Sans argent, pas de survie

Pratima Devi (32) vit à Patna, en Inde, dans province occidentale de Bihar. Son mari est chauffeur et gagne 8.000 roupies par mois (environ 97 €). Elle a une fille de 14 ans. Sa famille fait partie d’une caste marginalisée et habite dans un bidonville. Elle a récemment perdu ses jumeaux nouveau-nés à cause d’une mauvaise prise en charge par la clinique publique locale.

Quand Pratima tombe enceinte, elle ne reçoit pas les soins médicaux et les conseils nécessaires pour se préparer à un accouchement en toute sécurité. Le centre de premiers soins situé à 500 mètres de chez elle, où elle se rend initialement, n’est malheureusement pas équipé pour les soins obstétriques.
Pratima souffre d’anémie et a des problèmes rénaux, mais cela n’est pas décelé. À la suite d’une diarrhée hémorragique persistante, elle doit se rendre chez des médecins privés, mais aucun ne peut la soigner. Et à chaque fois, elle paye l’intégralité des consultations et traitements de sa poche.

Des jumeaux en approche

Au sixième mois de sa grossesse, Patima se rend dans un centre de santé public, afin de subir un premier test de grossesse. Le médecin n’effectue pas d’examen complet et il la dirige vers une clinique privée pour une échographie et d’autres tests. L’échographie, qu’elle peut à peine se payer, montre qu’elle attend des jumeaux.
Au huitième mois, elle ressent les premières contractions et se rend dans le même centre de santé. Elle refuse l’assistance d’une première sage-femme qui se présente avec des gants médicaux déjà utilisés. La seconde sage-femme la renvoie chez elle, en disant qu’elle n’est pas encore prête à accoucher.
Mais les contractions reprennent quelques heures plus tard et elle retourne à la clinique, où elle met au monde un garçon et une fille. Cette dernière, malheureusement, est morte à la naissance, sans aucun doute à cause du manque de soins préparatoires lors de sa première visite. Le petit garçon, quant à lui, est très faible. Mais le centre de santé ne dispose pas de couveuse. Pratima et son mari se mettent donc à la recherche d’une clinique privée disposant de ce type d’équipement.
La recherche prend des heures et le couple doit faire le transfert lui-même car aucune ambulance n’est disponible. Pendant 5 jours, le petit garçon est traité dans une clinique privée, ce qui leur coûte une somme énorme et les pousse même à s’endetter. Mais arrive le moment où leurs fonds sont définitivement épuisés et ils n’ont d’autre choix que de retourner dans la clinique publique. Leur petit garçon y meurt quelques jours plus tard.
 


Pratima résume son expérience dans cette clinique par une phrase glaçante : « Chaque jour un enfant y meurt. C’est comme si aucun enfant n’en sortait vivant. »

Une grande vulnérabilité

La province de Bihar est située à l’ouest de l’Inde. C’est une région défavorisée et densement peuplée, qui ne dispose pas de service minimum de soins de santé pour les habitants des bidonvilles. Il n’y a pas assez de centres de santé publics et ceux qui existent sont sous-équipé et en manque de personnel. Les services médicaux privés existent, mais sont inabordables pour une grande partie de la population.
Les centres publics demandent 2 roupies (0,8 €) d’inscription. Pour ce prix, ils proposent en principe tous les soins médicaux. Mais en pratique, la qualité des soins est très basse et les patients doivent souvent payer des suppléments pour des traitements ou médicaments censés être gratuits.
De plus, il y a un manque de personnel infirmier, de sages-femmes et de matériel pour offrir des accouchements en toute sécurité. Les femmes du Bihar sont donc particulièrement vulnérables durant leur grossesse et au moment de mettre leur enfant au monde.

Pauvreté systémique

Chaque année, 60 millions d'autres Indiens se retrouvent dans la pauvreté à cause des coûts élevés de la santé. C'est presque deux personnes par seconde. Le gouvernement indien n'impose pratiquement pas le revenu des super-riches et dispose d'un des budgets pour la santé les plus bas au monde. Un impôt supplémentaire de 0,5% sur le patrimoine du 1% des Indiens les plus riches donnerait au gouvernement assez d'argent pour augmenter de 50% le budget annuel alloué aux soins de santé.

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L'Inde n'est hélas pas l'unique pays où l'on retrouve ces inégalités extrêmes entre très riches et très pauvres. Notre nouveau rapport sur les inégalités mondiales montre que le fossé ne cesse de se creuser. Nous voulons changer cette situation e poussant les multinationales à payer leur juste part d'impôts. C'est ainsi que nous pourrons dégager les fonds suffisants pour financer les soins de santé et l'accès à l'éducation...

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  • La richesse globale des milliardaires s’est accrue de plus de 2 milliards d’euros par jour, soit une augmentation de 12% en un an.
  • Pour la moitié la plus pauvre de la population mondiale, c’est l’exact opposé. Leur patrimoine commun a baissé de plus de 400 millions d’euros chaque jour, soit un recul de 11% en un an.
  • Chaque jour, 10.000 personnes décèdent parce qu’ils n’ont pas accès à des soins de santé.
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