Où va vraiment l’argent de la Banque mondiale ?

02/04/2015

Au niveau des pays en développement, les investissements de la Banque Mondiale sont la cause d’accaparements de terre, des violences et de conflits. Une situation due au peu de contrôle qu’a la Banque Mondiale sur la manière dont son argent est investi.

Apporter un soutien technique et financier aux pays en développement : tel est l'objectif principal de la Banque mondiale, une agence spécialisée de l'Organisation des Nations Unies. Mais un nouveau rapport d'Oxfam montre que les investissements de la Banque mondiale ne profitent pas toujours à la population locale.

Lutter contre la pauvreté?

36 milliards de dollars d'investissements de la Société financière internationale (SFI, filiale de la Banque mondiale) ont conduit entre 2009 et 2013 à des accaparements de terres, des violences, des violations des droits de l'homme et des meurtres à travers l'Afrique, l'Asie et l'Amérique latine. Loin de l’objectif initial de réduction de la pauvreté.

Constructions complexes

Mais comment est-ce possible? La SFI n’a quasiment aucun contrôle sur où et comment son argent est investi, car elle dépense cet argent via des intermédiaires financiers (par exemple des fonds d’investissements et des banques) et des structures complexes. Qui à leur tour investissent dans des projets d'infrastructure: un barrage au Guatemala, une centrale électrique en Inde, des plantations de caoutchouc, de canne à sucre et d'huile de palme au Cambodge, au Laos et au Honduras ...

Partie émergée de l'iceberg

Les investissements de la SFI ont abouti à des projets qui ont causé des conflits et des souffrances pour la population locale. « La triste vérité, c’est que la SFI ne sait pas si ses investissements aident les gens ou leur font du tort », explique Hobbs d'Oxfam International. « Et nous craignons que ce ne soit que la partie émergée de l'iceberg, car la SFI ne rend que peu d'informations accessibles au public. »

Accaparements de terres

« Nous voulons que la Banque mondiale sache que son argent a été utilisé pour détruire notre mode de vie », raconte un représentant d'une communauté locale dans le rapport d'Oxfam. « De grandes entreprises ont accaparé les terres et les forêts de notre communauté. Est-ce que la Banque mondiale trouve que c’est du développement durable, ça ? »

Oxfam demande des justifications

Oxfam réclame que la SFI réforme son programme d'investissements. La SFI devraient se limiter à de petits projets durables et solidaires, dont les populations bénéficient réellement. La SFI doit pouvoir se justifier des investissements qu’elle fait faire par des intermédiaires.