Gaza : rendez-vous en 2115

gaza
27/02/2015

L’hiver a rendu les conditions de vie des familles gazaouies encore plus difficiles. Au rythme actuel, il faudra un siècle pour qu’elles puissent reconstruire leur vie.

Plus de 800.000 camions chargés de matériaux de construction seraient nécessaires pour construire les habitations, les établissements scolaires.

Pourtant, en janvier, seulement 579 camions de matériaux sont entrés dans la bande de Gaza – encore moins que les 795 du mois précédent. Au cours des trois derniers mois, moins de 0,25 % des matériaux de construction nécessaires ont pu entrer dans la bande de Gaza.

Sans fenetre ou sans toit

Résultat ? Environ 100.000 personnes continuent de vivre dans des abris temporaires (sans chauffage ni eau courante) ou se sont réfugiées chez leur famille élargie. Des dizaines de milliers d’autres familles vivent dans des habitations fortement endommagées, sans fenêtre ou sans toits. Les fortes pluies des mois derniers ont déjà causé de graves inondations.

Kamel Qasem, 43 ans, père de 5 enfants, a perdu son emploi en 2007, lorsque le blocus israélien a été mis en place. Lors du conflit de l'été 2014, sa maison a été entièrement détruite par les bombardements. Il vit actuellement avec sa famille dans une caravane, à l'intérieur de laquelle l'eau transperce à chaque pluie. « Il semble n'y avoir aucun espoir de reconstruire notre maison tant que la situation à Gaza restera la même », raconte Iman, sa femme.

Que fait la communauté internationale ?

Alors que les besoins augmentent, Oxfam et ses partenaires distribuent de l'eau potable, des bons alimentaires et apportent des soins de santé aux populations gazouies. Nous continuons notamment à soutenir une clinique mobile de notre partenaire PMRS qui opère dans des zones reculées ainsi que l’un des plus grands hôpitaux de Gaza de notre partenaire UHWC. Un projet financé par la coopération Belge au développement et qui comprend le renforcement de leurs capacités pour mieux répondre aux conflits comme celui de l'été dernier.

« Seule la fin du blocus permettrait aux Gazaouis de reconstruire leur vie », insiste Catherine Essoyan, directrice régionale d’Oxfam. « Chaque jour qui passe sans que ces gens aient la possibilité de reconstruire met en péril davantage de vies. Il est tout à fait déplorable que la communauté internationale manque une fois de plus à ses devoirs vis-à-vis de la population gazaouie qui a tant besoin d’aide. »

Des petits producteurs étranglés

Il n’y a eu aucune avancée concernant les pourparlers sur une solution à long terme de la crise à Gaza alors que ces pourparlers étaient censés être organisés juste après le cessez-le-feu. Oxfam appelle donc les deux parties à rechercher activement une solution pacifique, comprenant la fin du blocus israélien toujours en place, qui continue d’avoir un impact catastrophique sur la population gazaouie.

L’an dernier, les exportations gazaouies de produits agricoles n’ont atteint que 2,7 % de leur volume avant l’imposition du blocus. Les pêcheurs se voient toujours imposer une zone de pêche de six milles nautiques loin des eaux poissonneuses, et les agriculteurs n’ont pas accès à la majeure partie des terres fertiles.

Grâce à un financement de la coopération Belge au développement, Oxfam et son partenaire local UWAC travaillent à réhabiliter les moyens de subsistance de ces pêcheurs et agriculteurs, par la réparation de bateaux et de filets ainsi que de serres agricoles.

En savoir plus ?

Oxfam a participé à une déclaration commune de 30 ONG et agences des Nations unies, à découvrir ici : «We must not fail in Gaza ».

 

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