Un accord plus équitable pour la population syrienne

09/09/2014

Avec 3 millions de réfugiés et 190.000 morts, la crise syrienne menace dangereusement la sécurité et la stabilité des pays voisins. La communauté internationale s’investit trop peu dans l’aide aux réfugiés syriens, que ce soit dans l’accueil de ceux-ci ou dans la gestion des ventes d’armes aux belligérants.

Un rapport d’Oxfam, intitulé « Un accord plus équitable pour la population syrienne », montre que si les besoins en aide humanitaire s’élèvent à 7,7 milliards de dollars, moins de la moitié des fonds nécessaires a été rassemblée jusqu’à présent. En parallèle, les livraisons d’armes continuent d’alimenter les violences et les pays riches accueillent un nombre dérisoire de Syriennes et Syriens qui ont fui le conflit.

Contribuer de manière équitable à l’aide humanitaire

La Belgique fait figure de mauvais exemple. Si l’on considère un partage équitable des contributions entre les pays riches pour répondre aux besoins humanitaires en Syrie, la Belgique devrait mettre 50 millions de dollars sur la table. En 2014, seuls 17,6 millions de dollars ont été promis. La Russie, grand exportateur d’armes vers la Syrie, n’a apporté que 1% de sa part. La France et les États-Unis ont apporté 33% et 60% de leur part respective tout en continuant de fournir des armes. De leur côté, nombre des pays du Golfe donnent plus que leur part, mais ils doivent en faire davantage pour arrêter les transferts d’armes.

Prendre ses responsabilités face à l’ampleur de la crise

« Kalachnikovs, bombes et missiles ne cessent d’affluer vers la Syrie et d’alimenter de terribles violations des droits humains, tandis que l’aide humanitaire arrive au compte-gouttes à celles et ceux qui en ont si cruellement besoin. » déplore Andy Baker, directeur de la réponse d’Oxfam à la crise syrienne. « Les pays voisins accueillent des millions de réfugiés, dont beaucoup ont besoin d’un abri, de soins de santé, de vivres et d’eau. Il n’y a pas d’embargo sur les armes et les munitions, et seuls de rares pays se sont décidés à offrir leur protection à ne serait-ce qu’un petit nombre de réfugiés. La communauté internationale doit faire face à ses responsabilités envers les victimes de ce conflit. »

Oxfam appelle les pays riches à s’engager pour la réinstallation ou l’admission humanitaire de 5 % des réfugiés, quel que soit leur nombre à la fin 2015. Chaque pays riche doit contribuer équitablement à cet effort en fonction de la taille de son économie. Après trois ans et demi, la générosité des pays voisins, tels que le Liban et la Jordanie, atteint son point de rupture, et les réfugiés comme les communautés pauvres qui les accueillent en paient le prix.

Le rapport complet d’Oxfam « Un accord plus équitable pour la population syrienne »