Le trajet pas à pas d’une distribution de nourriture au Soudan du Sud

23/05/2017

Au Soudan du Sud, où sévit la famine, Oxfam apporte une aide humanitaire vitale. Suivez les actions de nos équipes, étape par étape, pour l’amener aux familles les plus vulnérables.

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Au Soudan du Sud, jeune Etat déchiré par un conflit qui dure depuis 3 ans déjà, 4,9 millions de personnes ont actuellement besoin d’aide humanitaire. En février l’Onu y déclarait l’état de famine. Oxfam y apporte de l’aide humanitaire à plus de 600.000 personnes particulièrement vulnérables.

Pour améliorer leur accès à la nourriture, Oxfam préfère organiser des distributions d’argent liquide pour leur permettre d’en acheter sur les marchés locaux, faisant ainsi également vivre les communautés d’accueil, souvent elles-mêmes guère mieux loties. Mais dans certains cas il n’y a pas d’autre solution que de distribuer directement de la nourriture, ce qu’Oxfam fait alors en coopération avec le Programme Alimentaire Mondiale (PAM).

Si faibles qu’ils ne tenaient plus debout

C’est ainsi qu’en mars dernier, une équipe d’Oxfam a appris qu’une vague de nouveaux arrivants venaient de se réfugier dans la ville de Nyal, dans un état d’épuisement et de malnutrition avancé. Ils avaient fui les combats, leurs réserves de nourritures avaient été détruites et leurs récoltes dévastées. Ils n’avaient pas mangé depuis plusieurs jours.

Beaucoup venaient de Mayendit à pied, et avaient marché plusieurs jours d’affilée, notamment à travers des marécages. De nombreuses personnes étaient si faibles qu’elles ne tenaient plus debout. Les distributions de nourriture du PAM n’étant prévues que dans quelques jours, les équipes d’Oxfam ont dû intervenir en toute urgence et ont pris la décision d’organiser une distribution de nourriture exceptionnelle.

Repérer la nourriture disponible

Avant d’organiser cette distribution, les équipes d’Oxfam se sont renseignées tout d’abord pour voir si il y avait de la nourriture disponible sur les marchés locaux de Nyal, qui pourrait être achetée et distribuée, faisant ainsi aussi marcher le commerce local. Ils n’y ont ainsi trouvé que du sel, qu’ils ont pu acheter localement et ajouter à la distribution, mais pas d’autre nourriture.

Un avion mobilisé en urgence

Les équipes d’Oxfam ont donc pris la décision exceptionnelle d’amener par avion des haricots et de l’huile qui étaient stockés dans un hangar d’Oxfam à Juba, la capitale. A l’atterrissage de l’avion, les équipes d’Oxfam déchargent ces sacs de vivres qui seront transportés en voiture vers les communautés, en quantité suffisante pour nourrir environ 1.800 personnes, essentiellement des femmes et des enfants.

Enregistrement et vérification

Les équipes d’Oxfam prennent les empreintes digitales des personnes qui vont recevoir de la nourriture. Ces empreintes tiennent lieu de signature et servent à vérifier que chaque personne reçoit bien sa part équitable de haricots, d’huile et de sel.

« Ce que nous avions n’existe plus »

Parmi les personnes faisant la file pour la distribution, Majok Noan Mayian était arrivé la veille après un voyage de deux jours dans les marécages, il venait de Mayendit. « Ce que nous avons laissé derrière nous, c’est l’horreur » raconte-t-il. « Ce que nous avions à Mayendit n’existe plus – nos maisons ont été brulées, notre bétail a été pris. On ne sait pas si on vivra pour voir le jour suivant. »

Préparation des portions

Les équipes d’Oxfam divisent la nourriture en portions à distribuer. De nombreuses personnes venant d’arriver à Nyal ont été accueillies dans les communautés locales qui ont partagé avec elles leur peu de ressources. Les familles déplacées présentes à cette distribution ont expliqué à Oxfam qu’ils partageraient en retour cette nourriture distribuée avec leurs familles d’accueil.

La distribution commence

Nyakong, 70 ans, reçoit sa portion de nourriture. Elle est arrivée ici il y a une semaine avec ses 4 petits-enfants et elle ne connaissait personne quand elle est arrivée. Ils ont été accueillis par une famille locale mais ils n’avaient que des pousses de nénufars à manger. Elle va maintenant partager cette nourriture distribuée avec sa famille d’accueil.

De la nourriture, enfin

Une fois la distribution terminée, les familles s’affairent pour cuisiner leur repas. Oxfam a enregistré ces familles nouvellement déplacées dans le système du PAM et ils bénéficieront donc à présent des prochaines distributions organisées par le PAM.

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