Les dirigeants européens doivent arrêter de jouer au ping-pong avec la taxe sur les transactions financières

05/07/2017

Oxfam et 50 experts issus du monde de la finance appellent dans une lettre ouverte les chefs d’états des 10 pays européens engagés dans la taxe sur les transactions financière à implémenter cette taxe au plus vite. Si les négociations sont bien en cours, les dirigeants européens continuent à se renvoyer la balle et de chercher des excuses pour ne pas s’engager.

Ce lundi 10 juillet, les ministres des Finances de 10 pays européens – dont la Belgique -, se retrouvent autour de la table pour discuter de cette taxe. Des discussions qui trainent déjà depuis plusieurs années. C’est pourquoi 50 banquiers et experts de la finance ont co-signé une lettre ouverte (voir pièce jointe) dans laquelle ils exhortent les négociateurs à enfin trouver un accord.

Un match de ping-pong entre dirigeants

Plusieurs dirigeants soufflent le chaud et le froid autour de la taxe. Ainsi, notre Premier ministre Charles Michel s’est rapidement positionné en ardent défenseur de la taxe alors que la Belgique bloque les négociations depuis des mois.

De son côté, le nouveau Président français, Emmanuel Macron, tient également un double discours : en juin, il a réaffirmé être partisan de la taxe, qu’il voulait instaurer avant la fin de l’été. Mais récemment, lors d’un sommet européen, il a plutôt proposé d’attendre la fin des négociations sur le Brexit.

Johan Langerock, responsable du plaidoyer justice fiscale d’Oxfam :

« Il faut arrêter ce match de ping-pong entre les leaders européens. Les politiciens, dont Charles Michel et le ministre des Finances Jan Van Overtveldt, doivent prendre leurs responsabilités et arrêter de rejeter la faute sur les autres personnes autour de la table. Il n’y a pas de bonnes excuses pour reporter encore les négociations – c’est juste une question de volonté politique.”

Le Brexit ne peut pas servir d’excuse

Le Brexit est désormais devenu “la bonne excuse” derrière laquelle se cachent plusieurs dirigeants. Ceux-ci veulent attirer les entreprises que le Brexit ferait quitter la Royaume-Uni et craignent qu’une taxe sur les transactions financières les fasse fuir vers d’autres pays.

Mais dans leur lettre ouverte, les experts issus du secteur financier balayent cet argument :

« En tant que professionnel-le-s du secteur, nous pouvons vous assurer que ces sociétés baseront leur décision de déménager ou non sur toute une série de facteurs indépendants d’une petite taxe sur les transactions financières », peut-on lire dans la lettre.

Et les experts d’ajouter que la Royaume-Uni a lui-même instauré une taxe du même type appelée “Stamp Duty”, ce qui n’a pas empêché de nombreuses entreprises de s’y installer.

De son côté, Oxfam insiste également sur le fait que les entreprises ne devraient pas seulement payer cette taxe si elles ont un siège dans l’un des 10 pays européens impliqués mais aussi si elles effectuent des transactions financières avec d’autres entreprises qui sont, elles, basées dans ces 10 pays.

60 millions d’euros par jour

Johan Langerock : « Le message envoyé par ces 50 experts est clair : la taxe sur les transactions financières freinent la spéculation et est viable économiquement. De plus, cette taxe peut rapporter jusqu’à 60 millions d’euros par jour. De quoi investir dans les services sociaux et lutter contre la pauvreté et le changement climatique. »

Notes aux rédactions

- Retrouvez la lettre ouverte co-signée par 50 experts issus du secteur de la finance.
    * Six experts belges font partie des cosignataires : Marc Bellis (ancien CEO Corporate, Institutional and Public Banking, Fortis), Robert Thys (ancien Directeur des Affaires internationales, NYSE Euronext Paris), Luc Bomans (ancien CEO Euroclear Securities Clearing System) en Bernard Bayot (président NewB)
    * Parmi les experts internationaux :  Lord Adair Turner, Avinash Persaud, Sony Kapoor,…

- 11 pays s’étaient lancé dans les négociations autour de la taxe sur les transactions financières qui ont commencé en 2013. Si l’Estonie s’est retirée depuis lors, la Belgique, La France, l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Autriche, la Slovénie, la Slovaquie et la Grèce sont toujours engagés dans les négociations.

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