Se préparer aux catastrophes naturelles au Laos

07/10/2014

Les districts de Hom et de Kasi au Laos sont particulièrement sensibles aux catastrophes naturelles. Avec le soutien de l’Union européenne, Oxfam et deux comités de district ont lancé un projet pour mieux préparer la population afin qu’elle puisse sauvegarder ses réserves alimentaires.

La population laotienne dépend de l’agriculture et de l’élevage pour sa survie. Les paysans sont souvent les premières victimes des catastrophes naturelles, comme les inondations : leurs champs sont inondés, les systèmes d’irrigation inutilisables, le bétail meurt et la population se retrouve sans nourriture ni revenus.

Déjà 23 villages plus résistants

Mais chaque district du pays dispose de son propre comité pour faire face aux catastrophes : ce sont les District Disaster Management Committees (DDMC). Oxfam travaille avec les DDMC de Kasi et Hom, afin d’améliorer la résistance de la population de 23 villages, qui font régulièrement face à des inondations et des tempêtes. Ce projet est rendu possible grâce au financement de l’Union européenne.

Les activités des DDMC englobent le renforcement des infrastructures, la promotion de l’agriculture durable, la sensibilisation aux catastrophes naturelles dans les écoles, des formations pour les bénévoles en matière d’interventions d’urgence et la mise en place de systèmes d’alarme. En juillet et en août 2013, Kasi a été touché par des inondations rapides et de grande ampleur : plus de 300 hectares de terres ont été dévastés. Avec l’aide d’Oxfam, le DDMC n’a pas ménagé ses efforts pour remédier aux dégâts et mieux préparer les habitants à la prochaine catastrophe.

Un pont vers une vie meilleure

Le village de Nathen est situé dans le district de Kasi. En saison de pluie, la rivière de Nam Lik qui traverse le village, peut monter en très peu de temps. Le pont qui traverse la rivière a été réhabilité dans le cadre d’un projet d’Oxfam, et les villageois peuvent à présent compter sur une construction solide de bois et de fer pour accéder à leurs champs, même en cas de crue.

M. Chompheng, est agriculteur et administrateur adjoint du village de Nathen, il raconte les travaux qui ont été entrepris « Je suis moi-même allé hacher du bois pour les planches. Avec ces planches et les autres matériaux, nous avons pu adapter et rehausser le pont. Avant, en cas d’inondation, lorsque le pont était à nouveau cassé, nous devions souvent utiliser des embarcations. Une mère et son fils se sont noyés ici, après être tombés d’une telle embarcation dans l’eau.

Maintenant nous pouvons utiliser à tout moment le pont pour aller vers nos champs, même si l’eau atteint un haut niveau. Et c’est vital pour nous. Notre riz, nos laitues et piments sont vendus dans tout le district. Si nous ne pouvons pas récolter de riz, pêcher de poisson ou planter d’autres légumes, nous n’avons rien à manger et encore moins à vendre. »

Un plan d’urgence comme affiche

Une autre activité des DDMC que soutient Oxfam, c’est la diffusion de « plans catastrophes », afin de pouvoir atteindre tous les habitants et en premier lieu les femmes, les enfants et les membres les plus vulnérables des communautés. Si chaque famille dispose d’un tel plan, tout le monde sait ce qu’il doit faire en cas de danger.

Mme. Bouasy, a 12 enfants. Son plan d’urgence familial lui rappelle tout ce qu’il faut faire avant, pendant et après les inondations. « Mon propre plan d’urgence pend toujours à ce mur, comme une affiche. Je l’ai reçu en février et je l’ai rempli moi-même. Écouter un exposé sur le changement climatique, suivre les actualités, faire un stock de nourriture, … tout y est noté. Mes enfants savent très bien ce que nous devons faire. Ainsi le plan dit par exemple de garder séparément des pousses de riz de réserve. Nous l’avons fait, et après la dernière inondation nous les avons replantées. Au moins de cette manière, nous n’avons pas perdu toute notre récolte. »

Une action sur le long terme

Ce projet s’est terminé fin décembre 2013. Mais grâce à un nouveau financement de l’Union Européenne, Oxfam poursuivra son action dans la province de Vientiane. 27 villages seront ciblés. Une composante importante du projet sera son focus sur la sensibilisation face aux risques et la préparation des communautés, écoles et autorités locales à mieux réagir en cas de crise. Une nouveauté sera la mise en place d’une plate-forme nationale qui réunira les différents intervenants dans le domaine de la réduction des risques de catastrophes : acteurs gouvernementaux, centres de recherche, secteur privé, société civile. Cette plate-forme contribuera à une meilleure coordination de leurs actions et elle sera bien placée pour plaider pour de meilleures politiques en la matière. Dans le même esprit et également avec le soutien financier de l’UE, nous allons promouvoir la participation des citoyens laotiens à la planification et la mise en œuvre du programme régional de l’ASEAN pour faire face aux catastrophes naturelles (AADMER).

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