Moins de 3% de 5 millions de réfugiés syriens sont réinstallés dans les pays riches

16/12/2016

Les réfugiés syriens paient le prix d’un manque de volonté politique dans de nombreux pays, dont la Belgique, où le gouvernement estime faire assez dans l’accueil des réfugiés. Dans son nouveau rapport, Oxfam constate que les pays riches ont la capacité d’accueillir beaucoup plus de réfugiés qu’ils ne le font aujourd’hui.

Cinq millions de réfugiés syriens vivent actuellement dans les pays voisins de la Syrie. Malgré la générosité de ces pays d’accueil, cette arrivée massive a un impact considérable sur les services publics de ces pays, certains faisant déjà face à des taux de chômage et de pauvreté élevés avant cette crise. Ces pays, saturés, mettent en place des mesures de plus en plus restrictives ayant un impact direct sur les réfugiés les plus vulnérables. Les pays riches doivent partager cette responsabilité.

Seulement 644 réfugiés syriens réinstallés en Belgique

Oxfam a calculé ce que pourrait être la contribution équitable de chaque pays en fonction de son économie. Pour la Belgique, cela représente 4.771 réfugiés syriens.

Or depuis 2013, seulement 644 Syriens ont été réinstallés en Belgique, soit 13% de ceux qu’elle devrait accueillir pour apporter sa contribution de manière équitable. La Belgique est loin derrière le Canada, qui a contribué à hauteur de 248% avec 39.532 Syriens réinstallés.

Oxfam estime qu’au moins 10% du nombre total de réfugiés recensés comme particulièrement vulnérables selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) peuvent et doivent être réinstallés dans les pays riches.

Le Canada, la Norvège et l’Allemagne en tête

Oxfam a passé en revue les politiques de réinstallation de 8 pays – Allemagne, Australie, Canada, Espagne, Etats-Unis, Pays-Bas, Royaume-Uni et Russie. Oxfam a conclu que dans certains pays la réinstallation de réfugiés est retardée par un lourd processus, des contrôles de sécurité trop stricts et un climat politique de plus en plus hostile. A contrario, dans d’autres pays, une augmentation des ressources humaines et financières ainsi qu’une volonté politique plus forte favorisent la réinstallation de réfugiés.

Morgane Thonnart, responsable d’Oxfam-Solidarité pour le conflit syrien : « Le fait que des enfants syriens noyés aient fait la une des médias a provoqué un élan de soutien dans plusieurs pays. Certains gouvernements de pays riches ont entendu les appels de leurs citoyens et se sont engagés à réinstaller des réfugiés vulnérables. Mais trop souvent cette année, nous avons vu des leaders politiques tenir des discours de plus en plus xénophobes. Ce sont les réfugiés syriens qui en paient le prix. »

« Environ 130.000 Syriens ont été réinstallés dans les pays riches. Ce nombre est insignifiant, surtout lorsqu’on le compare avec le Liban où un habitant sur cinq est un réfugié. Bien que la réinstallation ne résoudra pas la crise, c’est déjà un moyen d’apporter de l’espoir et de poser un geste concret de solidarité envers les pays voisins de la Syrie qui accueillent la plupart des hommes, femmes et enfants ayant fui la guerre. »

Des moyens peuvent être mis en place

Pour réinstaller plus de réfugiés, certains pays riches doivent améliorer leurs procédures et tirer les enseignements de ceux qui ont joué un rôle moteur jusqu’à présent.

Par exemple, le Canada a déployé quelque 500 employés supplémentaires dans les ambassades des pays voisins de la Syrie pour accélérer le processus de réinstallation.

Dans le rapport, Oxfam appelle les pays riches, signataires de la Convention des Nations Unies relative aux Réfugiés, à partager la responsabilité des réfugiés de manière plus équitable, et d’accroître leurs engagements pris en matière de réinstallation.

A cette fin, Oxfam estime nécessaire que :

- Les pays riches offrent des possibilités de réinstallation ou autres admissions humanitaires aux 10% des réfugiés syriens les plus vulnérables d’ici à la fin 2017, tout en préservant d’autres instruments tels le regroupement familial et les visas étudiants ;

- Les pays accélèrent les procédures de réinstallation pour les réfugiés exposés à des menaces imminentes ;

- Les gouvernements envisagent d’introduire des modèles de parrainage privé afin de compléter les programmes de réinstallation pris en charge par le gouvernement

Contact presse : Olivia Fleuvy – ofl@oxfamsol.be - +32478467533

Notes aux rédactions :

 

  • La réinstallation est une option selon laquelle un pays tiers (i.e. pas celui dont le réfugié a fui, ni le pays de premier asile/résidence) attribue le statut de réfugié à un individu.

 

  • Les programmes d’admission humanitaire ressemblent fortement à la réinstallation, mais comprennent normalement un traitement accéléré, souvent sans la participation du HCR, et peuvent accorder un séjour soit permanent soit temporaire selon la législation ou la politique de l’Etat proposant cette option.

 

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