La faim repart à la hausse dans le « Corridor sec » d’Amérique centrale à cause de la pandémie et de la crise climatique

04/03/2021

Le rapport "Les visages de la faim en Amérique centrale", publié aujourd'hui par cinq organisations humanitaires dont Oxfam démontre notamment que les sécheresses survenues en 2018 et 2019 ont plongé 72 % des agriculteurs et agricultrices de la région dans un état d’insécurité alimentaire modérée ou grave.

Le déclenchement de la pandémie en 2020 et les conséquences des tempêtes tropicales Amanda et Cristobal et des ouragans Eta et Iota, ont aggravé cette situation déjà alarmante. Le rapport conclut que 86 % des ménages vivant dans cette zone qui s'étend du sud du Mexique au Panama sont actuellement confrontés à l'insécurité alimentaire.

"L'impact du changement climatique qui prend la forme de sécheresses prolongées et de pluies excessives, combiné à la pandémie, à la violence qui règne dans la région et à la capacité limitée des pays à déployer des systèmes de protection sociale, pourrait plonger 7 millions de personnes dans l'extrême pauvreté. Le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire en Amérique centrale pourrait augmenter de 120% d'ici 2030 si nous n'agissons pas maintenant", a prévenu Gloria García Parra, coordinatrice humanitaire régionale d'Oxfam pour l'Amérique latine et les Caraïbes.

L'Amérique centrale n'est responsable que de 0,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais la région est l'une des plus touchées par le changement climatique. En plus des problèmes climatiques, le Corridor sec est confronté à d'autres dangers, notamment le chômage et la violence, qui peuvent aggraver la faim, en particulier pour les ménages les plus vulnérables.

Violence, chômage et migration

Les pays de la région sont confrontés à un mécontentement social croissant pour des raisons allant de la corruption au manque d’accès à des services publics de qualité. Environ 8,3 millions d'emplois ont été perdus en raison de la pandémie, et les perspectives pour 2021 ne sont pas encourageantes, avec des projections de hausse des taux de chômage - et donc de l’extrême pauvreté - atteignant 22,8 % au Nicaragua, 22,7 % au Guatemala, 11,9 % au Salvador et 22,2 % au Honduras, d’après le rapport. La pauvreté et la corruption risquent d’aggraver encore davantage l’insécurité endémique qui règne dans une région dans laquelle 8.000 homicides ont été signalés en 2020. Un nombre important de personnes continuent de migrer vers les Etats-Unis pour échapper à cet état de crise permanent.

Covid-19

La pandémie continue de faire des ravages en Amérique centrale. Au 25 février, environ 406.000 cas positifs et 12.400 décès avaient été signalés. Ces chiffres ne tiennent pas compte de la sous-estimation du nombre de cas plus que probable dans la région.

Les femmes et les filles sont les plus touchées

Le rapport indique qu'en plus d'assumer la responsabilité des soins, les femmes et les filles sont souvent les premières à se priver de nourriture, la priorité étant donnée aux hommes et aux garçons pour « protéger la main-d'œuvre du ménage ». Selon le rapport, 7 ménages sur 10 souffrant d'une grave insécurité alimentaire sont des familles monoparentales.

"La situation dans la région va se détériorer si des mesures concrètes ne sont pas prises à court terme. Selon le Programme alimentaire mondial, 8 millions de personnes pourraient souffrir de la faim dans le corridor sec d'Amérique centrale en 2021", a conclu Gloria García Parra.

Notes aux rédactions

  • Le rapport a été publié par un Consortium d’organisations humanitaires constitué de Acción contra el Hambre, COOPI, Trócaire, Oxfam et We World-GVC et est disponible en espagnol.

Contact us

Presse francophone
Sotiris Gassialis
0494/13.56.78
sotiris.gassialis@oxfam.org

Presse néerlandophone
Belinda Torres Leclercq
0472/55.34.43
belinda.torres-leclercq@oxfam.org

Follow us

OH-magazine
Abonnez-vous au magazine trimestriel d’Oxfam-Solidarité. Envoyez-nous un mail à
oh-magazine@oxfamsol.be.

Twitter
Suivez-nous sur Twitter.