Mozambique : 23 centimètres de progrès

Vrouwen in Mozambique werken op hun veldje, met een korte schoffel, waardoor ze gebukt staan.
21/09/2015

Toute personne qui a un jardin le sait: ce sont les bons outils qui font la différence entre un dur labeur et un travail agréable. Et c’est la même chose au Mozambique.

14 agricultrices issues de 4 villages du district de Chiure, Mozambique, ont participé à un projet lancé par Oxfam en collaboration avec deux organisations paysannes locale. Le résultat escompté? Augmenter leur productivité et mettre plus de nourriture sur la table.

Saminha Jahali a 57 ans, elle vit dans le village de Katapua, à Chiure, au Mozambique. Quand vous vivez et grandissez dans ce village, vous utilisez les éléments disponibles dans votre environnement. Vos maigres revenus sont issus de l’agriculture ou du brassage d’une bière à base de farine de maïs et de sucre. Quant à votre nourriture, elle vient principalement de votre machamba, votre petit champ de fruits et légumes.

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De meilleurs outils = une meilleure nourriture

Les femmes de Chiure travaillent sur ce machamba à l’aide d’une houe. Petit cours de jardinage pour les nuls : une houe est un outil constitué d’un manche en bois et d’une lame tranchante. Avec une houe, on peut retourner la terre, ôter les mauvaises herbes à la racine et faire des sillons dans le sol pour y semer des graines.

Avec de meilleurs outils ces femmes pourraient augmenter leur productivité et mettre plus de nourriture sur la table. C’est pourquoi 14 agricultrices issues de 4 villages du district de Chiure ont participé au projet lancé par Oxfam en collaboration avec deux organisations paysannes locales : UPC-CD en UDACC (en 2013 et 2014). Et les agricultrices ont décidé elles-mêmes si elles avaient envie de changement et de quelle manière elles souhaitaient le mettre en place.

Hommes vs Femmes

Saminha Jahali raconte : « Le manche de ma houe est court et courbé, tandis que celui de la houe de mon mari et de mon fils est droit. Les hommes doivent beaucoup moins se pencher que les femmes, ils ont plus de force. On voit que les femmes vieillissent plus vite. »

Mais où est la logique ? La petite longueur du manche de la houe des femmes est déterminée par la tradition. Elle est même considérée comme un signe de respect envers son mari.

Maux de dos et fatigue

Ces différences sont clairement visibles lorsqu’agriculteurs et agricultrices travaillent ensemble au champ. Les femmes sont sans cesse courbées car leur houe a un manche plus court, tandis que les hommes se tiennent debout.

Certaines sortes de houes sont trop lourdes, d’autres sont trop petites, et la lame de la houe est souvent usée. Essayez donc de travailler la terre pendant une journée entière avec des outils trop petits, pas assez aiguisés et trop lourds. Jour après jour, année après année. Le plus grand risque est - bien sûr - l’usure physique : maux de dos, douleurs dans les bras, fatigue.

« Nous voulons des houes plus longues »

« Je n’ai jamais pensé à utiliser une autre sorte de houe que la mienne », raconte Saminha. « Parce que je n’en ai jamais vue d’autre. Vous ne pouvez pas songer à quelque chose que vous ne connaissez pas. »

Le projet d’Oxfam a aidé les femmes à concevoir elles-mêmes leur houe idéale. Elles ont déterminé la longueur du manche et ont choisi le type de bois avec lequel elles préféraient travailler. Des entretiens ont également été menés avec les hommes afin qu’ils prennent conscience des difficultés qu’elles rencontraient.

Le plus grand changement que voulaient les femmes concernait le manche. « Les nouvelles houes ont un long manche : ça réduit la douleur », explique une participante.

Les changements que les femmes ont apportés :

  • Avant le projet, le manche mesurait environ 57 cm. Les femmes ont demandé de l'allonger de 23 cm, passant à 80 cm.
  • Les femmes ont également voulu modifier la longueur de la lame, passant de 15 à 20 cm, pour pouvoir travailler un plus grand lopin de terre à temps égal, et donc de produire plus.

Résultat : moins de douleurs, plus de nourriture

Les 14 femmes participantes ont confirmé à l’unanimité que leurs douleurs pendant le travail avaient fortement diminué. La nouvelle houe leur permet aussi de travailler plus vite et donc de produire plus de nourriture.
 

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