Un demi-siècle de combats, un demi-siècle de solidarité

Le 17 septembre 1964, Oxfam-Belgique voyait le jour sous l’impulsion d’une poignée d’hommes et de femmes de conviction. Parmi eux, le Comte de Robiano et le Baron Antoine Allard. 

« Mon but n’est certainement pas de contribuer à la révolution mondiale ni à la lutte des classes ni à un coup d’état par l’un ou l’autre régime. Mon but est de mettre la guerre hors-la-loi, d’offrir aux peuples la possibilité de se nourrir convenablement, de les aider à se retrouver et à vivre heureux. » - Antoine Allard

Des objectifs clairs pour une Oxfam-Belgique qui  s’inspire de sa grande sœur Oxfam Grande-Bretagne, fondée en 1942 à Oxford pour lutter contre la famine en Grèce.

Antoine Allard restera à la tête de l’organisation jusqu’au 18 juin 1981, lorsqu’à la sortie de l’assemblée générale d’Oxfam-Belgique, il s’effondre, victime d’un arrêt cardiaque. Tout au long de ces années de présidence, ce fils de banquier aura mené de nombreux combats comme la démilitarisation, la lutte contre l’apartheid, le soutien des mouvements de libération. Il insiste également autour de l’importance de la sensibilisation et la mobilisation de la jeunesse.

Outre ces visions idéologiques, l’aspect pratique allait prendre une dimension de plus en plus importante. Ainsi, les premiers appels à dons pour l’aide d’urgence servent surtout à financer les actions d’Oxfam Grande-Bretagne, la première action indépendante survient en 1970 au Pérou frappé par un cyclone dévastateur. En 1980, l’organisation compte déjà plus de 80 projets de développement à travers le monde.

De même, les premières collectes de vêtements ont lieu en 1969 et seront très vite suivies de collectes de matériel. Le tri, la remise en état et l’expédition de matériel comme des lits d’hôpital, de médicaments, de machines de menuiseries mobiliseront de très nombreux bénévoles.

Le premier Wereldwinkel nait à Anvers en 1971 et fait rapidement des émules. Fin 1971, 11 magasins ont déjà ouvert leur porte et en 1975, le réseau prend son envol en tant qu’association indépendante : Oxfam-Wereldwinkels. Un an plus tard, c’était au tour d’Oxfam-Magasins du monde de voir le jour. Artisanat, textile, denrées alimentaires permettent de développer le commerce équitable et ses valeurs.

Entretemps, Pierre Galand a pris les fonctions de Secrétaire général e, 1967. Ce jeune économiste restera à son poste pendant 29 ans et portera lui aussi les combats d’Oxfam et contribuera notamment à mettre le développement durable au cœur des débats. Il posera aussi les bases d’une structure stable pour l’organisation qui lui permettra d’être viable.

Stefaan Declercq qui aura passé quinze ans en Amérique centrale prendra le relais de Pierre Galand. L’organisation prendra le nom d’Oxfam-Solidarité en 1996 alors que se crée Oxfam International l’année suivante.

La confédération Oxfam International permet d’élargir les compétences d’Oxfam, son champ d’action et surtout de mieux mettre en commun le savoir-faire de chacun des Oxfam qui avaient fleuri dans de nombreux pays. Une intégration et une collaboration au niveau mondial qui n’ont qu’un seul but : améliorer l’efficacité de la lutte contre l’injustice qu’est la pauvreté.