Nourrir sa famille quand on vit en état de siège

13/07/2016

Gaza entre dans sa 10ème année de blocus israélien. Une situation qui a détruit son économie et  pris en otage la liberté de mouvement des près de 1.8 millions de Palestiniens vivant dans la Bande de Gaza. Le blocus empêche aussi la reconstruction de Gaza après la guerre d’il y a deux ans.   

Réfugiés dans une école

Mnwar (photo ci-dessus), mère de six enfants, se souvient de la terreur qu’a vécue sa famille pendant la guerre de 2014. « C’était une vraie tragédie. Nous nous étions réfugiés dans une école, nous avions dû fuir notre maison. Beaucoup de gens du voisinage ont perdu la vie durant cette période. »

Encore aujourd’hui, 75.000 personnes sont toujours déplacées dans la bande de Gaza, seulement 8,5% des maisons détruites ont été reconstruites et 80% de la population dépend de l’aide humanitaire pour survivre.

Vouchers alimentaires

Deux ans après, Mnwar compte sur le « Sahtein » pour nourrir sa famille, un voucher électronique pour de la nourriture, instauré par Oxfam et le PAM (programme alimentaire mondial de l’Onu). « Mes enfants souffraient d’anémie, mais maintenant leur santé va beaucoup mieux parce qu’ils mangent mieux, » raconte Mnwar.

Eid, le mari de Mnawar, travaillait en Israël dans un magasin de nettoyage à sec où il recevait un salaire décent. Mais ça, c’était avant que le blocus ne l’empêche de quitter Gaza. Aujourd’hui, il a un travail à temps partiel comme éboueur. Il n’arrive plus subvenir aux besoins de sa famille nombreuse, qui se retrouve dans une situation précaire, comme 12.500 autres familles gazaouies

Production locale

Le programme de vouchers d’Oxfam et du PAM permet à plus de 71.000 personnes de pouvoir acheter des produits alimentaires de base.

Oxfam soutient aussi les paysans et les entreprises du secteur alimentaire gazaouis, et travaille à augmenter la proportion de produits locaux disponibles dans la bande de Gaza. Grâce au programme d’Oxfam, 80% des produits alimentaires disponibles via le programme de vouchers sont ainsi fabriqués à l’intérieur de la bande de Gaza, contre à peine 20% au moment du lancement du projet.

Faire face au blocus

Grace à ces programme, des familles parmi les plus pauvres de Gaza peuvent mettre suffisamment de nourriture sur la table, et dans le même temps des paysans et entrepreneurs locaux ont la possibilité d’améliorer leur chiffre d’affaire malgré les défis auxquels doit faire face leur commerce à cause du blocus.

« Je dépends de ces vouchers électroniques tout au long de l’année. Ça me permet d’acheter des produits laitiers, de l’huiles, des légumineux et tout un tas d’autres produits essentiels » confie Mnwar. « Ce voucher apporte de la vie à ma famille. »

Urgence: