Pas de nourriture dans nos voitures

04/03/2019

De l’huile de palme, de colza et de soja dans les moteurs ? Mélangés à l’essence et au diesel vendus à la pompe, ces agrocarburants sont une fausse solution tant au niveau écologique qu’au niveau humain. C’est ce qui ressort du rapport réalisé par Inter-Environnement Wallonie, Oxfam, le CNCD-11.11.11, 11.11.11, FIAN et le CETRI. Ensemble, appelons l’Union européenne (UE) et la Belgique à limiter leur utilisation.

La production d’agrocarburants menace gravement la lutte contre la faim et menace de nombreuses communautés d’être chassées de leurs terres. En effet, d’immenses parcelles de terres sont dédiées à produire l’énergie de nos transports au lieu de produire de l’alimentation. Ces agrocarburants polluent plus que l’énergie fossile. Dans ce rapport, les auteurs s’inquiètent du fait que l’UE et la Belgique s’engagent sur cette voie très dangereuse.

Stop aux fausses solutions

Les agrocarburants posent de réelles questions en termes d’impact.

Ce 8 février dernier, la Commission Européenne a mis sur la table une proposition pour réguler l’utilisation d’huile de palme et de soja dans nos moteurs. Un succès en demi-teinte car la proposition ne fait pas référence à la protection des droits des petit.e.s agriculteurs.trices, de leurs terres et espaces naturels.

Elle ne balise pas la relation entreprises/agriculteurs.trices et néglige les bénéfices tirés par les communautés tels que l’habitation, l’obtention des aliments issus de la forêt ou l’utilisation des espaces naturels pour des pratiques culturelles. Tout ceci laisse la porte ouverte à la déforestation et l’exploitation sans limite de la nature au détriment des communautés locales.

Agrocarburants vs droits humains

Dans son projet de Plan National Energie Climat 2021-2030, la Belgique prévoit notamment d’inclure des agrocarburants alimentaires. Mais la législation ne comptabilise pas les émissions indirectes de leur production et ne fait aucune référence aux possibles préjudices occasionnés sur les paysans et paysannes des pays tiers.

Or, ce n’est pas en Belgique que le soja est produit, mais plutôt au Paraguay, au Brésil, ou en Argentine où ont déjà été constatés des violations des droits humains afin d’alimenter les pays européens.

Deux à trois fois plus polluants

L’utilisation de l’huile de palme et de soja représente également une catastrophe climatique. Selon l’ONG Transport et Environnement, la production de ces agrocarburants émet deux à trois fois plus d’émissions que l’énergie fossile.

Les citoyen·ne·s européennes ont jusqu’au 8 mars pour demander à la Commission d’introduire des règles plus solides et plus justes.

Participez à la consultation publique de la Commission Européenne

Vous voulez en savoir plus ? Lisez le rapport