Lutter contre le choléra au Yémen

27/07/2017

En guerre depuis mars 2015, le Yémen fait face à une grave crise alimentaire à laquelle s’ajoute une dramatique épidémie de choléra. Les équipes d'Oxfam sont sur place et y apportent une aide humanitaire vitale.

Un conflit dévastateur

La population yéménite est confrontée à l’une des plus graves crises humanitaires au monde, mais qui reste peu médiatisée. Plus de 50.000 personnes ont été tuées ou blessées dans le conflit qui oppose, depuis mars 2015, la coalition de pays du Golfe dirigée par l’Arabie saoudite et le gouvernement du Yémen au mouvement Ansar-Allah (les "Houthis"). Plus de 3 millions de personnes ont dû fuir leur maison face aux combats et aux bombardements. Près de 19 millions de personnes, soit 70% de la population, ont besoin d’une aide d’urgence.

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Le spectre de la famine

L’économie du pays est anéantie. D’innombrables habitations et une grande partie des infrastructures ont été détruites. Les services de base comme la santé ou l’approvisionnement en eau s’effondrent. Les prix des denrées alimentaires continuent d’augmenter, alors que nombre des personnes les plus pauvres ont perdu toute source de revenu.

Environ 17 millions de Yéménites, soit 60% de la population, souffrent d’insécurité alimentaire et de malnutrition, dont 7 millions sont désormais menacés de famine. Avant même le début du conflit, le Yémen importait 90% de sa nourriture. Mais l'approvisionnement en vivres a été fortement entravé par l'intensification des violences. En octobre 2016, le pays n'avait réussi à importer que 40% des denrées nécessaires.

La pire épidémie de choléra de l’histoire

A cela s’ajoute une épidémie de choléra. Depuis le début de l’épidémie, on suspecte que plus de 360.000 personnes auraient été atteintes du choléra en seulement trois mois. C’est d’ores et déjà le plus grand nombre de cas par an, dépassant le précédent record annuel de 340.311 cas enregistrés en Haïti en 2011. Et la saison des pluies au Yémen, de juillet à septembre, augmentera le risque de propagation de la maladie. Depuis la fin du mois d’avril, on estime que près de 2.000 personnes au Yémen seraient mortes des suites du choléra.

« Pour beaucoup de personnes, affaiblies par la guerre et la faim, le choléra est le coup fatal, » témoigne Nigel Timmins, directeur humanitaire d’Oxfam. Une maladie dont la propagation pourrait pourtant être stoppée par des mesures simples. « Fournir de l'eau propre et des sanitaires décents aux gens ainsi que des choses simples, comme le savon, pour les protéger contre les maladies. Les systèmes de santé, d'eau et d'assainissement ont été bombardés et sont au bord de l'effondrement, laissant plus de 15 millions de personnes sans accès adéquat à l'eau potable et à des sanitaires. ­­­»

L'action d'Oxfam

Depuis juillet 2015, Oxfam a porté assistance à plus d'un million de personnes de part et d’autre des lignes de front. Notre aide consiste notamment à distribuer de l’argent en liquide pour permettre aux familles vulnérables d’acheter de la nourriture, à apporter des soins au bétail des éleveurs et à lancer des programmes de travail rémunéré en espèces ("argent contre travail") pour soutenir les familles les plus vulnérables. Oxfam fournit également de l’eau potable et des sanitaires, y compris dans des zones difficiles d’accès, en acheminant l’eau par camion-citerne et en réparant les systèmes de distribution d’eau et les latrines.

Plus spécifiquement face l’épidémie de choléra, Oxfam a déjà soutenu plus de 472.000 personnes dans quatre provinces, en coordination avec d’autres ONG internationales. Nous leur fournissons de l'eau potable, des filtres et des bidons, construisons des latrines et menons des programmes de sensibilisation à l’hygiène.

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