Laos

Le Laos fait face à des défis immenses pour réduire la pauvreté et garantir un développement équitable pour ses quelques 6,2 millions d'habitants. La tâche est ardue : au Laos, 20 % du budget dépend de l'aide internationale. 70 % de la population travaille dans l’agriculture. Pourtant, le pays peut compter sur des ressources naturelles importantes : des minerais divers, des produits issus des forêts et de l'eau, concentré dans la zone du bassin du Mékong.

  • Madame Ho Channao est en train de cueillir du thé dans une plantation biologique à Paksong, au Laos. Elle vend sa récolte directement dans les usines de thé du partenaire d'Oxfam Lao Farmer Products, où les feuilles sont transformées en thé vert certifié équitable. Le thé vert est légèrement fermenté afin de ne garder que la meilleure partie des feuilles. Le thé est ensuite emballé manuellement, ce qui assure des emplois pour beaucoup. Le produit des ventes de thé permet de réaliser des projets sociaux, tels que la construction d'une école primaire.

    En lire plus sur
    Laos
    Alimentation
    ASDSP
  • Un tracteur appartenant à la multinationale Mitr Lao ramasse les cannes à sucre de paysans laotiens. En 2005, le géant du sucre a ouvert une usine dans le sud du Laos et proposé aux paysans locaux de cultiver le sucre. Mitr Lao s’engageait alors à acheter le produit de la récolte moyennant la mise à disposition de leur terre et de leur force de travail. On appelle cela “l’agriculture contractuelle”, une pratique qui frise le vol de terre. Au bout de quelques années, 9 paysans partenaires sur 10 et leur famille se retrouvent endettés jusqu’au cou. Le travail d’Oxfam et de son partenaire LFTU sur le terrain est double: les aider à s’organiser et renforcer leur position de négociation par rapport à l’entreprise.

    En lire plus sur
    Laos
    Accaparements de terres
    LFTU
  • La syndicaliste Chansada Phetsadaheung (droite) et le PDG de la Banque Lao-Viet viennent tout juste de ratifier une convention collective du travail. Au Laos, la protection des travailleurs fait encore souvent cruellement défaut. Oxfam et son partenaire local LFTU apportent leur soutien aux syndicats dans le but de faire avancer la situation. Á cet égard, une CCT constitue pour les ouvriers et les employés un tremplin crucial pour obtenir une amélioration de leur salaire et de leurs conditions de travail. Ceci explique le sourire affiché par Chansada: “Les travailleurs qui introduisent une plainte ne seront dorénavant plus seuls dans leur combat: en cas de problème, c’est en groupe que nous irons négocier avec la banque!”

    En lire plus sur
    Laos
    Citoyenneté active
    LFTU
  • 1,1 million d'hectares de terres ont été vendus ou loués au cours des 10 dernières années au Laos. Les terres disponibles pour l'agriculture diminuent rapidement.

  • 23 villages dans les régions de Hom et Kasi, au Laos, ont été mieux armés pour faire face aux séismes et aux inondations, avec l'aide d'Oxfam.

Le défi au Laos

La République démocratique populaire lao est restée relativement isolée économiquement entre 1975 – la fin du conflit qui a vu le Parti Communiste Lao prendre le pouvoir – et le début des années '90. À la fin de la Guerre froide, le Laos a abandonné l'économie collectiviste qui prévalait depuis 1975, pour évoluer vers une plus grande intégration au niveau régional et international. Cette évolution s'est concrétisée, entre autre, par l’adhésion du pays à l'ASEAN en 1997 et à l'OMC en 2012. Néanmoins, le développement du pays est encore fort inégal et il y a de grandes disparités entre les régions plus actives économiquement telles le bassin du Mékong et les zones plus montagneuses.

Libéralisation du commerce et effets néfastes

La voie économique choisie par le gouvernement actuel est celle de la libéralisation du commerce via l'ouverture aux investissements directs étrangers, la marchandisation des terres ou encore la promotion active des mécanismes de marché. Le pays espère également améliorer ses revenus via la disponibilité des ressources naturelles. En effet, il tente par ce biais d'attirer les investisseurs étrangers et nationaux et de favoriser les activités économiques destinées à l'exportation. Il soutient par exemple le développement de larges plantations de cultures d'exportation ou encore l'implantation d'une industrie manufacturière.

Le secteur minier s'est fortement développé ces dernières années. En 2011, il représentait à lui seul 80 % des investissements directs étrangers, 45 % des exportations et 10 % du revenu national. Ce développement s'accompagne d'effets néfastes comme des déplacements de populations, un changement dans l’accès aux ressources naturelles, des problèmes environnementaux et sociaux dans les zones de production, etc. En termes d'exploitation de ses ressources naturelles, le pays met également à profit l'immense capacité de production hydroélectrique en vue d’exporter de l’électricité à ses grands voisins dont la demande ne cesse de croître. L'exploitation, souvent illégale et peu durable des forêts suscite aussi des questions liées à l’environnement et à l’accès des communautés locales aux ressources nécessaires à leurs subsistance et développement.

Petits agriculteurs en difficultés

En ce qui concerne la production agricole, les investissements étrangers proviennent principalement des pays suivants : Chine, Vietnam, Thaïlande, Malaisie et Corée du Sud. Ce modèle de développement agricole, qui fait à nouveau la part belle aux cultures d'exportation, provoque d'importantes difficultés pour les petits agriculteurs et les communautés locales. Ils ne sont que peu ou pas impliqués dans la prise de décisions, éprouvent souvent les plus grandes difficultés à faire respecter leurs droits et perdent leur accès aux ressources naturelles. Ces difficultés sont une conséquence du manque de protection légale en matière de propriété foncière (méconnaissance des dispositions légales existantes, même dans le chef des gouvernements locaux) et de la possibilité de se faire entendre en justice. La connivence entre les élites nationales ou locales et les investisseurs étrangers est également à l'origine d'une série de problèmes comme l’accaparement de terres ou l’endettement des paysans qui signent des contrats sans en comprendre toutes les implications. À ces difficultés vient s'ajouter le fait que, même lorsqu’ils contrôlent la terre et l'eau, les petits agriculteurs manquent de connaissances commerciales et de relations, deux éléments essentiels pour pouvoir participer efficacement aux marchés locaux et ainsi obtenir des prix corrects pour leur production.

L'accès aux services sociaux de base constitue également un problème récurrent. Malgré une amélioration en matière d'enseignement primaire, les disparités entre les centres urbains et le monde rural sont encore très grandes. Des améliorations sont également visibles en matière d'accès aux soins de santé, mais la mortalité maternelle et infantile demeure très élevée. Améliorer l'accès à la santé reproductive est un des défis majeurs pour arriver à diminuer ces taux.

Parmi les autres problèmes auxquels le pays fait face, citons le grand nombre de bombes à fragmentation encore non explosées, mais aussi les catastrophes naturelles tels que le typhon Ketsana qui a frappé le pays en 2009, et qui gagnent en intensité et en fréquence ces dernières années. Faire face efficacement à cette évolution exigera une meilleure préparation aux catastrophes, mais aussi une plus grande capacité à répondre aux destructions qu'elles provoquent.

Que fait Oxfam au Laos ?

En matière de justice économique, Oxfam a pour objectif d'améliorer l'accès à la terre, aux forêts et à l’eau pour les communautés rurales, afin qu'elles puissent assurer leurs moyens de subsistance de façon durable. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire d'augmenter la portée de la voix des femmes et des hommes des communautés rurales dans les processus décisionnels relatifs à la gestion des ressources naturelles et à la sécurité alimentaire.

Créer un futur pour les petits paysans et les femmes

Les petits paysans laotiens jouent un rôle crucial pour l'alimentation de leurs familles mais aussi du pays tout entier, dans la protection de l'environnement et dans la préservation de la biodiversité. Pour valoriser leur rôle sociétal et assurer leur accès aux ressources essentielles, nous appuyons diverses initiatives en milieu rural, en partenariat avec le ministère de l'Agriculture, des instituts de recherche, d'éducation, des associations laotiennes et des groupements d'agriculteurs. En pratique, ces activités recouvrent, parmi bien d'autres, la sélection et le croisement de semences pour améliorer les rendements agricoles ou encore des actions de sensibilisation à la biodiversité.

Au Laos, un nombre important de femmes sont victimes de violences domestiques, conséquences de discriminations sociales, économiques et politiques. Afin d'aider à mettre fin à ces violences et d'appuyer l’émancipation de ces femmes, nous collaborons avec des organisations qui œuvrent pour que les femmes puissent travailler aux côtés des hommes à la réduction de la pauvreté et qu'elles puissent profiter des opportunités de développement. Une première étape importante sera l'ouverture du gouvernement à cette thématique, qu'il considère encore comme problématique à aborder.

Préparés face aux catastrophes

En collaboration avec l'Office national de Gestion des Catastrophes, nous formons les autorités locales et des volontaires issus des communautés locales afin qu'ils soient en mesure de faire face aux inondations, sécheresses et autres catastrophes lorsqu’elles surviennent. Nos projets incluent des formations sur les techniques adaptées comme la diversification agricole, la gestion de l'eau, etc. et la fourniture d'équipement vital dans les situations d'urgence comme des bateaux, des systèmes d'alerte précoce ou des kits de premiers soins. Concrètement, des comités sont constitués dans les villages, dont la tâche est d'élaborer des plans d'action pour pouvoir réagir rapidement en cas de catastrophe. Des nouvelles techniques sont également mises en œuvre qui permettent, par exemple, de conserver les semences plus efficacement et de protéger les systèmes d'irrigation contre les dommages éventuels. Ce programme humanitaire est financé par l'Union européenne.

Renforcer la voix des communautés

Un autre aspect de notre travail au Laos est l'amélioration de la capacité des Laotiens à faire entendre leur voix. De nombreuses organisations laotiennes sont récemment apparues pour renforcer la voix des communautés. Notre action consiste à renforcer les compétences et capacités de ces personnes et organisations passionnées qui contribuent à un développement plus équitable du pays. Nombre de ces organisations étant fort jeunes, elles doivent encore trouver leur place dans la société et le débat public et ont besoin d'appui en matière d'organisation, de gestion de programmes, etc. Un partenariat avec la Fédération des Syndicats laotiens par exemple permet de faire mieux entendre la voix des travailleurs et de susciter le débat par rapport à leurs conditions de travail.

Dans ce pays Oxfam travaille sur ces thèmes avec ces partenaires :

Nous faisons des formations et du contrôle de la qualité auprès des agriculteurs et nous nous assurons qu'ils reçoivent un prix équitable pour leurs produits.

Sisalio Svengsuksa, directeur du partenaire d’Oxfam Lao Farmer Products

En lire plus sur
ASDSP
Alimentation
Laos