La gardienne du Mékong

Hong Rany - Cambodge
24/09/2019

Partout dans le monde, les femmes doivent lutter pour se faire entendre au milieu des hommes. Atteindre une position de pouvoir est encore plus difficile pour elles. Au Cambodge, Oxfam et ses partenaires les accompagnent sur la voie d’un meilleur partage des responsabilités.

« Beaucoup de gens ne voulaient pas que je devienne responsable du Comité local des pêcheurs, y compris le chef du village. Ils disaient ‘c’est une femme, elle est jeune et inexpérimentée, pourquoi la communauté la choisirait comme cheffe ?’. J’étais terriblement découragée ». Celle qui parle ainsi, c’est Hong Rany, 26 ans, qui habite sur les bords du Mékong.

Une formation au leadership grâce à Oxfam

Malgré les doutes de certains, Hong Rany s’est présentée a l’élection et a été élue. Un élément déclencheur a été la rencontre avec un responsable de l’assocation Northeast Rural Development (NRD). Un partenaire d’Oxfam, qui aide les communautés de pêcheurs à protéger et gérer leurs ressources naturelles.

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Hong Rany poursuit : « J’ai rencontré Monsieur Sovann, de la NRD (une association partenaire d'Oxfam). Grâce à lui, j’ai pu suivre une formation sur le leadership. Il m’a accompagné sur la voie de la confiance en moi. J’ai acquis les compétences pour gérer le Comité local des pêcheurs et interagir avec les autorités. Ça n’a pas été un travail facile. Au début, certains ont quitté le comité car ils n’acceptaient pas qu’une femme le dirige. J’ai dû clarifier beaucoup de choses dans la structure et les objectifs du comité. Mais maintenant tout fonctionne plutôt bien.»
 
La formation suivie auprès du NRD a eu d’autres effets concrets. « Grâce à un appel auprès des autorités locales, nous avons pu obtenir des fonds pour soutenir nos activités », explique Hong Rany. « Cela nous a permis d’acheter de l’équipement de pêche, de construire un local pour le comité et de sensibiliser au problème de la pêche illégale. »

Protéger les ressources qui font vivre la communauté

« A cause de la pêche illégale, les populations de poissons diminuent », explique Hong Rany. « Nous allons à la rencontre des familles de pêcheurs pour leur expliquer quels équipements ils peuvent utiliser, et comment ne pas épuiser les ressources ».

« Nous faisons aussi des patrouilles sur le fleuve, pour empêcher les gens de pêcher là où ils ne peuvent pas. Là aussi, j’ai dû me battre pour montrer que, oui, une femme peut patrouiller la nuit. Oui, ça peut être dangereux car il y a parfois des confrontation avec certains pêcheurs illégaux. Mais c’est un travail que j’aime bien faire. »

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« Je veux que plus de jeunes, et particulièrement de jeunes femmes, rejoignent le comité », conclut-elle. « Les anciens prennent de l’âge, c’est aux nouvelles générations à prendre la relève. Il faut participer tous ensemble. Si nous ne nous engageons pas, nous perdrons nos ressources naturelles. Sans nous, la communauté ne peut pas se développer ».

Un développement qu’Oxfam continuera à soutenir, par le biais de ses partenaires locaux comme le NRD et du soutien de ses donateurs.

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Photos : Savann Oeurm/Oxfam America