Pressions maximales sur PepsiCo vis-à-vis des accaparements de terres

18/03/2014

Lorsque nous parlons tous d'une seule et même voix, les entreprises nous écoutent. C'est ce que vient de faire PepsiCo aujourd'hui. Après environ six mois de la campagne La Face Cachée des Marques, la plus grande entreprise du secteur alimentaire et des boissons a approuvé une politique de tolérance zéro des accaparements de terres et enjoint ses sociétés d'embouteillage à faire de même.

« Le pouvoir des consommateurs s'est juste un peu renforcé », explique Winnie Byanyima, directrice générale d'Oxfam International. La seconde plus grande entreprise du secteur alimentaire et des boissons au monde s'est engagée à peser de tout son poids pour lutter contre les accaparements de terres dans sa chaîne d’approvisionnement. Les fournisseurs qui souhaitent vendre leurs produits à toutes les marques du groupe (de Pepsi Cola à Doritos, en passant par 7up et Tropicana) doivent désormais s'assurer que les terres exploitées ont été acquises de façon responsable.

« Cela n'aurait pas été possible sans la mobilisation de centaines de milliers de personnes exigeant que les entreprises respectent les droits des hommes et des femmes travaillant dans leur chaîne d’approvisionnement. Aucune entreprise n'est trop grande pour ignorer ses clients. Ensemble, les consommateurs peuvent transformer le secteur agroalimentaire s'ils le souhaitent. »

L'annonce de PepsiCo fait suite à d'autres engagements similaires pris par Coca-Cola fin 2013 après seulement un mois de campagne.

Par ailleurs, Associated British Foods (ABF), l'autre société visée par la campagne, a récemment créé de nouvelles politiques respectant le principe de consentement libre, préalable et éclairé. Ainsi, les communautés sont consultées et doivent donner leur accord pour vendre la terre qu'elles exploitent. Oxfam est actuellement engagée dans un dialogue avec Illovo (une filiale d'ABF), le plus grand producteur de sucre en Afrique, pour l'encourager à prendre de nouvelles mesures pour adopter cette politique.

Sur quoi ces entreprises se sont-elles engagées précisément ?

Oxfam salue l'engagement de PepsiCo à mettre en œuvre une politique de « tolérance zéro » des accaparements de terres, et notamment à :

  • respecter le principe de consentement libre, préalable et éclairé et exiger de ses fournisseurs, y compris les sociétés d'embouteillage, qu'ils en fassent autant ;
  • immédiatement rendre public les noms de ses trois principaux fournisseurs de sucre de canne, ainsi que leurs pays d'origine ;
  • réaliser et publier des études d'impact social, environnemental et sur les droits humains, notamment dans le cadre de conflits fonciers ;
  • intervenir auprès des gouvernements et des organismes internationaux afin de favoriser le développement de pratiques foncières responsables ;
  • collaborer avec ses fournisseurs dans le cadre des affaires au Brésil et au Cambodge mentionnées dans le rapport d’Oxfam intitulé « La fièvre du sucre » en vue de parvenir à un règlement qui réponde aux doléances des communautés locales.

Nous surveillerons de près PepsiCo afin de nous assurer qu'elle respecte ses promesses.

Implications pour les agriculteurs et leurs communautés

En tant que géant de l'agroalimentaire, PepsiCo possède un pouvoir d’influence considérable sur ses fournisseurs et sur le secteur. Grâce à ses engagements, PepsiCo pourra mettre en œuvre des mesures plus efficaces pour prévenir les conflits fonciers qui chassent des agriculteurs et agricultrices de leurs terres et de leur foyer.

« Nous nous félicitons de l'impulsion que donne la société PepsiCo en déclarant la "tolérance zéro" vis-à-vis des accaparements de terres », se réjouit Winnie Byanyima. « Nous allons suivre les mesures que prendra l'entreprise pour honorer ses engagements. Nous allons notamment continuer à nous mobiliser, avec nos partenaires locaux, pour un règlement en faveur des communautés brésiliennes et cambodgiennes qui continuent de lutter pour recouvrer leurs droits sur leurs terres. D'autres entreprises doivent désormais suivre l'exemple de PepsiCo et de Coca-Cola afin de transformer l'approche de l'industrie sur les droits fonciers. »

Merci !

Sans votre mobilisation, rien de tout cela n'aurait été possible. Partagez cette victoire sur Twitter pour montrer au monde qu'une forte mobilisation peut inciter des multinationales à changer.

 

Pays: