Oxfam habille aussi le Sénégal

06/09/2017
Depuis cet été, les vêtements de seconde main d’Oxfam-Solidarité ne sont plus seulement vendus dans ses boutiques belges, mais aussi au Sénégal. Cette action est menée par Oxfam-Solidarité en partenariat avec Oxfam Grande-Bretagne. Les deux pays font don de leurs vêtements de seconde main à Frip Ethique, une entreprise qui contribue à la stratégie d’économie sociale d’Oxfam au Sénégal. Ainsi, les invendus des boutiques de vêtements européennes se voient offrir une deuxième vie. 
 
« Dix pour cent des vêtements que nous recevons sont vendus dans nos boutiques », explique Franck Kerckhof, directeur-adjoint du département seconde main d’Oxfam-Solidarité. « 50 % de ces vêtements finissent à la poubelle ou sont recyclés. Les 40 % restants sont des vêtements passés de mode chez nous, mais toujours en bon état. Nous avons donc voulu les réutiliser, et nous collaborons avec Frip Ethique pour nous assurer qu’ils soient employés à bon escient. » L’idée est de profiter des « fripes » pour contribuer au commerce équitable.
 
Chaque mois, dix containers sont expédiés de Grande-Bretagne en direction du Sénégal. La Belgique a envoyé son premier container en juin dernier et devrait atteindre un rythme de deux par mois, ce qui équivaut à 500 tonnes de vêtements expédiés chaque année vers le Sénégal. Loin de faire concurrence aux producteurs locaux, la vente de vêtements de seconde main en provenance d’Europe vient précisément renforcer l’offre existante.

Des soutiens-gorge pour toutes

Les soutiens-gorge sont particulièrement demandés. Difficiles à fabriquer, ils sont rarement produits dans les pays d’Afrique. Il est possible d’acheter des soutiens-gorge neufs au Sénégal, mais ils sont souvent de piètre qualité. Les clients de Frip Ethique préfèrent dès lors profiter des pièces de seconde main qui leur arrivent d’Europe, plus résistantes et plus élégantes. Elles recherchent non seulement le chic et le confort, mais aussi un bon maintien. Il n’est donc pas étonnant que les revenus de Frip Ethique proviennent en majeure partie de la vente de soutiens-gorge.
 
Frip Ethique emploie quarante personnes, principalement des femmes. Elles trient et vendent les vêtements reçus à plus de 500 petits commerçants. En échange, les employées reçoivent un salaire décent, un emploi stable, des soins de santé et une épargne pension. Les recettes sont réinvesties dans des campagnes de lutte contre la pauvreté dans le pays. « Mes enfants fréquentent tous de bonnes écoles désormais. J’ai déjà travaillé à plusieurs endroits, mais c’est celui-ci que je préfère », affirme Amy Collet Gueye, responsable de la gestion des stocks.
 
À court terme, Oxfam-Solidarité souhaite développer davantage encore ses activités à l’étranger. « Nous recherchons actuellement des clients potentiels au Burkina Faso et au Ghana, mais aussi en Amérique du Sud, plus précisément en Uruguay et au Chili », ajoute Franck. En effet, Oxfam-Solidarité a de quoi satisfaire la demande. « Chaque année, sur les 4.500 tonnes que nous recevons, il nous reste environ 1 800 tonnes de vêtements en trop bon état pour être jetés, une quantité suffisante pour en faire profiter d’autres pays. »