Les demandeurs d’asile privés d’une procédure équitable en Grèce, selon un rapport d’Oxfam et du GCR

05/12/2019

Les personnes qui cherchent à obtenir une protection internationale en Grèce se voient régulièrement refuser l'accès à une procédure d'asile équitable et efficace, révèlent Oxfam et le Conseil Grec pour les Réfugiés (GCR) dans un rapport commun publié aujourd’hui.

Le nouveau rapport intitulé "Zone de non-droits" dénonce le manque flagrant d'informations sur la procédure d'asile et le nombre limité d'avocats opérant dans les hotspots surpeuplés en Grèce. Oxfam et le GCR notent par exemple qu'en 2018, sur les 15 355 recours contre les décisions d'asile négatives à travers le pays, seuls 21% des requérants déboutés ont pu bénéficier d'une aide juridique financée par l'état pour faire appel, une obligation pourtant dans les pays de l'UE. Dans les îles grecques, ce taux atteint péniblement 2%. Par conséquent, de nombreuses personnes sont bloquées dans des camps surpeuplés, prviées d'une procédure d'asile équitable et courent le risque d'être refoulées ou risquent de l'être alors qu'elles sont en danger dans leur pays.

Selon les ONG, le système d’asile grec doit être renforcé de toute urgence avec davantage de fonds pour engager des avocats, du personnel en charge du traitement des procédures d'asile et des interprètes. L’Union Européenne a la responsabilité de veiller à ce que tous ses États membres, y compris la Grèce, respectent les lois nationales, européennes et internationales relatives à la protection des droits humains des demandeurs d'asile.

La situation se dégrade pour les demandeurs d’asile

Renata Rendón, la cheffe de mission d’Oxfam en Grèce a déclaré : « Les personnes qui fuient la guerre, les conflits et la persécution doivent pouvoir reconstruire leur vie dans la sécurité et la dignité. De nombreux demandeurs d'asile ont vécu des traumatismes graves. Bien souvent, ils sont désemparés face à des procédures juridiques complexes et anxiogènes. Sans informations et soutien appropriés, le risque que des demandes d'asile légitimes soient rejetées et des personnes renvoyées dans un pays où elles sont exposées à des risques potentiellement mortels est élevé ».

Pour les demandeurs d’asile, il est presque impossible de comprendre les procédures complexes et en constante évolution en Grèce. En plus du manque d’avocats, les interprètes qualifiés sont peu nombreux, rendant la procédure encore plus compliquée.

La situation en Grèce risque de s'aggraver, selon les ONG. Le parlement grec a adopté une loi le 31 octobre dernier qui devrait entrer en vigueur en janvier 2020 prévoyant de prolonger la durée de détention d'un demandeur d'asile débouté de trois à dix-huit mois, soit la durée maximale autorisée par l'UE. La nouvelle loi entend ainsi accélérer les procédures d’asile et limiter les recours en appel. En pratique, cela rendra le droit de faire appel presque impossible, selon les ONG. De plus, la loi réduira les garanties existantes qui protègent les personnes les plus vulnérables. Par exemple, le trouble de stress post-traumatique ne sera plus considéré comme un critère de vulnérabilité.

Le gouvernement grec envisage parallèlement de remplacer les camps de réception sur les îles de la mer Egée par des centres fermés. Une mesure qui selon les ONG rendra encore plus difficile l'accès à l'assistance juridique aux demandeurs d'asile.

Maria Papamina, cheffe de l’unité juridique du GCR, a déclaré: « La détention généralisée et de longue durée est utilisée pour dissuader les personnes ayant besoin de protection d'atteindre l'Europe. Les enfants et les familles constituent le groupe le plus important dans les hotspots à l’heure actuelle, et la plupart d'entre eux viennent de pays en guerre. Ce sont eux que ces mesures affecteront le plus durement ».

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