Pêcher sous les bombes à Gaza

25/07/2014

Les pêcheurs gazaouis forment un groupe particulièrement vulnérable et leurs moyens de subsistance sont menacés depuis des années, notamment suite au blocus qui restreint les zones où ils sont autorisés à pêcher. L’escalade de la violence n’a fait qu’empirer les choses.

En un instant, l’avenir de Sabri Bakr a été réduit à néant. Les attaques aériennes israéliennes sur le port de Gaza ont complètement détruit son nouveau bateau et ses filets. Cette perte pourrait paraitre dérisoire quand tant d’autres ont perdu leur vie, mais pour Sabri et pour 3.600 pêcheurs qui sont dans le même cas, cela va avoir un impact à long terme sur sa capacité à nourrir sa famille.

« Mon bateau et mes filets ont été complètement calcinés. Et pire encore, c’était un bateau neuf dont je n’avais pas encore remboursé le prêt. Il m’avait couté environ $10.000 », raconte Sabri. « J’ai été pêcheur toute ma vie, et c’est ma seule source de revenus, pour moi pour 16 personnes dans ma famille élargie. »

Ce n’est pas la première épreuve que rencontre Sabri. Depuis qu’Israël a mis en place le blocus sur la bande de Gaza en 2007, la pêche n’est autorisée que jusqu’à 6 miles nautiques. Et la majorité des poissons se trouvent à 9 miles nautiques ou plus. Engagés dans une véritable lutte pour leur survie, 90% des pêcheurs ont besoin d’aide internationale.

Et même lorsqu’ils pêchent à l’intérieur de la zone des 6 miles nautiques, ils risquent de se faire arrêter ou tirer dessus par la marine israélienne. Dans la première moitié de 2014, au moins 177 attaques de ce type ont eu lieu, soit presque autant que dans toute l’année 2013. Et début juillet, le gouvernement israélien a annoncé que la zone de pêche allait être encore plus restreinte : à seulement 3 miles nautiques. « C’est comme une mauvaise blague », raconte Sabri, « Ce que vous pouvez attraper dans 3 miles nautique ? Rien. »

Pour Sabri et tous les autres civils pris dans le feu de cette crise, Oxfam appelle les deux parties au conflit à convenir d’urgence d‘un cessez-le-feu durable et à mettre fin aux violences. Cette nouvelle escalade de violence n’est que la dernière dans une longue succession d’épreuves pour les civils qui subissent le blocus de la bande de Gaza. Une solution à long terme est nécessaire pour apporter une paix durable et sûre pour tous. En plus d’un cessez-le-feu immédiat, il faut mettre fin au blocus et aux restrictions qui empêchent des civils comme Sabri de subvenir aux besoins de leur famille.

L’action d’Oxfam pour les pêcheurs gazaouis

Afin d’améliorer la sécurité alimentaire de groupes vulnérables tels que les pêcheurs, Oxfam travaille à réhabiliter leurs moyens de subsistance afin qu’ils puissant retourner en mer, augmenter leurs revenus et devenir moins dépendant de l’aide humanitaire. La réparation et la remise en état de bateaux de pêche, de filets et de lignes se fait au sein de programmes de “cash-for-work” financés par la coopération Belge au développement : des emplois temporaires sont créés afin réaliser ces réhabilitations. En parallèle, Oxfam travaille en coordination avec différents acteurs afin de combattre la cause profonde de cette situation : le blocus.

Urgence: