Sahara occidental : réfugiés depuis 40 ans

28/04/2015

Les réfugiés sahraouis auraient-ils été abandonnés par la communauté internationale? Aujourd’hui, 40 ans après le déclenchement de cette crise, le Conseil de Sécurité de l’ONU est sur le point de discuter du sort de ces femmes et hommes qui attendent dans des camps au milieu du désert. Dans les camps de réfugiés, la pression monte, explique Oxfam dans un nouveau rapport.

En cours de décolonisation

 « La dernière colonie d’Afrique » est une expression souvent utilisée pour le Sahara occidental. Situé entre l’océan Atlantique, le Maroc et la Mauritanie, le Sahara occidental est officiellement selon l’ONU un « territoire-non-autonome en cours de décolonisation ». En 1975, l’Espagne se retire de sa colonie du Sahara occidental. La mainmise du Maroc sur le territoire déclenche un conflit armé avec les populations autochtones, unies sous la bannière du Front Polisario. Un conflit toujours non résolu à ce jour.

Référendum sur l’autodétermination

Si le mur de Berlin et la barrière de séparation israélienne sont célèbres, la berme de sable de 2.700km de long construite par le gouvernement marocain pour diviser le territoire du Sahara occidental est moins connue.  En 1991, la MINURSO, mission des Nations Unies, est établie pour faire respecter le cessez-le-feu et organiser un référendum sur l’autodétermination. A ce jour, aucun référendum n’a été organisé et les perspectives d’avenir des Sahraouis s’assombrissent.

Quarantième anniversaire

Pris entre deux feux, les réfugiés sahraouis se sont installés de l’autre côté de la frontière algérienne où ils attendent dans des camps de pouvoir un jour rentrer chez eux, depuis maintenant 40 ans. Oxfam leur apporte de l’aide humanitaire dans ces camps de réfugiés depuis les années 1970 et publie aujourd’hui un nouveau rapport intitulé « 40 ans d’exil », à l’occasion du triste quarantième anniversaire de la crise.

Diabète, hypertension, anémie

Liesbeth Goossens, Chargée de plaidoyer humanitaire d’Oxfam sur le Sahara occidental : « Nous parlons ici de générations entières qui grandissent et vieillissent dans des camps de réfugiés. Survivre avec de l’aide d’urgence depuis des décennies a eu un grave impact sur la vie de ces hommes et de ces  femmes. Essayez de vous imaginer manger les mêmes aliments jour après jour pendant des décennies. Toute une série de maladies chroniques se développent : diabète, hypertension, anémie...»

Prendre leurs vies en main

Contrairement à d’autres réfugiés dans le monde, de nombreux sahraouis ont eu l’opportunité de faire des études supérieures, formant ainsi une population jeune remarquablement bien éduquée et conscientisée.  «  La jeunesse est de plus en plus impatiente de reprendre sa vie en main et la communauté internationale néglige leur situation. La pression monte dans les camps », ajoute Liesbeth Goossens.

Un statu quo insupportable

Aujourd’hui, le Conseil de Sécurité de l’ONU va discuter du mandat de la MINURSO à New York. La communauté internationale a le devoir de faire en sorte que le droit international soit respecté. Elle doit intensifier ses efforts pour garantir une vie digne à cette population et mettre fin à cette crise de façon définitive. Ceci est d'autant plus important tenant compte du contexte sécuritaire instable dans la région. Quarante ans après le début de la crise, le statu quo devient insupportable pour les réfugiés. Leur voix doit désormais être entendue.

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