La sécheresse met des vies en péril dans la Corne de l’Afrique dans l’indifférence générale

25/07/2019

Plus de 15 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire alors que la sécheresse frappe à nouveau certaines zones de l’Éthiopie, du Kenya et de la Somalie. Le monde persiste pourtant à ignorer les leçons qui ont été tirées suite aux terribles épisodes de sécheresse de 2011 et de 2017, mettant des millions de vie en danger, comme le dénonce Oxfam aujourd’hui dans son dernier rapport.

Oxfam appelle les gouvernements à soutenir de toute urgence le financement de l’aide à destination de ces trois pays. En effet, étant donné que seul un tiers des besoins sont actuellement couverts, il est à l’heure actuelle impossible d’aider toutes les personnes qui sont dans le besoin et d’éviter une crise humanitaire encore plus grave.

En raison du manque de précipitations, les récoltes ont été perdues et, avec elles, les moyens de subsistance et de résilience de la population. En conséquence, ces trois pays recensent actuellement 7,6 millions de personnes qui souffrent gravement de la faim. La situation est aggravée par le fait que des millions de personnes ont été contraintes d’abandonner leur foyer dans la région suite aux conflits et aux effets de la sécheresse.

Agir rapidement pour éviter que la catastrophe de 2011 ne se reproduise

Les enseignements tirés de la famine de 2011, qui a fait plus de 260 000 morts, ont permis d’éviter une autre famine en 2017 : un rapide apport de fonds à grande échelle avait permis une intervention humanitaire efficace. Mais des millions de personnes ne se sont pas encore complètement remises de la sécheresse de 2017, qui les a rendues encore plus vulnérables aux répercussions de ce nouvel épisode de sécheresse. Toutefois, au même stade il y a deux ans, l’intervention humanitaire avait déjà été financée à 75 %.

Comme l’affirme Lydia Zigomo, directrice régionale d’Oxfam pour la Corne de l’Afrique : « L’une des leçons que nous avons tirées de nos échecs collectifs suite à la famine de 2011 est qu’il est indispensable d’agir rapidement et sans hésitation pour sauver des vies. Mais les engagements internationaux pris pour qu’un tel drame ne se reproduise plus sont en train de faiblir. Une fois encore, ce sont les plus pauvres et les plus vulnérables qui souffrent le plus. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre que les images d’enfants faméliques et d’animaux morts viennent inonder nos écrans de télévision. C’est maintenant qu’il faut agir pour éviter la catastrophe.»

Le Kenya, la Somalie et l’Ethiopie redoublent d’efforts pour financer leurs réponses humanitaires

Ce manque de réaction à l’international contraste avec l’intervention active des gouvernements des trois pays touchés : le gouvernement kenyan a pris des mesures pour lutter contre la sécheresse avec des fonds internationaux restreints ; l’Éthiopie finance près de la moitié de toutes les activités humanitaires entreprises sur son territoire ; la Somalie a nettement amélioré les conditions de sécurité et l’accès des équipes d’aide humanitaire. Mais ces pays doivent tous trois redoubler d’efforts et, en l’absence d’un soutien international plus prononcé, ils ne seront pas en mesure d’éviter une catastrophe à grande échelle.

La corne de l’Afrique paie le prix fort d’un dérèglement climatique auquel elle n’a quasiment pas contribué.

Une crise climatique incontrôlable a fait de la sécheresse la norme dans la région, reflétant ainsi les inégalités mondiales où les communautés vulnérables, qui sont celles qui ont le moins contribué à provoquer la crise climatique, sont confrontées à ses impacts les plus dévastateurs. Les interventions humanitaires immédiates doivent aller de pair avec un véritable engagement à s'atteler aux causes systémiques de la crise.

Oxfam et ses partenaires aident actuellement des centaines de milliers de personnes en Éthiopie, au Kenya et en Somalie en leur fournissant de l'eau potable et une aide en espèces moyennant des procédures souples et rapides, ainsi qu'un soutien à long terme pour bâtir des communautés plus fortes et plus résilientes.

 

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