Toumour : le village qui accueille 40.000 réfugiés

24/10/2016

2,7 millions de personnes ont dû fuir les violences dues au conflit avec Boko Haram en Afrique de l’Ouest. La plupart se sont réfugiées dans des villages voisins, accueillis par des communautés elles-mêmes pauvres et vulnérables. Oxfam apporte de l’aide humanitaire aux réfugiés comme à ceux qui les accueillent.

Une crise humanitaire largement méconnue est en train de s’aggraver dans la région du Lac Tchad en Afrique de l'Ouest. Suite au conflit avec Boko Haram, les violences se sont étendues depuis le nord-est du Nigeria vers les pays voisins : le Niger, le Tchad et le Cameroun. La région du lac Tchad est l’une des plus pauvres du monde et dans certaines zones, le nombre de réfugiés a triplé ces deux dernières années.

Quand la population d’un village quadruple

Le village de Toumour, à l’est du Niger, comptait jusqu’il y a peu 10.000 habitants, aujourd’hui il doit accueillir entre 32 et 42.000 réfugiés. Or ces villageois vivaient auparavant dans des conditions déjà très précaires, sans réel accès à l’eau potable.

Pour Mani Orthe, maire de Toumour (photo), cette crise a eu impact considérable sur le village. « Ça a radicalement changé la dynamique sociale de Toumour. Le nombre de réfugiés a largement dépassé le nombre d’habitants. Il y a un réel melting pot de 3 communautés : des réfugiés du Tchad, du Nigéria et d’autres du Niger. J’ai un diplôme en sociologie, je me rends bien compte de l’impact de tous ces changements sur notre communauté. Et ces nouveaux arrivants n’avaient rien avec eux. Ils ont dû vendre tout leur bétail pour payer leur voyage. Ils ont dû fuir dans la précipitation, ce qui les a rendus encore plus pauvres. Ils ont vendu toutes leurs possessions pour arriver ici. »

Ya Ngoua (photo), 29 ans, fait partie de ces personnes qui ont dû tout abandonner dernière elles. Elle vit maintenant depuis 2 ans dans une hutte avec ses 4 enfants, dont deux jumeaux qui souffrent de malnutrition. « Une nuit, nous avons vu des gens qui courraient partout, on entendait des coups de feu et des hélicoptères. Nous avons fui pour sauver nos vies, et nous avons marché à pieds pendant deux jours. Mon mari nous a laissé tomber, il s’est enfuit. Je suis malade et sans lui il n’y a pas d’argent pour payer des médicaments. Nous mangeons deux fois par jour quand nous le pouvons. Nous n’avons aucune idée si la situation s’améliorera un jour et quand nous pourrons rentrer chez nous. »

De l’aide pour 261.694 personnes

A Toumour, Oxfam a installé un système d’accès à l’eau potable avec une citerne de 50.000 litres, fonctionnant à l’énergie solaire; ce système permet déjà à 10.000 personnes, villageois comme réfugiés d’avoir accès à de l’eau potable. Et Oxfam est en train d’élargir sa réponse au vu que la quantité de réfugiés qui arrivent à Toumour.

Au Nigeria, au Niger et au Tchad, Oxfam apporte de l’aide humanitaire aux personnes qui ont dû fuir leur maison, mais aussi aux communautés vulnérables au sein desquelles elles ont trouvé refuge. En fonction des besoins de chacun, nous distribuons de la nourriture, de l'eau potable et installons des sanitaires pour empêcher la propagation de maladies. Nous avons aussi lancé des programmes « argent contre travail » bénéficiant aux réfugiés ainsi qu’à la communauté d’accueil, un exemple de programme est la réhabilitation de champs de riz communautaires. Depuis le début de la crise, Oxfam est déjà venu en aide à 261.694 personnes, et espère atteindre plus de 1,5 million de bénéficiaires en tout d’ici fin 2017.

 

Les projets d'Oxfam au Niger bénéficient de financements du Departement Internationaal Vlaanderen. Les projets d'Oxfam au Tchad bénéficient de financements de la province du Brabant Flamand.

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