Pourquoi la situation continue de s’aggraver pour les Palestiniens

05/06/2017

Après maintenant 50 ans d’occupation israélienne, les conditions de vies des Palestiniens continuent de se dégrader. Pourtant les pays européens dont la Belgique y ont investi des millions d’Euro. Pour rien ?

Une situation humanitaire dramatique

Décennie après décennie les conditions de vie des 4,8 millions de Palestiniens vivant dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie se sont aggravées pour arriver aujourd’hui, au bout de 50 ans d’occupation, à une situation dramatique :

  • 1,6 millions de personnes n’ont pas assez à manger dans le Territoire palestinien occupé
  • 27 % des Palestiniens sont sans emploi. A Gaza, ce chiffre monte à 43%, un triste record du monde
  • 25 % des Palestiniens vivent sous le seuil de pauvreté
  • à Gaza, 96% de l’eau disponible n’est pas potable
  • au total, 2,3 millions de personnes, soit près de la moitié de la population totale du Territoire palestinien occupé, ont actuellement besoin d’aide d’humanitaire.

Une économie dévastée

Routes bloquées, check-points, mur de séparation, accaparements de terres pour y mettre des colonies… L’occupation du Territoire palestinien a des conséquences désastreuses pour son économie. L’Onu a ainsi calculé que son économie pourrait être deux fois plus florissante sans l’occupation. 

Um Fadi, veuve vivant avec ses 7 enfant dans le village de Jabal al- Baba raconte ainsi : « Autrefois quand j’avais 50 ou 100 têtes de bétail, je n’avais besoin de rien ni de personne, je pouvais même venir en aide aux autres. Nous (les femmes) pouvions aller vendre du formage et des produits laitiers à Jérusalem. Mais aujourd’hui nous ne pouvons plus le faire. A cause du mur, il n’y a plus de liberté du tout. La vie a complètement changé. »

Le cout exorbitant de l’aide internationale

Pour pallier à cette situation, la communauté internationale a fourni près de 27 milliards d’euros d’aide humanitaire au Territoire palestinien occupé depuis les accords d’Oslo de 1993. Rien que pour la Belgique, on parle d’une aide humanitaire de plus de 20 millions d’euros, en 2016 seulement.

Une situation quasi unique au monde quant à la quantité d’argent dépensée par habitant en aide humanitaire et en aide en développement. Mais cette aide n’est pas accompagnée de pression politique de la communauté internationale pour mettre Israël face à ses responsabilités et mettre fin à l’occupation. Or sans occupation israélienne, la grande majorité de cette aide humanitaire n’aurait pas été nécessaire.

Des projets européens détruits par Israël

L’aide humanitaire investie n’arrive pas toujours à bon port… De nombreux projets financés avec de l’aide européenne (citernes, bergeries, poteaux électriques...) sont régulièrement détruits ou confisqués par les autorités israéliennes. Entre 2001 et 2015, cela représentait ainsi 65 millions d’euros de destructions.

En réaction à ces destructions, certains pays comme la Belgique s’insurgent parfois verbalement, mais laissent ces exactions israéliennes sans conséquences concrètes.

Trouver une solution durable

Au lieu de continuer de verser de l’aide à un pays laissé exsangue par l’occupation, la communauté internationale a tout intérêt à s’engager de toute urgence dans la recherche d’une solution politique pacifique et durable à cette situation.

Les politiciens peuvent et doivent de toute urgence :

  • mettre fin à l'occupation du Territoire palestinien, y compris au blocus de Gaza;
  • veiller à ce qu'Israël respecte les droits de l'Homme et n’entrave pas l’accès à l’aide humanitaire
  • ne laisser sans conséquence aucune violation du droit international.

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