La justice climatique, c'est quoi au juste?

13/09/2019

Partout dans le monde, la société civile et les ONG poussent les gouvernements et les entreprises à prendre leurs responsabilités face à la crise climatique. Le droit permet même de saisir les tribunaux. Le climat devient donc un sujet de droit. Mais le concept de justice climatique va bien au-delà des lois, pas toujours suffisantes pour protéger les victimes climatiques. Mais qu’est-ce que recouvre la notion de justice climatique au juste ? On fait le topo en 4 points.

1. Une injustice nord-sud

Alors que les 10 % les plus riches sont responsables de la moitié des émissions de CO2 mondiales, la crise climatique affecte en priorité les 50 % les plus pauvres qui n’émettent que 10 % des émissions. On estime par ailleurs que les 1% les plus riches du monde ont une empreinte carbone moyenne 175 fois supérieure à celle des 10% les plus pauvres.

Oxfam pèse de tout son poids pour mettre un terme à cette double peine. Comment ? Notamment en faisant pression sur les pays riches pour qu’ils honorent leur engagement pris à la COP21 de Paris en 2015 de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020. L'objectif? Réduire drastiquement les émissions polluantes et soutenir les pays à faibles revenus à s’adapter aux conséquences de la crise.

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2. Une injustice qui provoque l’insécurité alimentaire

La faim progresse dans le monde : 820 millions de personnes étaient concernées en 2018 selon la FAO. La crise climatique est un facteur essentiel de cette dégradation : les inondations répétées et les sécheresses extrêmes ont des répercussions directes sur l’agriculture et donc sur la sécurité alimentaire. La situation est particulièrement préoccupante en Afrique et en Asie du sud, deux régions du monde qui ont durement été frappées par des variations climatiques extrêmes ces dernières années.

Oxfam encourage les agricultures paysannes et les pratiques agro-écologiques, capables de nourrir durablement la planète tout en la préservant. En Belgique, Oxfam incite le gouvernement à abandonner l’usage massif de biocarburants produits dans les pays du sud car ils contribuent  à la dégradation des sols et à la désertification. Des risques qui constituent une menace pour la sécurité alimentaire et l’approvisionnement en eau. L’usage massif de biocarburants entraîne même dans certains cas des violations de droits humains, des expulsions de populations locales et l’accaparement de leurs terres.

3. Une injustice de genre

Les agricultrices sont particulièrement exposées au risque de famine, surtout en cas de crise, comme ce fut le cas lors de la flambée des prix des matières agricoles de base en 2007. Les femmes rurales représentent plus de la moitié de la main d’œuvre dans les pays en voie de développement.

Malgré leur rôle crucial dans la survie des ménages, elles sont victimes de discriminations. Discriminations foncières : elles sont souvent ignorées par le droit de succession et de propriété (terres, bétail, logement et outillage agricole). Discriminations économiques : elles ont difficilement accès au crédit. Travail non rémunéré, normes patriarcales, … la liste est longue. Oxfam fait pression sur les gouvernements et dans la rue pour que les agricultrices soient davantage financées pour faire face à la crise climatique.

4. Une injustice migratoire mondiale

En 2018, selon le rapport mondial sur les déplacements internes, 17,2 millions de personnes ont été déracinées par des catastrophes climatiques dans leur propre pays : des cyclones, comme celui qui a frappé l’Afrique australe en mars, mais aussi des sécheresses plus intenses et plus longues. Pire, la crise climatique peut contribuer aux conflits qui poussent les victimes à fuir leurs pays.

Si cette crise nous affecte tous, les risques de déplacement sont beaucoup plus élevés dans les pays à faible revenu. D'après une analyse d'Oxfam, entre 2008 et 2016, les populations des pays à faible revenu ont été 5 fois plus susceptibles d'être déplacées à cause de catastrophes climatiques extrêmes que les habitants de pays à revenu élevé. Oxfam fait pression sur notre gouvernement pour qu’il respecte l’engagement pris lors de la signature du Pacte migratoire de l’ONU et qu’il mène des politiques migratoires sensibles aux déplacé.e.s climatiques.

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