Merci Stefaan, bienvenue Eva

17/04/2018

Aujourd’hui, le secrétaire général d’Oxfam-solidarité, Stefaan Declercq, part en pension. L’information était déjà connue depuis plusieurs mois. C’est Eva Smets qui lui succède à la tête de notre organisation et de ses bénévoles, supporters et collaborateurs enthousiastes. Ensemble, nous sommes prêts à poursuivre notre lutte contre la pauvreté et les injustices, partout à travers le monde.

Peu de personnes le savent, mais Stefaan Declercq, juste entré dans la vingtaine, a débuté sa carrière comme conducteur de camion à la Sabena. Ce n’est qu’ensuite que Oxfam deviendra l’engagement de sa vie. « C’est au sein d’Oxfam que j’ai passé la majeure partie de ma carrière. J’ai travaillé 15 ans à l’étranger (notamment au Nicaragua), pour Oxfam. Cétait intense ! Durant 7 ans, je n’ai même pas pris de vacances. La fusion entre passion et travail était totale. »

Stefaan est entré chez Oxfam il y a 38 ans, en tant que bénévole. De fil en aiguille, il est devenu secrétaire général et a tenu ce poste durant 22 ans. Autant dire qu’il a vécu de nombreux changements depuis 1996. « Oxfam-Solidarité, à l’époque, comptait une quarantaine d’employés. Désormais, nous sommes plus de 200 ! C’est une des plus grandes ONG belge. »

« On n’osait pas demander d’argent »

Stefaan Declercq a joué un rôle capital dans la mise en place de la récolte de fonds. « La mentalité de l’époque était que demander de l’argent, ça ne se fait pas. Heureusement ce temps-là est révolu. Les donations ne représentent pas seulement un soutien financier, mais aussi politique. Si quelqu’un n’est pas convaincu par Oxfam, il ne donnera pas d’argent. »

Collaborer en temps de guerre

Stefaan Declercq a pu observer la naissance d’une collaboration de plus en plus étroite entre les différentes Oxfam (dans plus de 20 pays). Une telle collaboration semble évidente à l’heure actuelle, mais c’était loin d’être le cas il y a quelques décennies.

« Quand je travaillais en Amérique centrale comme représentant des trois Oxfams belges (ndr : Oxfam-Solidarité, Oxfam-Magasins du monde et Oxfam-Wereldwinkels), nous étions au milieu d’une guerre. Par conséquent, le besoin de concertation étaient bien plus important qu’ailleurs. » (l’article se poursuit sous la photo)

« On se réunissait donc avec les autres Oxfams présentes sur place pour partager nos expériences. On discutait de notre impact, de nos programmes, de la gestion des risques, de ce qu’on pouvait apprendre les uns des autres... »

Du temps libre… pour être bénévole chez Oxfam ?

Maintenant qu’il passe la barre d’Oxfam à une nouvelle secrétaire générale, comment Stefaan compte-t-il occuper ses journées ? « les premiers mois, je veux surtout me reposer et dégager du temps pour ces choses que j’étais constamment frustré de ne pas avoir le temps de faire. Je vais enfin avoir le temps de lire des livres, voir de bons films et faire plus de sport, même si je nage toutes les semaines depuis mes seize ans. »

« j’aimerais aussi voyager plus. Avec Oxfam je me suis fait beaucoup d’amis dans le monde entier. Ils m’ont souvent invité et je n’avais jamais le temps d’y aller. Maintenant je vais enfin pouvoir leur rendre visite ! Espérons que j’aurai du temps pour cela. »

Quand on lui demande s’il envisage de reprendre du service en tant que bénévole au sein d’Oxfam, comme au début de sa carrière, Stefaan Declercq ne dit pas forcément non. « On me reverra sans aucun doute. Au fil des années, j’ai énormément appris au contact de toutes les personnes que j’ai croisées. Des personnes qui font preuve d’un engagement incroyable quand il s’agit de changer et d’améliorer le monde. »

Bienvenue Eva Smets !

Le nouveau visage à la tête d’Oxfam-Solidarité est celui d’Eva Smets (39). Elle n’est pas totalement étrangère à l’organisation. Adolescente, elle donnait un coup de main dans un magasin du monde Oxfam et elle a commencé sa carrière auprès d’Oxfam Grande-Bretagne. Elle y occupait le poste de conseillère pour la politique et le plaidoyer en République Démocratique du Congo. Au total, Eva a travaillé 7 ans pour diverses ONG en Afrique. « Je n’en ai gardé que des bons souvenirs. C’était une expérience impressionnante et, pour moi, très formative. Oxfam a été ma porte d’entrée dans le monde des ONG. »

ar la suite, Eva a continué à travailler dans le domaine du plaidoyer (humanitaire) en Ouganda, au Kenya, à Bruxelles, Londres et Washington. Ces 8 dernières années, elle était directrice de Watchlist on Children and Armed Conflict, une ONG basée à New York. C’est finalement Oxfam-Solidarité qui lui fait à nouveau poser ses valises en Belgique.

Pourquoi Oxfam ?

« J’adhère totalement à la vision d’Oxfam. Je me suis toujours beaucoup engagée dans la société. Jusqu’ici c’était toujours à l’étranger, mais il se passe aussi pas mal de choses en Belgique. Je veux apporter ma contribution. »

Un tel profil semble être parfait pour travailler dans la politique, mais Eva a fait son choix:  « Travailler au sein d’Oxfam me semble bien plus intéressant. Notre organisation dispose d’un écho sociétal très important et peut apporter sa contribution de manière plus neutre, et donc par conséquent être plus inclusive. À cet égard, je trouve important qu’Oxfam-Solidarité soit une ONG belge, qui communique dans toutes les langues et dans toutes les régions du pays. »

« Le monde change, changeons aussi »

La nouvelle secrétaire générale a-t-elle des plans révolutionnaires pour Oxfam-Solidarité ? « Je pense qu’il est d’abord important d’écouter. Oxfam-Solidarité est une grosse organisation qui fonctionne bien, et elle est en perpétuel mouvement, indépendamment d’un nouveau directeur. Le monde change, nous devons nous adapter. Nous devons avoir une longueur d’avance si nous voulons rester une organisation progressiste. » (l’article se poursuit sous la photo)

Un contribution sportive pour Oxfam

La nouvelle directrice d’Oxfam-Solidarité n’a pas attendu longtemps avant de s’impliquer dans les activités de l’organisation. Le 19 mai, elle enfilera ses chaussures de marche pour participer à l’Oxfam Peacewalker. Accompagnée du directeur exécutif d’Oxfam Allemagne et de la directrice sortante d’Oxfam France, elle va parcourir les 42 km de cette marche solidaire.

« J’ai deux jeunes fils qui ne tiennent pas en place. Dès lors, je n’y arrive pas non plus. Je cours ; je projette de participer aux 20 km de Bruxelles. »
 
Eva, nous te souhaitons beaucoup de succès !