L'aide alimentaire aux réfugiés syriens divisée par 4

31/07/2015

229.000 réfugiés syriens en Jordanie s’apprêtent à ne plus recevoir qu’un quart de l’aide alimentaire actuelle. Le Programme alimentaire mondial (PAM) va devoir réduire drastiquement son aide aux réfugiés. L’organisation internationale de développement Oxfam pointe la responsabilité de la communauté internationale mais veut aussi faciliter l’accès au marché du travail pour les réfugiés au Liban et en Jordanie.

Le 1er juillet, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annonçé qu’il allait devoir interrompre à partir du mois d’août la distribution de bons alimentaires aux réfugiés vivant en dehors des camps en Jordanie, tout en maintenant son aide dans les camps. Au total, un tiers des réfugiés syriens en Jordanie verront l’aide réduite à 7 dollars, soit un quart du montant précédent. Pour les personnes les plus vulnérables, la somme sera toute de même de 14 dollars. Ces deux mesures s’expliquent par un manque de financements internationaux, explique le PAM, qui affirme avoir besoin de 26 millions de dollars par semaine pour répondre aux besoins alimentaires de base des personnes touchées par le conflit syrien.

Liesbeth Goossens, responsable du plaidoyer humanitaire pour Oxfam :

«  Aujourd’hui, des centaines de milliers de réfugiés syriens vivant en dehors des camps, en Jordanie, vont devoir faire face à diminution drastique de l’aide qu’ils reçoivent du Programme alimentaire mondial. Au Liban, la réduction constante de l’aide a divisé par deux la valeur des bons alimentaires octroyés à tous les réfugiés. C’est un fait sans précédent et dangereux, principalement imputable au manque de financements internationaux et à la durée de la crise.»

« Il y a autant d’habitant en Jordanie et au Liban réunis qu’en Belgique. Pouvez-vous imaginer ce que ça représenterait d’accueillir 1,5 million de réfugiés, qui ont peu, voire pas du tout, de moyens de subsistance ? Beaucoup de réfugiés sont déjà réduits aux dernières extrémités pour nourrir leur famille : envoyer les enfants travailler, s’endetter sans pouvoir rembourser ou réduire le nombre de repas par jour. »

«  Les bailleurs doivent dégager des fonds dans les plus brefs délais pour permettre aux Syriennes et Syriens de satisfaire leurs besoins fondamentaux. Des moyens existent. Nous ne devrions pas attendre que la situation, déjà désastreuse, s’aggrave. Les réfugiés syriens doivent en outre avoir les moyens de subvenir par eux-mêmes aux besoins de leur famille, en accédant au marché du travail au Liban et en Jordanie, où le droit du travail est sévèrement réglementé. En permettant aux réfugiés de se trouver un gagne-pain, ces deux pays contribueraient à éviter une tragédie humaine dans l’immédiat. À plus long terme, ils stimuleraient leur propre économie, tout en améliorant les chances des réfugiés de pouvoir subvenir à leurs propres besoins à l’avenir. »

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