Le défi au Mali

Avec près de 15 millions d’habitants, le Mali est confronté à de nombreux défis. La population vivant dans les campagnes est confrontée à une insécurité  alimentaire permanente. D’importantes inégalités se manifestent entre autres dans l’accès aux soins de santé et à l’enseignement. Le pays, qui se situe dans la ceinture sahélienne, souffre de périodes de sécheresse, de pénurie alimentaire et de conflits. De ce fait, son développement prend sérieusement du retard.

Vivre de l’agriculture

Actuellement la valeur ajoutée de l’agriculture familiale est limitée car les possibilités de transformation et de commercialisation des produits agricoles sont trop peu nombreuses. La population vulnérable des campagnes ne dispose pas des moyens financiers et techniques appropriés. Ce sont principalement les femmes qui ont le moins accès à la terre et aux moyens de production. Les ressources naturelles sont touchées également par les changements climatiques et par les méthodes d’exploitation qui ne sont pas écologiques. Or, les autorités préfèrent s’engager dans l’agriculture industrielle et les résultats rapides, au profit de sa propre souveraineté alimentaire.

Ainsi, les petits agriculteurs sont souvent chassés de leurs terres sans la moindre compensation, les autorités faisant trop facilement des concessions aux nombreux investisseurs étrangers, notamment dans le secteur des mines. Ils n’hésitent pas à leur vendre des centaines d’hectares de terres fertiles. Les petits agriculteurs ne peuvent plus produire et se retrouvent sans moyens de subsistance. Dans un même temps,  l’agriculture à grande échelle et des revenus qu’elle génère ne font pas l’objet de suffisamment de contrôles. 

Les autorités doivent s’atteler de toute urgence à une politique agricole plus durable. Nous remarquons progressivement un renversement de la situation. Ainsi les autorités ont développé un plan d’action pour assainir le budget public. Des subventions ont été accordées aux producteurs de riz et aux vendeurs dans certaines régions agricoles qui ont été irriguées et spécialement aménagées. Cependant la pauvreté et la sous-alimentation restent importantes. La production d’aliments de base comme le millet et le doura est négligée. Par ailleurs, dans les zones de diversification, les résultats restent très modestes car les autorités ne soutiennent pas véritablement cette production.

Vers plus de démocratie 

Afin de favoriser le processus démocratique, une politique de décentralisation a été lancée au début des années 2000 : suite à cela,  les communes sont responsables des services de base tels que l’eau, les soins de santé et l’enseignement. Mais elles restent mal équipées au niveau technique et financier. De plus il n’existe aucun mécanisme de contrôle et les autorités offrent trop peu de transparence. Il est donc essentiel que les communautés acquièrent davantage d’expertise et soient soutenues pour jouer un rôle dans le processus démocratique.

Sur le chemin de l’école

En 1999, le Mali a mis en place un programme d’éducation afin que chaque enfant bénéficie d’un bon enseignement de base et que la population malienne soit suffisamment éduquée d’ici 2015. S’il on constate des progrès aujourd’hui, il reste encore de nombreux problèmes à résoudre. Seulement 70,7 % des filles sont scolarisées contre 89,5 % de garçons. Et les filles décrochent plus vite, notamment en raison de mariages précoces. Les enseignants disponibles sont trop peu nombreux ou n’ont bénéficié que d’une formation très limitée. Le degré d’alphabétisation reste faible (29,6 % en moyenne). Seul le district de Bamako se distingue avec 68,9 %. Pour les femmes, ces chiffres sont encore plus bas. Les autorités doivent continuer à investir dans l’enseignement primaire pour tous, en accordant une attention particulière aux filles.

Changements climatiques et conflits

La région du Sahel, dont fait partie le Mali, est particulièrement vulnérable aux changements climatiques causent des périodes d’alternance entre sécheresse et inondations. Des crises alimentaires surviennent régulièrement suite à ces problèmes climatiques et/ou des catastrophes naturelles comme par exemple une invasion de sauterelles (principalement au nord du Sahel). De plus, il y a régulièrement des conflits entre les communautés à propos de l’accès à l’eau et aux terres et  les troubles politiques et les conflits au Mali et dans les pays voisins génèrent une insécurité importante (commerce d’armes, drogues, vol de véhicules, enlèvements et menace terroriste).