Burkina Faso

La République ouest-africaine du Burkina Faso est l'un des pays les plus pauvres au monde. Sur 14 millions d'habitants, 86% sont dépendants de l'agriculture. Au Nord, dans la région du Sahel, la terre est peu fertile et régulièrement frappée par la sécheresse. La région est démunie en matière d'infrastructures, d'enseignement et de soins de santé. Ces conditions ne permettent pas de fournir une alimentation suffisante à la population. C'est pourquoi l'alimentation est à présent au cœur du travail d'Oxfam au Burkina Faso.

  • « Au Burkina Faso, les femmes peules nomades tirent leur revenu principalement de la vente de lait », explique Korotoumou Gariko. Ces femmes ont décidé de se mobiliser, pour protéger le secteur local du lait contre les importations de lait en poudre bon marché. « Avec le soutien d'Oxfam, nous avons créé l'Union des mini laiteries (UMPL-B). Nous avons nos propres produits et nous assurons une meilleure distribution sur le marché local. En tant que membre de l'Union des transformateurs de lait, nous mettons le gouvernement sous pression. Parce qu'il s'agit de notre souveraineté alimentaire et de nos vies ! »

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  • Avant, à Tibou, il pleuvait entre mai et septembre, et maintenant c’est entre fin juillet et fin aout. Le changement climatique touche déjà fortement les habitants de ce village au Burkina Faso. « Nous avons subi de plein fouet la dernière sècheresse de 2012 », raconte Bintou Sankara. Elle est mère de 7 enfants et présidente du groupement de femmes du village. « Mais nous avons pu cultiver des légumes, parce qu’Oxfam nous avait fourni des semences, des outils et 4 puits. »

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  • Dégustation de lait, de yaourt et d’autres produits frais lors de la foire annuelle des produits laitiers d’Ouagadougou (Burkina Faso). Une manière pour le partenaire d’Oxfam UMPL-B d’aider  les petites laiteries à convaincre la population locale que le lait burkinabè est tout aussi délicieux que le lait Européen et qu’il se conserve aussi bien. Les laiteries locales travaillent ainsi à lutter contre la concurrence déloyale que leur fait le lait en poudre importé d’Europe.

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  • 86% de la population du Burkina Faso travaille dans l'agriculture. Et pourtant, la sécurité alimentaire de ces paysans n’est pas assurée.

  • Lors des pénuries alimentaires, ce sont les femmes qui se privent de nourriture, et ce, même lorsqu’elles font un travail physique lourd. Cela a des conséquences pour leur santé et celle de leurs bébés.

Les défis au Burkina Faso

A l’ouest de l'Afrique, ce pays entouré de terres compte plus de 14 millions d'habitants, dont plus de la moitié de jeunes. La pauvreté est la plus criante dans les campagnes, où vit environ 90 % de la population, et ce sont les femmes qui sont les plus touchées. Les politiques nationales et locales doivent rectifier le tir de toute urgence. Malgré les progrès de ces dernières années, le Burkina Faso est en 161e place sur 169 selon l'indice de développement humain. L'agriculture, dont dépend 86 % de la population, représente 40% du PIB.

Développement économique hésitant

Pour des raisons historiques et à cause d'une administration fragilisée par des choix politiques incohérents, le pays doit non seulement faire face à la corruption, mais aussi à un manque de moyens financiers et à une répartition inégale de ses richesses. En effet, les 10 % les plus riches de la population possèdent plus de la moitié des richesses nationales. Le Burkina Faso ne parvient pas non plus à assurer une sécurité alimentaire et un revenu décent à sa population active, qui est essentiellement composée de petits paysans.

L'économie burkinabè est très dépendante de l'agriculture. Cependant, le secteur est confronté à de nombreuses difficultés : non seulement les sécheresses et le changement climatique, mais aussi un manque d'expertise technique et d'équipements. Enfin, les paysans n'ont que peu ou pas d'influence sur la transformation et la commercialisation de leurs produits.

Le pays s'est récemment lancé dans l'exploitation de minerais de grande valeur tels que l'uranium, ce qui devrait contribuer au développement du pays. Cependant, une plus grande transparence et un contrôle accru des autorités concernant la corruption et la répartition des richesses doivent aussi être de rigueur.

Respect des droits des femmes

Au Burkina Faso, les femmes sont toujours en position d'infériorité. Les traditions et les coutumes s'avèrent peser plus lourd que la législation. Les voix des femmes ne sont pas entendues, même sur des sujets qui concernent leur propre vie. Elles ne disposent que de peu de moyens de production et n'en ont pas le contrôle.

Les jeunes sont également peu pris en compte. En effet, ils ne jouent aucun rôle dans les processus décisionnels et le développement économique. L'accès aux services de base tels que l'enseignement, l'eau potable, les soins de santé et les installations sanitaires n'est pas garanti pour tout le monde.

Groupes vulnérables

  • Les femmes : les femmes sont bien plus défavorisées que les hommes, à tous points de vue.
  • Les jeunes : les jeunes ne bénéficient pas des mêmes droits que les adultes et sont par conséquent très fragilisés.
  • Les ruraux : en banlieue et à la campagne, les gens n'ont qu'un accès limité aux soins de santé, à l'eau et à l'enseignement. Le revenu moyen y est plus bas et ils ont peu de ressources pour lancer une activité génératrice de revenu. Les conséquences du changement climatique se ressentent davantage à la campagne.
  • Les moins instruits : les personnes scolarisées ont plus de chances de trouver un emploi et défendent mieux leurs droits. Beaucoup d'habitants du Burkina Faso ne savent cependant ni lire ni écrire ; ce sont principalement les femmes et les filles qui accusent un retard en la matière.
  • Les chômeurs : plus les revenus d'une personne sont faibles, plus difficile sera l'accès aux soins de santé, à un enseignement de qualité, à l'eau potable et à l'électricité.
  • Les handicapés : les autorités ne prévoient pas assez d’installations adaptées pour les personnes souffrant d'un handicap. Elles trouvent difficilement un emploi parce qu'elles sont moins mobiles et que leurs capacités physiques sont limitées.

En route vers le changement

Les autorités du Burkina Faso se sont engagées à mener une nouvelle politique de développement. Elles veulent ainsi combattre la pauvreté d'une manière plus efficace. Après la crise alimentaire de 2007, l'agriculture et la sécurité alimentaire sont redevenues une priorité. Les subsides pour l'achat de semences et de moyens de production devaient ainsi stimuler la production agricole nationale. Et certains partenaires du développement tels que l'Agence des Nations unies pour l'Alimentation (FAO) et Oxfam ont facilité l'accès à des semences améliorées pour les petits paysans, ce qui a permis une augmentation de la production des cultures vivrières.

L'économie de plusieurs pays de la régions'améliorerait grâce à une plus grande collaboration prévoyant un marché commun régional et la libre circulation des personnes et des biens. En outre, le développement des communautés devrait être intégré à un plan d'action commun qui bénéficierait alors d'un soutien plus large, grâce à une collaboration active entre les différents acteurs incluant les responsables locaux. Ainsi la population pourrait mieux s’organiser et contrôler le travail des autorités.

La ratification d'une politique nationale sur le genre en 2009 et de son plan d'action reflète l'intention des autorités de prendre sérieusement en compte les besoins des femmes. Les droits des femmes sont désormais soutenus par les autorités dans un but de relations sociales égalitaires entre femmes et hommes.

Burkina Faso : Que fait Oxfam ?

Oxfam travaille au Burkina Faso depuis les années 70 dans les domaines de la sécurité alimentaire, du genre, du suivi des politiques, de l'éducation, de l'aide à la jeunesse et de l’action humanitaire. En 40 ans, Oxfam a collaboré avec plus de cinquante organisations partenaires pour qu'elles puissent participer pleinement au développement de leur pays. Dans les années à venir, Oxfam s'efforcera d’améliorer encore cette collaboration, notamment en termes d'efficacité et de durabilité.

Une politique économique durable et équitable

Oxfam travaille pour combattre la pauvreté au Burkina Faso en collaboration avec les communautés, les organisations sociales, les autorités et les entreprises minières. Les revenus de l'exploitation des mines doivent contribuer au développement durable du pays. Par ailleurs, les Burkinabè doivent aussi oser réclamer eux-mêmes leur part de ces ressources. C’est pourquoi les partenaires d'Oxfam aident la population à mieux connaître ses droits, à participer à la vie politique et à exercer son influence. Les autorités burkinabè promettent déjà de lever un impôt équitable et d’améliorer grâce à ses rentrées l'accès aux services sociaux de base. Le parlement national comme les organisations et communautés locales sont informés des budgets nationaux et locaux. Ils peuvent ainsi exercer un contrôle l'un sur l'autre.

Ressources durables pour la population rurale

Afin de soutenir l'agriculture familiale, nous mettons en place des programmes avec des organisations paysannes ainsi qu'avec des entreprises fabriquant des produits agricoles. Nous dirigeons également nos efforts pour un changement dans la politique agricole burkinabè en matière de production, de transformation, de commercialisation et d'accès à la terre. Nous accordons en outre une attention particulière aux femmes et aux jeunes parmi les paysans, dans le but de leur faciliter l'accès aux moyens de production et au matériel agricole. Cela permet aux petits paysans d'améliorer leurs moyens de subsistance de manière structurelle.

Protéger les plus vulnérables du changement climatique : la campagne CULTIVONS.

Nous voulons améliorer la résilience des familles vulnérables qui sont régulièrement confrontées aux effets du changement climatique – que ce soit des sécheresses extrêmes ou des pluies diluviennes – de manière à ce qu'elles puissent diversifier leurs sources de revenus et ainsi mieux se préparer aux variations climatiques. Oxfam collabore donc avec des partenaires locaux pour apporter aux familles les informations et le soutien nécessaires concernant l'utilisation de plantes résistantes aux fortes pluies, la création d'un petit élevage bovin et la préparation de réserves de nourriture. Cette approche permet de diminuer et de prévenir la malnutrition.

À l'échelle locale et nationale, il est nécessaire que le Burkina Faso développe une politique de prévention, d'anticipation et de gestion des risques, qui prenne en compte une analyse de la situation alimentaire. Lors d'une catastrophe, les autorités doivent faire tout le nécessaire pour mettre en place une aide rapide et efficace. Un système rapide d'alerte nationale est indispensable. Oxfam encourage les organisations locales et les populations rurales à collecter ensemble les informations nécessaires et à se tenir prêtes en cas de catastrophe.

Enseignement pour tous

Au Burkina Faso, Oxfam s'engage aussi pour un meilleur accès à l'enseignement et aux formations professionnelles. Nous soutenons des organisations de la société civile dans leurs campagnes pour la défense de leurs intérêts afin que les autorités prennent conscience de l'urgence de la situation. Les autorités doivent mettre des moyens financiers suffisants à disposition des communautés locales et mettre fin à la privatisation de l'enseignement.

Les conditions de vie des jeunes et des femmes s'améliorent considérablement lorsque ceux-ci prennent conscience de leurs droits et parviennent à faire appliquer les principes légaux qui leur sont favorables. Un bon système d’enseignement est incontournable pour le respect des droits et l’amélioration du contrôle et de l’utilisation des moyens disponibles.

La crise alimentaire au Sahel

En 2012 la région du Sahel a été une fois de plus le théâtre d’une crise alimentaire de grande ampleur qui a touché plus de 18 millions de personnes, suite à la sécheresse, aux mauvaises récoltes et à la flambée des prix des denrées alimentaires. Grâce à une intervention précoce de nombreuses vies ont pu être épargnées et des familles ont pu éviter le pire en conservant leurs moyens de subsistance. Oxfam a joué un rôle important dans cette action, en fournissant une aide d’urgence à plus d’un million de personnes. 600.000 sympathisants du monde entier ont également tiré la sonnette d’alarme et forcé ainsi la communauté internationale à agir.

Mais en plus de répondre aux besoins les plus urgents, il faut également s’attaquer aux causes profondes de cette crise alimentaire. Même quand les récoltes sont bonnes, 230.000 enfants meurent des conséquences de la malnutrition chaque année dans la Sahel. Oxfam concentre son action sur le soutien aux petits paysans. Elle vient en aide aux familles les plus pauvres via des programmes de protection sociale qui leurs permettent d’augmenter leurs revenus et via des techniques de constitution de stocks alimentaires. Ce ne sont là que deux exemples des actions qui permettent d’améliorer la résilience des communautés, ce qui leur permettra de mieux faire face à des crises futures.

Les projets d'Oxfam au Burkina Faso reçoivent des financement de la Coopération Belge au développement, de la ville de Meise et de la Province du Brabant Flamand.

 

Dans ce pays Oxfam travaille sur ces thèmes avec ces partenaires :
Korotoumou Gariko

Si une vache au Burkina donne 3 litres de lait par jour et une vache européenne 10 fois plus, comment pouvons-nous être compétitifs sur le marché mondial?

Korotoumou Gariko, Mini-laiterie UMPL-B

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