Tsunami en Indonésie : 1 an plus tard, qu'a fait Oxfam ?

Aina - cover article Indo 1 year after
08/10/2019

Le 28 septembre 2018, l’île de Célèbes en Indonésie était frappée par un tremblement de terre suivi d’un tsunami. En quelques instants, des villages entiers ont été rayés de la carte. Plus de 4.000 personnes sont décédées. Des milliers d’hommes et de femmes ont tout perdu.

Oxfam a des liens étroits avec plusieurs associations indonésiennes, rassemblées après la catastrophe au sein de la Jejaring Mitra Kemanusiaan (JMK), un consortium indonésien dédié à l’aide sur le terrain. C’est par leur intermédiaire – et grâce à l’extraordinaire mouvement de solidarité du public et de nos donateurs - qu’une aide d’urgence a pu être apporté dès les premiers jours suivant la catastrophe.

Au cours des 12 derniers mois, un soutien humanitaire a ainsi pu être apporté à 200.354 personnes au sein de 125 villages touchés par la catastrophe. En pratique, et pour ne donner que quelques exemples, cela se traduit par la distribution de 29 millions de litres d’eau propres, de 24.477 kits d’hygiène et l’installation de 400 toilettes. Des vêtements et des abris temporaires ont également été distribués en de nombreux endroits.

En septembre, Oxfam est allée sur le terrain afin de récolter les témoignages de rescapé.e.s et de voir l’impact qu’a notre action sur le terrain.

De l’eau pour Aina

Le tremblement de terre et le tsunami ont détruit une bonne partie des équipements sanitaires. Dans les jours qui ont suivi, la priorité a donc été mise sur la distribution d’eau potable et de kits d’hygiène. Des latrines temporaires ont été installées dans les camps installés pour les réfugiés, remplacées plus tard par des structures plus solides.

Aina fetches water at the tank installed by Oxfam & JMK

Aina vient chercher de l’eau pour la cuisine à un réservoir installé par Oxfam et JMK. © Rosa Panggabean/OxfamAUS

« J’habite encore dans un camp de réfugiés, où Oxfam et JMK ont installé des équipements pour nous approvisionner en eau et des toilettes. Les gens qui habitent ici sont vraiment reconnaissants de ne plus devoir s’inquiéter pour l’eau. C’est le plus important. Au début, nous n’avions pas d’autres choix que de récolter l’eau dans des étangs, que ce soit pour la boire ou pour cuisiner. ll y en avait peu, et il fallait la faire bouillir pour l’utiliser. Même comme ça, il y avait un risque de maladie. Grâce à l’aide d’Oxfam, notre santé et même l’économie se sont améliorées. » Aina, camp de Jono Oge

Le magasin de Salma

Dans les mois qui ont suivi la catastrophe, Oxfam et JMK ont mis en place un programme de distribution d’argent. Pourquoi un tel programme ? Car les besoins peuvent varier fortement d’une personne à l’autre.

Certaines familles vont par exemple devoir payer des frais médicaux, là où d’autres ont plutôt besoin de matériel pour réparer leur maison, ou de semences pour leurs champs. Dans le cas de Salma, l’argent a servi à acheter les fournitures nécessaires pour rouvrir sa petite échoppe, détruite par la vague meurtrière de septembre 2018.

Salma in her shop

© Elizabeth Stevens/Oxfam America

« Mon échoppe est redevenue un lieu de rencontre. Le matin, je me lève à 2h du matin pour préparer l’ouverture. De nombreuses personnes passent dès 6h du matin pour boire un café, manger un petit-déjeuner composé de riz gluant à la noix de coco. Pour le lunch, je prépare des bananes frites, du tofu, des nouilles… Mon échoppe est ma source de revenus. Grâce à l’argent reçu d’Oxfam et du JMK, j’ai pu la remettre en état. Maintenant je regarde vers l’avenir : je veux que mes enfants reçoivent une bonne éducation et que plus tard ils aillent à l’université. » Salma.

Les Lumières du Paradis

Le village de Lende Tovea a été dévasté par la catastrophe du 28 septembre. Sur les 468 maisons qu’il comptait, 187 ont été entièrement détruites. Dans les mois qui ont suivi, un groupe de femmes – soutenu par Oxfam via une association partenaire – se sont mises au travail pour relever leur communauté.

Rassemblées sous le nom « Majelis Ta’lim Nurul Jannah » (Les Lumières du Paradis), elles organisent notamment des ateliers pour aider les survivant.e.s à surmonter leur trauma grâce à la musique et à l’art. Elles assistent aussi celles et ceux qui ont tout perdu à retrouver des moyens de subsistance.

The lights of Heaven

Tasma, Siar et Rus’ida (de gauche à droite), trois membres des Lumières du Paradis, sous un panneau indiquant une zone refuge en cas de séisme. © Elizabeth Stevens/Oxfam America

Les Lumières de Lende Tovea réfléchissent également à la meilleure manière d’assurer la sécurité des familles si un nouveau séisme devait se produire. Elles ont par exemple créé une carte du village afin d’informer la population des endroits les plus sûrs en cas de tremblement de terre. Elles gardent aussi un œil attentif sur la politique locale.

« Nous observons ce que les autorités du village font, comment elles utilisent le budget », explique Tasma, une membre du groupe. « Nous voulons être sûres que le développement se fasse avec une attention à la résilience. »

Une attention respectée et même encouragée par le chef du village, Rahman Lukuaci. « Quand on souhaite mettre en place quelque chose, explique-t-il, la première étape est de leur présenter le projet. On ne poursuit plus avant que si elles marquent leur accord. Elles nous aident à développer le village, c’est une véritable collaboration ».

Mais pourquoi avoir choisi comme nom Les Lumières du Paradis ? « C’est parce que faire ce travail nous remplit de lumière », explique Rus’ida, une autre membre du groupe. « Ça nous fait briller et ça nous rend belles. » Ses amies éclatent de rire à ses mots, et à ce moment précis, elles sont effectivement brillantes et magnifiques.