Migrations : le défi

En 2015, face au nombre croissant de personnes tentant de rejoindre ses frontières en quête de sécurité et d'une vie meilleure, l’UE a décidé de renforcer les contrôles à tout prix, dans le but « d’arrêter » les migrations. Une politique qui pousse simplement les migrants à entreprendre leur voyage dans des conditions toujours plus dangereuses.

Accords migratoires et droits humains

Pour « stopper » les mouvements migratoires avant qu’ils n’atteignent son territoire, l’UE met tout d’abord en place des accords avec d’autres pays à ses frontières. En mars 2016, les dirigeants européens concluaient ainsi un « accord » avec la Turquie permettant aux autorités grecques de renvoyer vers la Turquie tous les migrants illégaux arrivant de Turquie vers la Grèce. Or en Turquie, il est question d’exploitation et de travail d’enfants  et il n’y a aucune garantie des conditions de vie des migrants. De plus, la sécurité n’est pas assurée pour ceux qui veulent introduire leur demande d’asile.

En avril 2017, l’Italie mettait en place un accord avec la Lybie pour empêcher les migrants de traverser la Méditerranée. En Lybie, on fait état de milliers de cas de torture, de viols et de traite des êtres humains parmi les migrants qui y sont bloqués. Entraver leur passage en Italie, c’est prolonger le cauchemar qu’ils sont en train de vivre.

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Conditions indignes

Par ailleurs, l’UE utilise des « hotspots » en Grèce et en Italie (Lampedusa, Lesbos..), ce qui va souvent à l’encontre des droits et de la dignité des migrants. Ces « hotspots » sont censés être des lieux d’identification et d’enregistrement rapides des nouveaux arrivants mais les migrants y sont en pratique détenus pendant de longues durées et dans des conditions indignes : camps surpeuplés, conditions sanitaires insuffisantes, parfois dans de simples tentes en hiver...

Une fois les frontières symboliques de la Grèce et de l’Italie franchies, la « route des Balkans », officiellement fermée depuis mars 2016 réserve un traitement des plus inhumains à ceux qui s’y risquent. Les témoignages de maltraitance, de vol et à de traitements inhumains de la part de la police et d’autres fonctionnaires font légion. Des traitements généralement liés au phénomène de ‘Pushbacks, c’est-à-dire les tentatives illégales des autorités de renvoyer les migrants hors du pays, sans leur donner la possibilité de demander l’asile, ce qui constitue une violation grave du droit international et du droit européen.

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Migration et développement

Et l’UE conclut aussi des accords avec les pays d’origine de ces migrants pour qu’ils les bloquent avant leur départ : Mali, Sénégal, Ethiopie, Afghanistan… Elle crée des « partenariats sur-mesure » avec chacun de ces pays pour les inciter à collaborer avec l’UE dans la « gestion des flux migratoires », notamment en renforçant de leurs frontières.

Parmi ces incitants : l’aide au développement, qui devient un instrument de marchandage. Les pays qui collaborent avec l’UE verront une augmentation de l’aide au développement qui leur est allouée, et les pays réfractaire une diminution de celle-ci. L'aide au développement, dont la vocation première est la lutte contre la pauvreté, se retrouve ainsi instrumentalisée. Elle est censée être apportée en fonction des besoins les plus criants.

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