Mali

La République africaine du Mali, au sud du Sahara, est l’un des pays les plus pauvres au monde. 9 millions de Maliens, soit 80 % de la population active, travaillent dans le secteur de l’agriculture. Cependant, la population vivant à la campagne est confrontée à une insécurité alimentaire permanente. Les importantes inégalités qui sévissent se manifestent entre autres dans l’accès aux soins de santé et à l’enseignement. Une grande partie du pays se situe dans la ceinture sahélienne. La rareté des pluies et les troubles politiques menacent régulièrement les moyens de subsistance et le développement du pays.

  • Mali Sexagon

    Le gouvernement malien met certaines parcelles de terre près du fleuve Niger à la disposition des agriculteurs. Ils paient chaque année une somme fixe par hectare qu’ils cultivent. « Si les récoltes sont décevantes ou sont détruites par la sécheresse, les petits agriculteurs ne peuvent plus payer leur contribution et ils risquent de perdre leurs terres», explique le syndicat d’agriculteurs SEXAGON. « Avec notre projet ‘Paysan & Investisseur’ soutenu par Oxfam, nous essayons d'empêcher cela. »

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    SEXAGON
  • Mali AOP

    Hamzata Ahmidi, 50 ans, est à la tête d'une famille de dix personnes. « Je travaille ma terre avec une houe parce que je n'ai pas de bœuf et aucune équipe. En 2012, je n’ai pu récolter que 200 kg de riz. C'était juste assez pour que ma famille se nourrisse pendant un mois. Le soutien d'Oxfam est donc très important pour nos petits agriculteurs. » Les familles touchées par la crise du printemps 2013 au Mali, ont reçu des colis avec du riz, des petits pois, de l'huile et du sel.

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  • Mali URCAK

    Des productrices se sont rassemblées pour obtenir l’accès à la terre et elles ont fait pression sur leur conjoint pour que leur association soit inclue au sein de l'Union des coopératives agricoles (URCAK). « À présent, il y a 16 groupes mixtes et 59 groupes de femmes. Une grande partie des moyens financiers provient des femmes. Nous avons donc plus de poids », explique une agricultrice satisfaite, membre d’URCAK. En collaboration avec Oxfam, l'Union appuie des projets pour le développement économique des femmes.

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  • Les professionnels de la santé bien formés sont rares au Mali: il n'y a qu'une seule sage-femme pour 24.000 habitants et 68% d’entre elles travaillent dans le district de Bamako.

  • L'enseignement primaire est une priorité: 70,7% des filles sont scolarisées pour 89,5% des garçons. Les filles décrochent souvent plus tôt.

Le défi au Mali

Avec près de 15 millions d’habitants, le Mali est confronté à de nombreux défis. La population vivant dans les campagnes est confrontée à une insécurité  alimentaire permanente. D’importantes inégalités se manifestent entre autres dans l’accès aux soins de santé et à l’enseignement. Le pays, qui se situe dans la ceinture sahélienne, souffre de périodes de sécheresse, de pénurie alimentaire et de conflits. De ce fait, son développement prend sérieusement du retard.

Vivre de l’agriculture

Actuellement la valeur ajoutée de l’agriculture familiale est limitée car les possibilités de transformation et de commercialisation des produits agricoles sont trop peu nombreuses. La population vulnérable des campagnes ne dispose pas des moyens financiers et techniques appropriés. Ce sont principalement les femmes qui ont le moins accès à la terre et aux moyens de production. Les ressources naturelles sont touchées également par les changements climatiques et par les méthodes d’exploitation qui ne sont pas écologiques. Or, les autorités préfèrent s’engager dans l’agriculture industrielle et les résultats rapides, au profit de sa propre souveraineté alimentaire.

Ainsi, les petits agriculteurs sont souvent chassés de leurs terres sans la moindre compensation, les autorités faisant trop facilement des concessions aux nombreux investisseurs étrangers, notamment dans le secteur des mines. Ils n’hésitent pas à leur vendre des centaines d’hectares de terres fertiles. Les petits agriculteurs ne peuvent plus produire et se retrouvent sans moyens de subsistance. Dans un même temps,  l’agriculture à grande échelle et des revenus qu’elle génère ne font pas l’objet de suffisamment de contrôles. 

Les autorités doivent s’atteler de toute urgence à une politique agricole plus durable. Nous remarquons progressivement un renversement de la situation. Ainsi les autorités ont développé un plan d’action pour assainir le budget public. Des subventions ont été accordées aux producteurs de riz et aux vendeurs dans certaines régions agricoles qui ont été irriguées et spécialement aménagées. Cependant la pauvreté et la sous-alimentation restent importantes. La production d’aliments de base comme le millet et le doura est négligée. Par ailleurs, dans les zones de diversification, les résultats restent très modestes car les autorités ne soutiennent pas véritablement cette production.

Vers plus de démocratie 

Afin de favoriser le processus démocratique, une politique de décentralisation a été lancée au début des années 2000 : suite à cela,  les communes sont responsables des services de base tels que l’eau, les soins de santé et l’enseignement. Mais elles restent mal équipées au niveau technique et financier. De plus il n’existe aucun mécanisme de contrôle et les autorités offrent trop peu de transparence. Il est donc essentiel que les communautés acquièrent davantage d’expertise et soient soutenues pour jouer un rôle dans le processus démocratique.

Sur le chemin de l’école

En 1999, le Mali a mis en place un programme d’éducation afin que chaque enfant bénéficie d’un bon enseignement de base et que la population malienne soit suffisamment éduquée d’ici 2015. S’il on constate des progrès aujourd’hui, il reste encore de nombreux problèmes à résoudre. Seulement 70,7 % des filles sont scolarisées contre 89,5 % de garçons. Et les filles décrochent plus vite, notamment en raison de mariages précoces. Les enseignants disponibles sont trop peu nombreux ou n’ont bénéficié que d’une formation très limitée. Le degré d’alphabétisation reste faible (29,6 % en moyenne). Seul le district de Bamako se distingue avec 68,9 %. Pour les femmes, ces chiffres sont encore plus bas. Les autorités doivent continuer à investir dans l’enseignement primaire pour tous, en accordant une attention particulière aux filles.

Changements climatiques et conflits

La région du Sahel, dont fait partie le Mali, est particulièrement vulnérable aux changements climatiques causent des périodes d’alternance entre sécheresse et inondations. Des crises alimentaires surviennent régulièrement suite à ces problèmes climatiques et/ou des catastrophes naturelles comme par exemple une invasion de sauterelles (principalement au nord du Sahel). De plus, il y a régulièrement des conflits entre les communautés à propos de l’accès à l’eau et aux terres et  les troubles politiques et les conflits au Mali et dans les pays voisins génèrent une insécurité importante (commerce d’armes, drogues, vol de véhicules, enlèvements et menace terroriste).

Que fait Oxfam au Mali?

Oxfam collabore avec les organisations locales afin de réduire la pauvreté et la vulnérabilité de la population malienne. Notre approche vise la promotion de l’agriculture et des moyens de subsistance durables ainsi qu’une bonne administration. Dans ce cadre, nous accordons aussi une attention particulière à la prévention, à la préparation et à la gestion des risques de catastrophes. Afin de faire évoluer les mécanismes institutionnels, nous encourageons le dialogue, les négociations et la collaboration entre la société civile, les autorités, le secteur privé et les organisations internationales.

Protéger une vie rurale durable

Oxfam soutient les organisations de bases de petits producteurs afin qu’ils puissent mieux gérer et mettre en œuvre leurs projets agricoles. Nous encourageons l’utilisation de méthodes durables et écologiques et nous aidons les agriculteurs à obtenir plus facilement les moyens financiers nécessaires. En outre, nous renforçons les organisations agricoles afin qu’elles puissent mieux défendre leurs droits. Grâce à des négociations concernant les accès aux marchés et en influençant les politiques menées au niveau local et national, elles peuvent rendre leurs moyens de subsistance plus durables et renforcer leur sécurité alimentaire.

Oxfam travaille également avec des organisations de femmes afin de créer une dynamique de changement dans les relations homme/femme. Il s’agit de renforcer les droits, le rôle et la position des femmes dans les communautés rurales. Grâce à l’amélioration des capacités techniques et organisationnelles des organisations de femmes, elles peuvent également influencer la politique économique et la politique agricole.

Une communauté forte pour une bonne administration

Grâce à la décentralisation, la gestion des services de base tels que l’eau, les soins de santé et l’enseignement a été confiée aux communautés. Oxfam soutient ces communautés par l’intermédiaire d’organisations de base telles que les associations de mères, les organes administratifs locaux, les représentants politiques, etc. Nous développons leurs connaissances techniques et organisationnelles et faisons en sorte qu’ils disposent des compétences nécessaires pour pouvoir assumer leurs responsabilités. Avec nos partenaires, nous encourageons la collaboration locale, de manière à ce que la population soit impliquée activement dans le processus de changement. 

En outre, nous poursuivons nos actions de plaidoyer, car les autorités doivent davantage investir dans des soins de santé, l’accès à l’eau et un enseignement de qualité. Cela implique aussi qu’elles fournissent les ressources nécessaires aux gestionnaires locaux. De la même manière, nous encourageons par exemple l’utilisation de technologies bon marché, comme des pompes à eau.

Aide d’urgence, action humanitaire et gestion des conflits 

La région du Sahel, dont fait partie le Mali, est particulièrement vulnérable face aux changements climatiques, aux catastrophes naturelles, aux crises alimentaires, aux conflits et aux agitations politiques. C’est pourquoi nous travaillons avec nos partenaires sur la prévention et la préparation, afin de limiter ces risques autant que possible. Lorsqu’une crise se prépare, nous essayons d’informer le plus rapidement possible toutes les personnes concernées et de les inciter à passer à l’action. Nous insistons aussi pour que les autorités prévoient un système d’alarme efficace. 

En cas de catastrophe, si les autorités et les autres parties concernées par une crise ne proposent pas de réponse adéquate, nous apportons alors directement de l’aide, en collaboration avec nos partenaires dans la mesure du possible. Si nécessaire, nous mobilisons la communauté internationale pour répondre à la crise de manière appropriée. Nous insistons sur le fait qu’il est nécessaire de développer des programmes sur le long terme pour aborder les problèmes structurels.

Les projets d'Oxfam au Mali reçoivent des financement de la Coopération Belge au développement, de la Province d'Anvers et la Province du Brabant Flamand.

Province du Brabant Flamand

 

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Dans ce pays Oxfam travaille sur ces thèmes avec ces partenaires :
Etienne Godts

64% de la population du Mali vit en dessous du seuil de pauvreté, ils vivent principalement en milieu rural et l'insécurité alimentaire est permanente.

Etienne Godts, Gestionnaire de programme d'Oxfam-Solidarité

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