Philippines : 3 mois après Haiyan

07/02/2014

L’immense élan humanitaire au lendemain du typhon Haiyan a sauvé des milliers de vies. Mais trois mois après, les planteurs de cocotiers, les commerçants de produits issus des noix de coco et les pêcheurs les plus pauvres sont les laissés-pour-compte de l’effort de relèvement.

3 mois après le passage du typhon le plus puissant jamais enregistré qui a touché plus de 16 millions de Philippins, des millions de personnes restent vulnérables : comme souvent lors de catastrophes, le typhon a frappé plus durement les personnes pauvres et vulnérables.

Pêcheurs et planteurs de noix de coco laissés pour compte

Plus d’un million de familles touchées par le typhon dépendaient du secteur de la noix de coco. Or plus de 33 millions de cocotiers ont été détruits et il va falloir six à huit ans pour qu’ils repoussent. Mais pas un centime des fonds collectés par l’ONU n’a été affecté aux planteurs de cocotiers et aux pêcheurs, et le gouvernement philippin tarde à apporter l’aide promise à l’agriculture et à la reconstruction.

Avant le typhon, 60 % des petits planteurs vivaient déjà dans la pauvreté : ces agriculteurs vont devoir faire face à des années de manque à gagner, mais ils sont aussi engagés dans une course contre la montre pour dégager les arbres abattus avant qu’ils ne pourrissent, un terrain propice aux nuisibles, comme le scarabée rhinocéros. Un travail entravé par une législation foncière inégalitaire qui impose aux ouvriers agricoles d’avoir l’autorisation des propriétaires des terres avant de pouvoir commencer le déblaiement.

Haiyan a également détruit plus de 30.000 bateaux de pêche et nombre de familles ont perdu toute source de revenu. De plus, suite à une loi interdisant la construction d’habitations à moins 40 m de la côte, les populations qui vivent de la mer et des mangroves pourraient se retrouver empêchées d’accéder à leur bateau, faute d’un lieu d’habitation sûr à proximité.

De l’aide d’urgence à une reconstruction durable

Présente sur le terrain immédiatement après la catastrophe, Oxfam a déjà porté assistance à près de 550.000 personnes. Ses équipes ont été déployées dans plusieurs zones des îles de Cebu, Leyte et Samar et Oxfam envisage d’étendre ses opérations dans les Visayas occidentales. Elle a notamment permis de rétablir l’approvisionnement en eau potable de plus de 200.000 personnes à Tacloban. Oxfam a également fourni des services d’assainissement, des kits d’hygiène et de purification de l’eau, une aide financière, du matériel de construction d’abris, et des kits d’accouchement et dispensé des formations à l’hygiène.

Oxfam travaille à présent au rétablissement des moyens de subsistance à travers la remise en route des activités agricoles, du matériel de pêche, de programmes de déblaiement… Oxfam a fourni aux coopératives agricoles des tronçonneuses et des scieries pour dégager les terrains en vue d’une replantation et pour aider à transformer les cocotiers abattus en bois d’œuvre. L’organisation aide aussi les familles de pêcheurs à reconstruire leurs bateaux, fournit un capital de départ aux personnes souhaitant monter une petite affaire et distribue du matériel et des filets de pêche, ainsi que des semences et des engrais. Nous intensifions par ailleurs notre collaboration avec un réseau d’organisations de femmes qui les aident à retrouver une vie normale dans les zones touchées par le typhon.

En savoir plus sur le travail d’Oxfam aux Philippines (en anglais)