « Association pour la pensée libre et la culture (CFTA) », qui l’a invité à dessiner pour exprimer ce qu’il avait vécu.

 

« J’y ai trouvé beaucoup de soutien et j’ai pu améliorer ma technique » dit Hamza. « J’ai organisé et j’ai participé à différentes expositions – c’est un vrai accomplissement dans ma vie. Je n’avais jamais imaginé que des gens viendraient un jour voir ce que j’avais dessiné. J’ai même fait un dessin qui a été vendu en Amérique ! Ca a donné du sens à ma vie. Grâce au dessin, je peux aussi raconter au reste du monde la souffrance que nous vivons à Gaza et comment les enfants ont vécu cette guerre. »

Hamza rêve de devenir un artiste célèbre, mais il sait aussi que cela va être difficile à cause du blocus de Gaza. « Mais ça ne va pas m’empêcher de rêver, » insiste-t-il.

Les violences continuent

Malgré le cessez-le-feu temporaire de l’an dernier, les actes de violence à l’encontre de la population civile se poursuivent. Outre près de 170 tirs d’essai principalement effectués sur la mer, six roquettes palestiniennes ont été tirées sur Israël, contre plus de 700 tirs israéliens sur Gaza durant la même période.

« Une paix durable passera par le développement économique et par le respect des droits fondamentaux. Or, seule la levée du blocus permettra de réunir ces deux conditions », conclut Liesbeth Goossens, responsable du plaidoyer humanitaire pour Oxfam-Solidarité.

Notre action à Gaza

En collaboration avec nos partenaires locaux, nous venons en aide à près de 700.000 personnes dans la bande de Gaza. Nous fournissons de l’eau potable, améliorons les installations sanitaires et co-organisons un programme de coupons alimentaires. Grâce à un financement du gouvernement Belge, nous soutenons aussi des agriculteurs et des pêcheurs afin qu’ils retrouvent leurs moyens de subsistance, ainsi qu’un hôpital et des cabinets médicaux mobiles.

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