Gaza : lever les restrictions pour éviter les crises humanitaires à répétition

28/09/2014

Les responsables israéliens et palestiniens doivent saisir l’occasion d’un nouveau cessez-le-feu pour mettre fin aux violences une fois pour toutes. Une paix durable ne sera possible que si Israël lève définitivement les restrictions imposées à l’économie et à la population gazaouies.

« L’histoire récente montre que, tant que les civils palestiniens de Gaza seront privés de leurs droits fondamentaux, un cessez-le-feu ne pourra pas jeter les bases d’une paix durable. Si l’on ne met pas fin au blocus qui a fait sombrer les Gazaouis dans la pauvreté, les hostilités meurtrières des cinquante derniers jours risquent de se reproduire avec une fréquence accrue », craint Nishant Pandey.

La crise humanitaire actuelle est la plus grave qu’ait connue Gaza depuis des décennies. Selon le rapport d’Oxfam intitulé « Histoire d’un échec : retour sur sept ans d’échec politique à Gaza », la politique de séparation d’Israël, qui vise à isoler économiquement, socialement et politiquement la bande de Gaza de la Cisjordanie, alimente la pauvreté, nie les droits fondamentaux de la population et compromet les chances d’une solution viable à deux États. Le blocus de Gaza, qui fait partie de cette politique, empêche par exemple les gazaouis de commercialiser leurs produits en Cisjordanie.

Ce rapport d’Oxfam recommande donc des mesures concrètes et immédiates :
-  Protéger les populations civiles palestinienne et israélienne, en déployant du personnel international qui contrôle la frontière et le respect du cessez-le-feu.
-  Assurer la circulation des personnes vers la Cisjordanie par la réouverture de tous les points de passage, sauf en cas de crainte sécuritaire spécifique.
-  Supprimer les restrictions de circulation de marchandises et revaloriser le point de passage commercial de Kerem Shalom.
-  Renforcer les relations diplomatiques avec le nouveau gouvernement palestinien d’union nationale, dont la formation constitue un pas décisif vers une solution viable à deux États.

De l’eau potable à plus de 250.000 personnes

Depuis le début de la crise Oxfam et ses partenaires locaux ont pu apporter de l’eau potable à plus de 250.000 personnes qui s’étaient réfugiées dans des écoles et abris. Un programme financé par le Département du Développement international britannique et par l’Union européenne. La famille de Mahmoud travaille dans une station de désalinisation, il raconte : « Quand le camion entre dans l’école, tous les gens se rassemblent avec leurs bouteilles vides, au début de la crise certains étaient si désespérés qu’ils remplissaient même leurs bouteilles avec les quelques gouttes qui coulaient du camion. Je n’oublierai jamais cette scène ». Salwa, qui a dû fuir sa maison, confirme : « Quand les camions sont arrivés, c’était comme trouver de l’eau dans un désert »

Regardez la video : « Delivering safe water in Gaza »

Nous installons par ailleurs des générateurs d’urgence pour rétablir l’eau courante dans plusieurs quartiers de la ville Gaza (ce qui bénéficie à 40.000 personnes). Nous distribuons des kits d’hygiène (déjà à 1.950 personnes) et avons mis en place un système de coupons alimentaires dont bénéficient déjà 87,500 personnes, ce qui leur permet d’acheter des produits alimentaires de base tout en soutenant le commerce local qui subsiste malgré la crise. Nous avons également distribué de la nourriture à 1.300 personnes. Oxfam-Solidarité travaille spécifiquement avec nos partenaires UHWC et PMRS. Un partenariat rendu possible par un financement de la coopération Belge au développement. Nous soutenons 3 cliniques mobiles (PMRS), 3 centres de santé ainsi que l’hôpital d’Al Awda (UHWC), le seul qui dispose d’un service de maternité dans le nord de Gaza.

Le rapport complet l’Oxfam, « Histoire d’un échec : retour sur sept ans d’échec politique à Gaza »

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