Kasaï : Le défi du retour des déplacés

04/12/2019

Face aux conflits intercommunautaires et aux déplacements de populations au Kasaï en RD Congo, Oxfam est venue en aide à 13.300 familles entre 2018 et 2019 via des transferts d’argent. Dans cette province, une crise alimentaire grave est avérée depuis 2016. Grâce à l’approche « cash », Oxfam a pu rétablir leur sécurité alimentaire. Un projet rendu possible par un financement de l’Union Européenne.

Les conflits intercommunautaires au Kasaï ont provoqué le déplacement de 1,4 million de personnes depuis août 2016 et ont plongé la région dans une situation de crise alimentaire sévère.

La situation s’est aggravée en octobre 2018 lorsque 370.000 congolais qui avaient trouvé refuge en Angola ont été refoulés vers le Kasaï. De retour en RDC, ils ont très vite été confrontés à une crise alimentaire sévère. Le fait de ne pas avoir accès à l’eau potable, à une alimentation variée ou aux structures de soins a contribué à la détérioration majeure de leur état de santé.

« Expulsés précipitamment, ces refoulés manquaient de tout : logement, alimentation, transport. On voyait des milliers de personnes sur les routes et dans toutes les villes que nous traversions, le taux de malnutrition était grave. Il fallait agir vite pour aider ces communautés à se réintégrer. », se souvient Constant Mboka, travailleur humanitaire au Kasaï.

L’approche « cash », une solution qui gagne du terrain

Pour venir en aide aux plus vulnérables, Oxfam a distribué trois versements de 75 dollars à chaque ménage. Cet argent « inconditionnel » leur permet d'acheter des biens sur le marché local : poisson séché, farine de manioc, haricots et huile. Au total, près de 13.300 ménages vulnérables ont ainsi été aidés entre 2018 et 2019.

Selon les études menées par Oxfam sur le terrain, le transfert de cash est apparu comme le moyen le plus efficace pour couvrir les besoins alimentaires des ménages les plus vulnérables. Elle a permis aux familles d’accéder plus rapidement aux vivres, plutôt que de les acheminer par camion dans des zones souvent difficiles d’accès.

En plus, elle contribue à redynamiser l’économie locale par l’injection de cash dans les marchés locaux. Elle permet aussi aux populations civiles de faire face à des besoins non-alimentaires urgents, comme acheter des semences pour cultiver les champs qu’elles avaient abandonner en fuyant les combats.

 

 

« Je suis arrivée ici à Kamonia début février depuis l’Angola. Grâce à l’argent qu’Oxfam a distribué dans notre village, j’ai pu acheter des vivres pour ma famille et des semences pour nos champs. Nous allons pouvoir recommencer à semer dès que nous serons réinstallés », témoigne Colette.

Le difficile quotidien des déplacés

En plus de cette aide alimentaire, Oxfam protège également les personnes déplacées. Les risques qu’elles encourent sont nombreux : mariages forcés et précoces chez les jeunes filles par leurs parents à la recherche d’argent et combats suite au conflits interethniques qui se sont poursuivis le long de la frontière avec l’Angola.

Oxfam a élaboré un plan de protection communautaire avec les autorités et les leaders locaux. Ces personnes de référence sensibilisent à leur tour les communautés dans les zones à risque. Elles dirigent également les personnes vulnérables vers les structures de prise en charges psychosociales ou médicales les mieux à même de les aider. Les communautés déplacées sont ainsi mieux à même de s'auto-protéger.

Ce programme d’Oxfam a été rendu possible par un financement de l'Union européenne.