Pourquoi l’ouragan Matthew n’a fait aucun mort à Cuba

15/12/2016

Le 4 octobre, l’ouragan Matthew frappait les Caraïbes, faisant plus de 546 morts en Haïti, mais aucun à Cuba. Miracle ou bonne préparation face aux catastrophes ?

Le nombre de catastrophes naturelles est en augmentation à travers le monde, notamment à cause du changement climatique. Or ce sont les pays en développement qui sont le plus souvent touchés par ces catastrophes, et aussi généralement les moins bien équipés pour y répondre.

Mais tout évènement climatique extrême ne doit pas forcément être synonyme de catastrophe. Un ouragan est toujours potentiellement dangereux, mais on peut se préparer pour diminuer les dégâts.

Se préparer aux catastrophes

Cela peut par exemple être fait en prévoyant et analysant de manière plus précise les évènements météorologiques et sismologiques, en sensibilisant les autorités et les populations (systèmes d’alerte, plans d’évacuation, centres d’accueil, formations sur les risques...) et en préparant des mesures pour diminuer l’impact de la catastrophe (canaux d’évacuation des eaux, toits et habitations plus solides, constructions loin de zones inondables, protection des moyens de subsistances…).

L’ensemble de ces mesures, c’est ce qu’on appelle la Réduction des Risques de Catastrophes ou RRC. Une méthode qu’Oxfam promeut dans de nombreux pays sujets aux catastrophes naturelles, comme par exemple le Laos ou le Salvador. Et l’exemple de Cuba démontre que la RRC, ça marche.

Le modèle cubain

Frappé régulièrement par des sécheresses, des ouragans et des tremblements de terre, Cuba est reconnue dans le monde entier comme étant particulièrement bien organisée pour faire face à ces catastrophes. Le gouvernement cubain a ainsi beaucoup investi dans la préparation et la sensibilisation de la population, notamment en formant tous les écoliers du pays aux risques d’ouragans et en organisant chaque année une simulation à laquelle participe tout le pays. Une « cartographie des risques » a aussi été établie pour déterminer les personnes et zones les plus à risques dans chaque quartier.

Une habitante de La Havane explique ainsi : « Je suis responsable de cette partie du quartier, si un ouragan arrive, je sais par exemple que dans cette maison il y a une femme en fauteuil roulant qu’il faut aider à évacuer ».

Des lieux d’accueil sûrs sont aussi prévus, avec nourriture, eau et médicaments. Une fois l’ouragan passé, la population est également impliquée dans les travaux de reconstruction.

20 ans de collaboration

Oxfam soutient les efforts des provinces cubaines en matière de RRC depuis plus de 20 ans et travaille actuellement à renforcer leurs capacités, notamment en ce qui concerne les sècheresses, les ouragans et les tremblements de terres.

Ces actions sont réalisés dans le cadre de 3 projets financés par l’Union européenne, la Coopération belge au développement et l’Agence Suisse de Coopération internationale.

Sécheresses et faille sismique

En 2015, Cuba faisait face à la plus grave sécheresse depuis un siècle, touchant plus d’un million de personnes.

Pour en diminuer les conséquences, Oxfam travaille tout d’abord à garantir l’accès à l’eau malgré l’absence de précipitations. Par exemple en installant des citernes, ou encore en formant la population à une meilleure gestion de l’eau. Oxfam travaille aussi avec les gouvernements et acteurs locaux pour leur permettre de mieux prévoir et analyser les risques de sécheresses puis d’y remédier (études, analyses...).

Par ailleurs, Cuba étant aussi traversée par une faille sismique, Oxfam travaile à l’amélioration de la prévention des risques sismiques en collaboration avec les autorités cubaines, notamment grâce au renforcement du réseau de sismomètres et à des formations en gestion des risques sismiques pour les équipes techniques locales, la Croix-Rouge cubaine et la population en général.

Réponse d’urgence après Matthew

Le risque zéro n’existe pas et Oxfam se tient prête à distribuer de l’aide humanitaire à la population cubaine en cas de catastrophe de grande ampleur, comme lorsque l’Ouragan Matthew a frappé les Caraïbes en octobre.

S’il n’a pas fait de mort à Cuba, il a dévasté 78% de la ville de Baraoca et plus de 85% des habitants de la ville de Maisi se sont aussi retrouvés sans accès à l’eau. Tandis que le gouvernement cubain se concentre en priorité sur le rétablissement de l’électricité, le déblayage des routes et la distribution de nourriture, Oxfam distribue en urgence de l’aide à 2.000 familles (8.000 personnes) : bâches, kits d’hygiène, pastilles de purification d’eau,… Une réponse d'urgence qui a reçu le soutien de la province de West-Vlaanderen.

Une action de long terme

Dans les mois qui suivent, ces mesures temporaires feront place à l’installation de toits résistant aux ouragans pour 500 familles (2.000 personnes), de systèmes pour garantir le stockage et le transport de l’eau en cas de catastrophes, et à des campagnes de sensibilisation.


Ces projets reçoivent le soutien financier de l'Union européenne, de la Coopération belge au développement, de la Province de West-Vlaanderen et de l’Agence Suisse de Coopération internationale.

Afbeeldingsresultaat voor EU       Afbeeldingsresultaat voor cooperation belge de developpement         Afbeeldingsresultaat voor provincie west-vlaanderen              Afbeeldingsresultaat voor agence suisse de cooperation internationale

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