Que fait Oxfam contre l'accaparements de terres

À travers sa campagne internationale, CULTIVONS, Oxfam fait monter la pression sur les autorités et les entreprises pour mettre fin à l’accaparement de terres. L’accès à la terre est un droit fondamental qui doit être protégé. Sans terre, les agriculteurs ne sont pas capables de nourrir leur famille. Partout dans le monde, nous stimulons le public pour qu’il évalue sa propre consommation et qu’il nous aide à mettre la pression sur des institutions telles que la Banque mondiale afin qu’elles revoient leur politique d’investissement.

Au Burkina Faso, le GRAF (Groupe de Recherche et d’Action) étudie les lois existantes sur la propriété foncière ainsi que leur évolution, dans le but d’influencer ensuite les politiques en la matière grâce aux données collectées. Oxfam soutient des projets pilotes ainsi que le fonctionnement institutionnel du réseau de coordination du GRAF. Grâce à la complémentarité de son analyse politique et de son travail sur le terrain, le GRAF bénéficie d’une excellente crédibilité auprès des organisations d’agriculteurs et des autorités nationales. Les analyses du GRAF constituent même une référence dans le domaine foncier.

Les femmes font la différence

Au Mali, l’accès à la terre est encadré par des lois, mais les traditions y font souvent obstacle. Ainsi  les femmes ont le droit de cultiver les terres, mais pas de les posséder. En outre, les terres qu’on leur permet de cultiver sont souvent d’une qualité inférieure. Quatre organisations d’agriculteurs de la région de Kaye (URCAK, Utpade, Coordination des femmes de Sarné et Asprofer) ont mis sur pied une plate-forme soutenue par Oxfam-Solidarité depuis 2009. Elles veulent mettre la pression sur les pouvoirs locaux et décentralisés et sur les chefs traditionnels afin que plus de terres soient attribuées aux groupes de femmes productrices. Elles veulent informer les agriculteurs et les agricultrices sur leurs droits égaux aux terres, à demander aux autorités locales de veiller à une attribution équitable et à améliorer les terres disponibles pour les femmes.

Du microcrédit au plaidoyer                                                        

Depuis longtemps, l’Union des femmes de Thach Ha (Vietnam) compte parmi les partenaires d’Oxfam. Si au début cette organisation promouvait l’accès des femmes au microcrédit, elle se concentre depuis sur l’appui à la production et à la vente de produits agricoles. Aujourd’hui, notre partenaire se concentre de plus en plus sur le plaidoyer autour de l’emploi.

Dans le district de Thach Ha , les autorités vietnamiennes ont autorisé un exploitant minier indien à y aménager une mine de fer, ce qui sacrifierait des terres cultivables. L’Union des femmes de Thach Ha a alors défendu les intérêts des agriculteurs qui risquaient de perdre leurs terres et donc aussi leur emploi. Il leur était peut-être impossible d’empêcher l’installation de la mine, mais ils pouvaient tout de même essayer de négocier avec les autorités afin d’obtenir des compensations. Oxfam soutient cette approche et stimule l’initiative de l’Union des femmes d’impliquer les communautés expropriées dans des projets de relocalisation. Suite à l’insistance de notre partenaire, les autorités ont organisé une Foire aux emplois où 42 entreprises et 3000 chercheurs d’emploi ont pu se rencontrer.

Avec le soutien de 50.000 personnes

Oxfam a lancé sa campagne internationale contre l’accaparement de terres en octobre 2012. Nous avons exigé que la Banque mondiale prenne les mesures nécessaires pour mettre fin à l’accaparement de terres dans les pays en voie de développement. Plus de 50.000 personnes ont signé notre pétition. Aux Philippines, au Cambodge et au Guatemala, les communautés touchées par les accaparements de terres ont réclamé leurs droits. En Belgique aussi, des gens sont descendus dans la rue pour protester contre l’accaparement de terres. Au printemps 2013 la Banque Mondiale a promis de mieux respecter les droits des petits agriculteurs et de mener une politique d’investissement plus responsable. Oxfam reste cependant attentive à ce que ces promesses soient suivies d’actions.

Le rapport sur la « Spéculation sur l’alimentation » de juin 2013 apporte des éclaircissements sur le rôle joué entre autres par la Belgique dans cette ruée effrénée sur les terres. Ce rapport, réalisé par plusieurs organisations de la société civile, est lié aux actions de plaidoyer auxquelles Oxfam travaille intensivement.

Pour plus d’info sur l’accaparement de terres et sur les actions d’Oxfam :