Producteurs laitiers africains et européens disent non au dumping

03/09/2015

Les producteurs laitiers européens vont manifester à Bruxelles le 7 Septembre, parce qu'ils ne peuvent plus vivre de leur production. Les prix sont trop bas, et les agriculteurs africains en souffrent aussi.

Les producteurs laitiers sont désespérés : pour la troisième fois depuis 2009, le prix qu'ils perçoivent pour leurs produits est exceptionnellement faible. Ils se voient obligés de choisir entre vendre à perte ou arrêter leur production de lait. En un an, le prix du lait a baissé de 25%.

En cause : des décisions européennes

La raison de la faiblesse de ces prix ? Il y a un excédent de production de lait sur le marché car la Commission européenne a décidé d’abandonner les mesures de gestion du marché laitier (principalement les quotas laitiers) et de miser sur les marchés d’exportation. L'Europe exporte donc de plus en plus de lait en poudre à bas prix, surtout vers l’Afrique et la Chine.

Conséquences pour les agriculteurs africains

Les producteurs laitiers africains sont victimes de cette politique européenne : ils n’arrivent plus à commercialiser leur propre lait, plus cher que le lait en poudre importé d'Europe. Ils en sont même au stade où leur propre survie est menacée. Tout comme leurs homologues européens, ils n’arrivent plus à gagner assez pour vivre du lait qu’ils produisent.

Il y a des alternatives !

Les choses pourraient pourtant êtres différentes. Les producteurs laitiers européens et africains ont une autre solution : l'Europe devrait limiter la production lorsque les prix baissent. Ainsi il n’y aurait pas de surplus de production qui doive être exporté.

La coupole européenne des producteurs de lait (European Milk Board) manifeste le 7 Septembre à Bruxelles, et demande à l’Europe de mieux réguler le marché du lait. Des organisations paysannes dans les pays pauvres et des organisations internationales de développement (comme Oxfam) se rallient à cette demande. Parce que la solidarité entre les agriculteurs, les consommateurs et les pays permet de rendre possible un juste prix.

Lisez plus: Appel de solidarité avec les producteurs laitiers.

« Nous avons nos propres produits »

« Dans mon pays, les femmes peules qui mènent une vie nomade tirent leur revenu principalement de la vente de lait », explique Korotoumou Gariko (photo). Pour protéger le secteur local du lait contre les importations de lait en poudre bon marché, ces femmes ont décidé de se mobiliser.

« Avec le soutien d'Oxfam, nous avons créé l'Union des mini laiteries (UMPL-B). Nous avons nos propres produits et nous assurons une meilleure distribution sur le marché local. En tant que membre de l'Union des transformateurs de lait, nous essayons de mettre le gouvernement sous pression. Parce qu'il s'agit de notre souveraineté alimentaire et de nos vies. »