La Belgique va-t-elle compromettre la taxe sur les transactions financières ?

17/06/2016

Alors que les ministres des Finances européens se sont réunis à Bruxelles aujourd’hui, l’attitude ambiguë de la Belgique risque de mettre en péril le projet de taxe sur les transactions financières. Pourtant, une telle taxe pourrait rapporter jusqu’à 1,6 milliard d’euros à notre pays.

Depuis l’arrivée au gouvernement du ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, la Belgique tient un double discours dans les négociations européennes autour d’une taxe sur les transactions financières.

D’un côté, le gouvernement réaffirme son soutien à cette taxe, entériné d’ailleurs dans l’accord de gouvernement. De l’autre, la Belgique émet auprès de ses partenaires européens des exigences techniques irréalistes afin que plusieurs produits financiers soient exemptés de la taxe.

Une question de crédibilité pour la Belgique

Ceci retarde les négociations et risque de vider la taxe de toute substance. Oxfam déplore le fait que les citoyens belges et européens, qui se serrent déjà la ceinture, seront amenés à en payer le prix, si le projet de taxe sur les transactions financières tombait aux oubliettes. 

La France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne, l’Autriche, la Grèce, la Slovénie, la Slovaquie et la Belgique étaient censés annoncer un accord aujourd’hui sur les éléments fondamentaux de la taxe lors d’une réunion des ministres des Finances à Bruxelles. Malheureusement, cet accord a été postposé à septembre. 

En introduisant un impôt minime sur les transactions financières, la TTF a le potentiel de récolter des milliards d’euros chaque année, afin de financer la lutte contre les inégalités et le changement climatique. Rien que pour la Belgique les estimations évoquent la somme de 1,6 milliard d’euros.

Leïla Bodeux, chargée de plaidoyer à Oxfam-Solidarité :

« Nous regrettons le manque de volonté de la Belgique pour mettre tout en œuvre pour que la TTF voit le jour. Les propos rassurants exprimés à la chambre hier par le Premier ministre Charles Michel, qui maintient notre pays à la table des négociations, doivent être traduits en actes concrets. La Belgique ne peut pas tenir en otages ses partenaires européens, qui ont accepté de nombreux compromis dans les négociations : il en va de la crédibilité de la Belgique auprès des autres Etats membres. »

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