Les défis au Burkina Faso

A l’ouest de l'Afrique, ce pays entouré de terres compte plus de 14 millions d'habitants, dont plus de la moitié de jeunes. La pauvreté est la plus criante dans les campagnes, où vit environ 90 % de la population, et ce sont les femmes qui sont les plus touchées. Les politiques nationales et locales doivent rectifier le tir de toute urgence. Malgré les progrès de ces dernières années, le Burkina Faso est en 161e place sur 169 selon l'indice de développement humain. L'agriculture, dont dépend 86 % de la population, représente 40% du PIB.

Développement économique hésitant

Pour des raisons historiques et à cause d'une administration fragilisée par des choix politiques incohérents, le pays doit non seulement faire face à la corruption, mais aussi à un manque de moyens financiers et à une répartition inégale de ses richesses. En effet, les 10 % les plus riches de la population possèdent plus de la moitié des richesses nationales. Le Burkina Faso ne parvient pas non plus à assurer une sécurité alimentaire et un revenu décent à sa population active, qui est essentiellement composée de petits paysans.

L'économie burkinabè est très dépendante de l'agriculture. Cependant, le secteur est confronté à de nombreuses difficultés : non seulement les sécheresses et le changement climatique, mais aussi un manque d'expertise technique et d'équipements. Enfin, les paysans n'ont que peu ou pas d'influence sur la transformation et la commercialisation de leurs produits.

Le pays s'est récemment lancé dans l'exploitation de minerais de grande valeur tels que l'uranium, ce qui devrait contribuer au développement du pays. Cependant, une plus grande transparence et un contrôle accru des autorités concernant la corruption et la répartition des richesses doivent aussi être de rigueur.

Respect des droits des femmes

Au Burkina Faso, les femmes sont toujours en position d'infériorité. Les traditions et les coutumes s'avèrent peser plus lourd que la législation. Les voix des femmes ne sont pas entendues, même sur des sujets qui concernent leur propre vie. Elles ne disposent que de peu de moyens de production et n'en ont pas le contrôle.

Les jeunes sont également peu pris en compte. En effet, ils ne jouent aucun rôle dans les processus décisionnels et le développement économique. L'accès aux services de base tels que l'enseignement, l'eau potable, les soins de santé et les installations sanitaires n'est pas garanti pour tout le monde.

Groupes vulnérables

  • Les femmes : les femmes sont bien plus défavorisées que les hommes, à tous points de vue.
  • Les jeunes : les jeunes ne bénéficient pas des mêmes droits que les adultes et sont par conséquent très fragilisés.
  • Les ruraux : en banlieue et à la campagne, les gens n'ont qu'un accès limité aux soins de santé, à l'eau et à l'enseignement. Le revenu moyen y est plus bas et ils ont peu de ressources pour lancer une activité génératrice de revenu. Les conséquences du changement climatique se ressentent davantage à la campagne.
  • Les moins instruits : les personnes scolarisées ont plus de chances de trouver un emploi et défendent mieux leurs droits. Beaucoup d'habitants du Burkina Faso ne savent cependant ni lire ni écrire ; ce sont principalement les femmes et les filles qui accusent un retard en la matière.
  • Les chômeurs : plus les revenus d'une personne sont faibles, plus difficile sera l'accès aux soins de santé, à un enseignement de qualité, à l'eau potable et à l'électricité.
  • Les handicapés : les autorités ne prévoient pas assez d’installations adaptées pour les personnes souffrant d'un handicap. Elles trouvent difficilement un emploi parce qu'elles sont moins mobiles et que leurs capacités physiques sont limitées.

En route vers le changement

Les autorités du Burkina Faso se sont engagées à mener une nouvelle politique de développement. Elles veulent ainsi combattre la pauvreté d'une manière plus efficace. Après la crise alimentaire de 2007, l'agriculture et la sécurité alimentaire sont redevenues une priorité. Les subsides pour l'achat de semences et de moyens de production devaient ainsi stimuler la production agricole nationale. Et certains partenaires du développement tels que l'Agence des Nations unies pour l'Alimentation (FAO) et Oxfam ont facilité l'accès à des semences améliorées pour les petits paysans, ce qui a permis une augmentation de la production des cultures vivrières.

L'économie de plusieurs pays de la régions'améliorerait grâce à une plus grande collaboration prévoyant un marché commun régional et la libre circulation des personnes et des biens. En outre, le développement des communautés devrait être intégré à un plan d'action commun qui bénéficierait alors d'un soutien plus large, grâce à une collaboration active entre les différents acteurs incluant les responsables locaux. Ainsi la population pourrait mieux s’organiser et contrôler le travail des autorités.

La ratification d'une politique nationale sur le genre en 2009 et de son plan d'action reflète l'intention des autorités de prendre sérieusement en compte les besoins des femmes. Les droits des femmes sont désormais soutenus par les autorités dans un but de relations sociales égalitaires entre femmes et hommes.