« La faim dans le monde progresse mais ne figure plus à l’agenda politique global »

15/07/2019

Le dernier rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publié aujourd’hui, révèle que le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté pour la troisième année consécutive atteignant 821,6 millions de personnes, principalement en raison de l’inégalité croissante, des conflits et de la crise climatique. Selon la FAO, les femmes sont plus nombreuses à souffrir de l’insécurité alimentaire que les hommes, ce que confirme le dernier rapport d’Oxfam intitulé « Gender inequalities and food insecurity ».

Changement climatique et politiques agricoles doivent redevenir des enjeux prioritaires

«Malgré une hausse de la faim inexorable et deux crises des prix alimentaires en un peu plus de dix ans, l'insécurité alimentaire ne figure plus à l'agenda politique mondial », regrette Winnie Byanyima, directrice générale d'Oxfam International.

« Les gouvernements doivent mettre en œuvre de nouvelles stratégies pour traiter les causes structurelles de la faim et de la malnutrition – à savoir la crise climatique, les conflits et un système alimentaire mondial qui sert des intérêts purement commerciaux au détriment de l’agriculture durable, des petits producteurs et des besoins en nourriture des communautés exposées à l’insécurité alimentaire », selon Byanyima.

« 193 états ont décidé conjointement il y a quatre ans d’éradiquer la faim d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif global, ces gouvernements doivent réformer leurs politiques agricoles de toute urgence. Ils doivent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et aider les agricultrices et les agriculteurs à s’adapter à des conditions climatiques extrêmes plus complexes, plus fréquentes et plus intenses. Il faut plus d’efforts pour mettre un terme aux conflits et aux guerres et permettre à l’aide humanitaire d’atteindre les millions de personnes qui souffrent d’insécurité alimentaire à cause de ces crises. »

Les femmes rurales dans les PED plus exposées à la faim

« Les gouvernements doivent redoubler d’efforts pour offrir un soutien aux femmes : elles représentent la moitié des producteurs de denrées alimentaires dans les pays en développement, mais sont les premières à se priver de nourriture lorsque leurs foyers ne peuvent plus satisfaire leurs besoins alimentaires de base. »

Chiffres-clés

  • Le nouveau rapport d’Oxfam « Gender inequalities and food insecurity : 10 years after the food price crisis, why are women farmers still food-insecure ? » analyse les réformes mises en place depuis les crises des prix alimentaires de 2007-2008 et de 2010-2011, et démontre pourquoi ces réformes ne suffiront pas à éviter une nouvelle crise ou éradiquer la faim. 
  • Les femmes jouent un rôle crucial dans l’agriculture : elles nourrissent des centaines de millions de personnes dans le monde. Pourtant, elles sont confrontées à une discrimination systémique, notamment dans le droit à la propriété des terres et à l’accès au crédit. De plus, la FAO a souligné à de multiples reprises que les femmes sont deux fois plus exposées à l’insécurité alimentaire que les hommes. Elles sont affectées de manière disproportionnée par le changement climatique, les conflits et les déplacements.
  • Lors de la première crise des prix alimentaires, le prix des denrées alimentaires avait augmenté de 83% entre début 2007 et mai 2008. Une nouvelle flambée des prix alimentaires s’était reproduite entre 2010 et 2011. Ces hausses subites des prix ont été provoquées par toute une série de facteurs, dont la spéculation sur les produits de base, l’augmentation rapide de la demande d’agrocarburants, des stocks de produits agricoles en baisse, le détournement des denrées alimentaires à destination de l’élevage du bétail, et des conditions météorologiques extrêmes liées au changement climatique. Des éléments structurels ont également contribué aux crises des prix alimentaires, dont la libéralisation du commerce agricole, la concentration de la distribution et de l’offre d’intrants qui a marginalisé les petits acteurs, la baisse des investissements publics et de l’aide étrangère dans le secteur agricole à taille humaine.
  • Dans un rapport publié en 2008, la Banque Mondiale démontre que favoriser la croissance de l’agriculture à petite échelle est de deux à quatre fois plus efficace pour réduire la faim et la pauvreté qu’une croissance dans n’importe quel autre secteur.

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