Que retenir du double sommet sur les réfugiés à New York ?

21/09/2016

Le 19 septembre, les gouvernements du monde entier se sont réunis à New York, à l’occasion du tout premier Sommet de l’Onu sur les réfugiés et les migrants et du Sommet des dirigeants sur le même thème le lendemain, organisé par Barack Obama. Une grande première, encourageante mais insuffisante.

A occasion exceptionnelle, paroles vides

Le tout premier sommet pour les réfugiés et les migrants de l’Onu était une occasion sans précédent de parvenir à un accord ambitieux et juste qui assure sécurité et dignité aux réfugiés et aux migrants.

 « C’était l’occasion pour la communauté internationale d’adopter une approche plus humaine » explique Liesbeth Goossens, responsable du plaidoyer humanitaire pour Oxfam-Solidarité.

Mais ce sommet Onusien s’est terminé en demi-teinte. Il en est ressorti une « Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants » qui ne comportait aucun engagement ferme pour sortir du statu quo actuel. Le gouvernement belge s’en est tenu lui aussi à de belles paroles.

Promettre c’est bien, payer c’est mieux

Le sommet convoqué par le président Obama le lendemain avait pour but de pousser les chefs de gouvernement à des engagements concrets. Et avec succès : 50 pays se sont engagés à verser un total de 4 milliards d’euros en faveur des groupes qui aident les réfugiés à accéder à l’emploi et à l’éducation. La Belgique n’en fait malheureusement pas partie.

Ces promesses sont encourageantes. Mais nous ne pourrons réellement juger ces engagements qu’au vu de la transparence dont feront preuve les gouvernements et des comptes qu’ils rendront au cours des jours et des mois à venir.

« Un mécanisme transparent de responsabilité doit être mis en place dans les plus brefs délais, afin de garantir que les engagements pris par les gouvernements seront suivis d’effets concrets. » explique Liesbeth Goossens.

Les pays riches n’en font pas assez

Quoi qu’il en soit, les efforts auxquels les pays riches s’engagent restent insuffisants. Une étude d’Oxfam montre que les 6 pays les plus riches de la planète, qui représentent plus de la moitié de l’économie mondiale, n’accueillent que 9% des réfugiés et demandeurs d’asile. En parallèle, 86% des réfugiés sont à l’heure actuelle accueillis par des pays à faibles ou moyens revenus. 

« Le financement des fonds humanitaires doit s’accompagner de solides programmes de réinstallation et de l’extension des autres moyens de protection, tels que le regroupement familial. De plus, il faut accorder aux réfugiés le droit d’accéder au marché du travail et à leurs enfants celui de recevoir une éducation. » ajoute Liesbeth Goossens.

En savoir plus sur la crise des réfugiés et des migrants.

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