Oxfam intensifie la lutte contre les inégalités, avec le soutien de Joseph Stiglitz et Kofi Annan

30/10/2014

La montée des inégalités pourrait faire reculer la lutte contre la pauvreté de plusieurs dizaines d’années. C’est ce qui ressort clairement du nouveau rapport d’Oxfam « À égalité ! Il est temps de mettre fin aux inégalités extrêmes ».

Dans le rapport À égalité ! Il est temps de mettre fin aux inégalités extrêmes, Oxfam établit que le nombre de milliardaires dans le monde a plus que doublé depuis la crise financière. Dans le même temps, un million de femmes sont mortes en couches, faute de disposer des services de santé de base.

Les plus riches du monde possèdent plus d’argent qu’elles ne pourraient jamais en dépenser, alors que des centaines de millions de personnes vivent dans une pauvreté abjecte, sans accès aux services de santé et d’éducation de base.

Un demi-million par minute

Dans le monde entier, la prospérité bénéficie non pas aux couches inférieures de la population, mais aux plus riches dont la fortune extraordinaire s’accroît toujours plus rapidement. Le patrimoine cumulé des 85 personnes les plus riches – qui possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, comme l’a révélé Oxfam en janvier dernier – a augmenté de 668 millions de dollars par jour entre 2013 et 2014. Cela équivaut à un gain de près d’un demi-million de dollars par minute.

Campagne mondiale

Du FMI au Forum économique mondial, du pape au président Obama, de plus en plus de voix s’accordent pour reconnaître que les inégalités constituent un défi fondamental de notre époque et que l’inaction est néfaste tant sur le plan économique que social.

Le rapport d’Oxfam, qui bénéficie du soutien de Graça Machel, Kofi Annan et Joseph Stiglitz parmi de nombreuses autres personnalités(5), donne le coup d’envoi de la nouvelle campagne d’Oxfam contre les inégalités extrèmes. Oxfam fait pression sur les responsables politiques du monde entier, pour qu’ils passent des paroles aux actes et assurent une donne plus équitable, y compris pour les plus pauvres.

Plus d’argent que vous ne pourriez en dépenser

« L’idée que la croissance économique mène de facto à une amélioration des conditions de vie de tout le monde, reste bien ancrée malgré les faits, dit Leila Bodeux, responsable du plaidoyer Services sociaux de base et Justice économique d’Oxfam-Solidarité.

« La richesse continue à s’accumuler dans les couches supérieures de la population et continuera tant que les gouvernements n’agiront pas. Nous ne devrions pas laisser une doctrine économique et l’intérêt de quelques personnes fortunées et puissantes nous aveugler. À travers le monde, des millions de personnes meurent faute de services de santé suffisants, et des millions d’enfants n’ont pas les moyens d’aller à l’école pendant que quelques-uns possèdent plus d’argent qu’ils ne pourraient en dépenser dans une vie. »

Tous les enfants à l’école

« L’augmentation constante d’une pauvreté extrême face à une richesse indécente n’est pas une fatalité, ou l’ordre des choses », insiste Leila Bodeux. « C’est la conséquence d’un système défaillant. Les règles du jeu favorisent les puissantes entreprises et une riche élite, qui concentre de plus en plus de richesse au dépens de personnes qui vivent dans la pauvreté. »

Le bénéfice potentiel d’une redistribution des richesses des grandes fortunes, même à un taux minime, en dit long. Si l’on instaurait aujourd’hui un impôt de 1,5 % sur les fortunes des milliardaires du monde, les recettes annuelles pourraient permettre de scolariser tous les enfants sur cette planète et d’offrir une couverture santé universelle dans les pays les plus pauvres.

«  Trop, c’est trop »

« L’inaction n’est plus une option. Trop, c’est trop. Et pas parce que nous rejetons les gens qui ont une villa, une voiture de sport ou un yacht, mais parce que le fait que les plus riches vivent plus longtemps et en meilleure santé que les plus pauvres est inacceptable, précise Leila Bodeux.

 

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