Près d’un millier d’enfants victimes du conflit au Yémen depuis l’attaque du bus de Sa’ada il y a tout juste un an

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08/08/2019

Plus de 300 enfants sont morts au cours de l’année écoulée au Yémen depuis qu’une frappe aérienne a touché un bus à Sa’ada, tuant 41 écoliers, et près de 600 autres ont été blessés, alors que les ventes internationales d’armes continuent à alimenter le conflit. En un an, c’est l’équivalent de huit bus d’écoliers supplémentaires qui a trouvé la mort directement à cause des combats selon Oxfam.

Depuis le 9 août 2018, 335 enfants ont été tués dans des attaques violentes, y compris des frappes aériennes, des mines et des bombardements, soit l’équivalent de huit autres bus d’écoliers. Selon l’ONU, beaucoup d’autres sont morts de faim et de maladie dans la grave crise humanitaire provoquée par les hostilités.

Muhsin Siddiquey, directeur pays Oxfam au Yémen, a déclaré : « Le monde a été à juste titre consterné par une attaque qui a coûté la vie à tant de jeunes écoliers innocents. Toutefois, près d’un enfant par jour a été tué depuis lors et la violence continue de toucher les Yéménites au quotidien, sans parler de la faim et des maladies. »

Oxfam appelle à un cessez-le-feu de toute urgence

Depuis la publication des derniers chiffres, le nombre d’enfants tués ou blessés a augmenté. La semaine dernière encore, une attaque contre un marché a fait au moins 10 morts, dont des enfants, à Sa’ada, tandis qu’à Taizz, cinq enfants ont été blessés dans des bombardements. 

Les frappes aériennes et les bombardements à Al Dale’e en mai ont tué 10 enfants. En mars, cinq enfants ont été tués lors d’affrontements dans la ville de Taizz tandis que 14 autres ont trouvé la mort dans une attaque perpétrée dans le district de Kushar du gouvernorat de Hajjah. Au cours de l’année, on a recensé trente incidents touchant des écoles et dix-huit des hôpitaux. 

« Un cessez-le-feu à l’échelle nationale doit être décrété de toute urgence afin d’éviter que d’autres vies ne soient perdues à cause de cette guerre et de la crise humanitaire qu’elle a engendrée. Toutes les parties au conflit et les entités qui ont de l’influence sur elles doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre fin sans délai à cette guerre meurtrière. »

Le Yémen toujours menacé par la famine

Le conflit entre les Houthis et le gouvernement internationalement reconnu, soutenu par une coalition internationale qui comprend l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, entre dans sa cinquième année. D’après les estimations des Nations Unies, si la guerre se poursuit jusqu’en 2022, plus d’un demi-million de personnes succomberont aux combats, à la faim et à la maladie. 

« Les Nations Unies estiment que 14 millions de Yéménites – soit la moitié de la population du pays – sont menacés de famine, dont 65,000 personnes qui se trouvent dans une situation d’urgence extrême. Sans l’appui fourni par les agences d’aide humanitaire, ce chiffre pourrait atteindre 250,000 personnes », prévient Magali de Biolley, chargée de plaidoyer chez Oxfam-Solidarité.

Les Houthis et le gouvernement internationalement reconnu du Yémen sont parvenus à un accord à l’issue de pourparlers en décembre. Cet accord comprenait l’établissement d’un cessez-le-feu au port de Hodeidah, une enclave stratégique, mais les mesures visant à le mettre en œuvre ont longtemps été retardées. 

Le gouvernement et la coalition dirigée par les Saoudiens ont accusé les forces houthis d’avoir violé l’accord de Stockholm à 5 000 reprises, tandis que les Houthis ont à leur tour accusé la coalition et les forces gouvernementales d’y avoir porté atteinte plus de 27 000 fois.