Un accord belge sur le climat qui laisse à désirer

07/12/2015

Hourra ! Après 6 ans de négociations, les ministres belges ont enfin trouvé un accord sur le climat. Mais il pourrait être meilleur. Bien meilleur.

Ça a pris 6 ans mais la Belgique a enfin un accord sur le climat. Dans cet accord : une liste d’objectifs et d'efforts à fournir en Belgique d’ici 2020, et leur répartition entre régions et fédéral.  

Les régions et les autorités fédérales se sont donc entendues sur :

  • Qui émettra moins de CO2 et en quelle quantité ;
  • Qui produira combien d'énergies renouvelables ;
  • Qui débloquera quelle somme d’argent pour le financement d’un plan climatique ;
  • Qui recevra quelle somme issue des revenus du commerce des émissions de CO2.

Les objectifs promis n’ont rien de nouveau. Ils ne suivent que le minimum des objectifs climatiques fixés par l'Union Européenne en 2008 et qui doivent être atteints d’ici à 2020.

5 euros par Belge

L’accord climatique belge prévoit 50 millions d’euros pour le fond pour le climat. Ça semble beaucoup d’argent mais en comparaison avec nos voisins, c’est relativement peu.

La Belgique versera ainsi moins de 5 euros par an par habitant au financement climatique. Les Pays-Bas versent eux 32 euros par habitants, la Grande-Bretagne 38 euros et la France 75 euros.

La Belgique a-t-elle de l’argent à allouer au climat ?

C’est une question de choix politiques. Les 10 dernières années, les entreprises belges ont été à l’origine d’évasion fiscale pour pas moins de 7 milliards d’euros, et ce, tout à fait légalement.

Cette somme revient à leur accorder, chaque année, un cadeau fiscal d’environ 70 euros par belge.

S’adapter au changement climatique

Les financements de l’accord international sur le climat doivent servir à aider les pays pauvres à prendre les mesures nécessaires pour s’adapter aux conséquences du changement climatique (ex. sécheresses, pluies torrentielles, inondations).

 « Le moins que les ministres puissent faire, c’est de ne pas aller chercher la contribution promise dans le budget existant de la coopération au développement », insiste Brigitte Gloire (Oxfam-Solidarité) à la conférence sur le climat de Paris.

Première mission = un plan national pour le climat

« La Belgique n’est pas un grand pays et n’est pas non plus le plus gros pollueur du monde. Aujourd'hui, les ministres belges marchent enfin main dans la main. Mais ce qui leur manque, c’est de l’ambition. Sur ce point, nous pouvons beaucoup apprendre d’autres petits pays. »

« Il est maintenant temps de travailler tous ensemble pour le climat. La première mission concrète que les ministres doivent accomplir, c’est d'établir de quelle manière ils vont atteindre ces objectifs climatiques »,  conclut Brigitte Gloire. En effet à ce stade, seuls les objectifs ont été définis, pas les actions détaillées pour y parvenir.