Le défi de la citoyenneté active

Aujourd’hui, un milliard d’hommes et de femmes, sur les sept milliards d’habitants de la planète, vivent dans une situation d’extrême pauvreté qui pourrait être évitée. 54% de la population vit dans des pays où leurs droits politiques et libertés civiques sont réprimées. Cependant, alors que l’espace pour la société civile diminue, les citoyens sont de plus en plus actifs. Afin de lutter pour le changement tous ensemble, il faut se battre pour que les populations puissent être entendues et aient les moyens de l’être, que l’égalité homme-femme soit respectée et que les discriminations envers les populations indigènes prennent fin. 

Demander des comptes aux responsables

Les gouvernements nationaux, les organisations internationales et les entreprises se dérobent de plus en plus à leurs responsabilités, cédant souvent à l’opportunisme politique et à des intérêts privés. L’évolution de la dynamique des pouvoirs dans le monde crée de nouvelles lignes de fracture entre les pays riches et les pays pauvres, liées aux échanges commerciaux et au changement climatique. Les gouvernements et les entreprises ont le pouvoir de renverser la situation, ils doivent être mis face à leurs responsabilités par les électeurs, les travailleurs et les consommateurs. 

Le renforcement des capacités permet de révéler la capacité des populations à porter le changement aux échelons local et mondial. Des citoyens actifs et organisés, unissant leurs efforts par-delà les continents, peuvent demander des comptes à l'état, aux entreprises et aux institutions. Pour permettre ce mouvement, il est essentiel que les organisations influentes, comme Oxfam, mettent tout en œuvre pour protéger l’«espace politique». Un espace qui comprend l'accès à l'information, à la justice, la liberté d'expression, le droit de s’organiser, de faire du plaidoyer et de protester.

Médias sociaux

Partout dans le monde, des citoyens adoptent rapidement les moyens de communication numériques et diffusent l’information en temps réel pour faire valoir leur droit de se faire entendre, dans le cadre de mouvements militants, souvent menés par des jeunes qui s’opposent à la tyrannie politique, à l’irresponsabilité des entreprises et au pillage des ressources de la planète.

Le désengagement et la méfiance envers la politique et les institutions traditionnelles est particulièrement forte chez les jeunes à travers le monde et ils n’hésitent pas à se faire entendre (printemps arabe, mouvement Occupy, Révolution verte…). La jeunesse est une force majeure pour le changement cependant son désengagement peut être l’expression d'un manque d'espoir, de perspective et d’une mobilité sociale au point mort. Avec l'explosion démographique de la jeunesse dans les pays du Sud et l’augmentation de l'urbanisation, ce mouvement est supposé s’intensifier. 

Les médias sociaux sont par ailleurs devenu un outil révolutionnaire pour la citoyenneté active. L’information y est bouleversée et ce sont des voies d'accès faciles qui boostent l'activisme des jeunes. Or cet accès libre à l’information est un réel pouvoir. Grâce aux médias sociaux et aux nouvelles technologies, le grand public a la capacité d’influencer l’agenda des politiciens.