Les femmes en lutte contre la faim

16/11/2017

Malgré les discriminations dont elles sont souvent victimes, les femmes ont un rôle crucial dans la lutte contre la faim. Comme le montrent les histoires de Rama, de Mary, d'Ashwaq et de Nurlina.

Rama, apicultrice au Soudan du Sud

Avec l'aide Oxfam, Rama, apicultrice, est parvenue à fonder une association de femmes travaillant dans le secteur apicole. Ensemble, elles sont maintenant mieux préparées face aux conséquences du changement climatique. Ainsi l'année dernière, lorsqu'une sécheresse de longue durée a frappé leur région, elles sont parvenues à produire assez de miel pour s'en sortir.

Dans la région de Wulu, au Soudan du Sud, les femmes ont moins accès à l'éducation. Et donc aussi moins d'opportunités de jouer un rôle moteur au sein de leur communauté. C'est pourquoi Oxfam a lancé des projets de formation spécifique à destination des femmes du secteur agro-alimentaire au Soudan du Sud.

Mary, agricultrice au Ghana

Mary, de Goziir, au Ghana, travaille également dans le secteur agricole. Oxfam lui permet d'avoir accès à des micro-crédits (ainsi qu'à d'autres agricultrices de sa communauté), afin de leur permettre d'installer des fours de séchage. Des fours qui ont permis à Mary de doubler ses récoltes de maïs en un temps record.

Et maintenant, elle transmet à son tour ces connaissances aux autres femmes dans le cadre d'une école agricole. Cela leur permet d'être mieux préparées aux pénuries de nourritures récurrentes au Nord-Ghana.

« Les femmes de cette communauté s'aident les unes les autres. Nous comprenons qu'il est essentiel de s'entraider, » raconte Mary.

Ashwaq, docteure au Yemen

 

Ashwaq Muharram, docteure à l'hôpital d'Al-Hudaydah, s’est rendue compte que c’était les familles des régions éloignées qui étaient confrontées aux plus graves difficultés. Elle a donc décidé de créer un hôpital mobile : Ashwaq parcourt désormais le Yémen au volant de sa voiture. Elle distribue de la nourriture et des médicaments et dispense des examens médicaux aux familles les plus démunies.

Ashwaq élabore également des solutions à plus long terme. Elle a ainsi pu acheter des moutons pour une cinquantaine de familles, ce qui les rend ainsi moins dépendantes de l'aide d’urgence. Elle a aussi acheté des moteurs de voitures, afin qu'ils puissent se déplacer plus facilement pour trouver de la nourriture.

Le Yémen fait actuellement face à une grave crise alimentaire. Le pays est déchiré par une guerre qui semble sans issue, avec pour conséquence des millions de personnes souffrant de la faim. Et il est particulièrement difficile d’apporter de l’aide de manière efficace et à grande échelle dans de telles circonstances. Les autorités et les troupes armées entravent hélas souvent le travail d’Ashwaq et de son hôpital mobile. Le sexisme joue un rôle majeur à cet égard.

« Les gens essaient de m’empêcher de me rendre dans certaines régions, simplement parce que je suis une femme. Ils me disent que c’est trop dangereux pour moi et je dois alors trouver d'autres moyens pour y parvenir. Même si j’ai peur à chaque fois, je n’abandonnerai jamais. »

Nurlina, pêcheuse en Indonesie

En Indonésie, Nurlina est également confrontée à la discrimination envers les femmes. Elle travaille comme pêcheuse, dans un secteur encore souvent considéré comme masculin. Nurlina est souvent victime de remarques misogynes. Pendant quelque temps, elle a même cessée d’être reconnue officiellement comme pêcheuse.

Mais Nurlina n’a pas baissé les bras. Elle s’est battue pour ses droits et a remporté la bataille.

« Je suis capable de naviguer et de pêcher aussi bien que les hommes d’ici. Si vous ne me croyez pas, je vous invite à naviguer avec moi. »

Nurlina a obtenu les mêmes droits que ses collègues masculins, mais elle continue de se battre pour promouvoir l'égalité des droits des femmes et des hommes. Il y a toutefois du pain sur la planche car dans le monde, les femmes produisent encore 20 à 30% de nourriture en moins que les hommes.

Quels changements?

Un récent rapport d'Oxfam intitulé « Financing Women Farmers » montre que la faim dans le monde pourrait être réduite de 17% si les femmes disposaient des mêmes opportunités que les hommes dans le secteur agro-alimentaire. Oxfam plaide donc auprès des autorités pour qu’un accès égal aux terres, aux moyens financiers et à l'éducation soit garanti pour les hommes et les femmes. Ces dernières devraient également être impliquées davantage dans les décisions au niveau local et leurs petites entreprises devraient être mieux soutenues par les pouvoirs publics. Des centaines de millions de femmes comme Ashwaq et Nurlina ont le potentiel nécessaire pour faire avancer leurs communautés. Il est temps de leur en donner les moyens.

Lisez le rapport