Une aide juridique pour les femmes victimes de violences

25/02/2015

Depuis près de 40 ans, Oxfam travaille à promouvoir le droit des femmes au Mozambique et à assurer leur accès à la terre, aux soins de santé et à l’éducation. L’une de nos organisations partenaires depuis 2008 est « AMUDEIA », spécialisée dans l’accueil des victimes de violences faites aux femmes.

37% des femmes au Mozambique font face à des violences dans leur vie et 45% des femmes mariées sont confrontées à la violence conjugale. Une situation qui contraste avec des progrès dans les domaines juridiques et politiques.

2/3 des Mozambicaines vivent à la campagne

En effet, le Parlement compte près de 40% de femmes depuis 2014 - un des taux les plus hauts du monde – mais les femmes ont rarement leur mot à dire dans leur vie de tous les jours, se heurtant aux normes religieuses et culturelles qui maintiennent la position dominante des hommes.

De plus, près de 2/3 des Mozambicaines habitent dans les campagnes, éloignées du système juridique officiel. Leur seul recours en cas de violence est donc de faire appel à des tribunaux communautaires, où les jugements rendus se basent sur des lois coutumières qui discriminent souvent les femmes.

Un centre d’accueil pour les victimes

Notre organisation partenaire AMUDEIA travaille à Manhiça, un district majoritairement agricole où la violence conjugale et d’autres formes de violence faite aux femmes sont légions. Cette association vient en aide aux femmes qui ont vécu des violences. En 2007, AMUDEIA a ainsi mis en place un centre d’accueil pour ces victimes, et a commencé à former les femmes pour qu’elles connaissent mieux leurs droits et puissent ainsi se mobiliser pour les défendre, dans le domaine familial mais aussi de l’accès à la terre. 

Avocats, psychologues et juristes

C’est alors qu’en 2008, AMUDEIA et Oxfam ont entamé leur collaboration avec l’aide du Forum Mulher, un réseau de plus 80 organisations mozambicaines de défense des droits des femmes. Oxfam a apporté un soutien financier à AMUDEIA ainsi qu’un appui en planification stratégique, en management financier et administratif et dans la formation du personnel.

Un partenariat qui a très vite porté ses fruits : AMUDEIA a pu transformer l’infrastructure de son centre d’accueil, engager du personnel qualifié, y compris des avocats et psychologues, et former huit nouveaux juristes. La renommée du centre s’est ainsi étendue dans la région, et entre 2008 et 2013, 3.000 femmes ont pu bénéficier directement des services juridiques et psychosociaux d’AMUDEIA. Ce succès leur a permis de s’agrandir et d’ouvrir 28 nouveaux centres. 

« Les membres AMUDEIA du Parlement »

Oxfam a également aidé le Forum Mulher à coordonner les actions de ses organisations membres, y compris AMUDEIA, pour permettre l’adoption d’une loi sur les violences familiales.  Le réseau a ainsi lancé le débat au niveau national, mené une campagne média, fait des recherches et organisé des marches et des sit-ins à l’Assemblée Nationale. Avec le soutien d'Oxfam, AMUDEIA a pu jouer un rôle fondamental dans la mobilisation des femmes des zones rurales.

Près de 200 femmes d’AMUDEIA ont ainsi voyagé de Manhiça à Maputo à chaque fois que le projet de loi y était discuté- elles étaient si connues qu'elles étaient appelées «les membres AMUDEIA du Parlement». Ces actions ont contribué à l’approbation de la loi en 2009 : pour la première fois, les femmes mozambicaines subissant des violences conjugales avaient droit à une protection légale. Et rien qu’en 2010, 10.000 femmes sont allées faire part à la police des violences qu’elles subissaient dans leur foyer.

S’attaquer aux causes de la violence

Oxfam soutient actuellement AMUDEIA et d’autres membres du réseau du Forum Mulher à s’attaquer aux causes sous-jacentes de la violence conjugale. Travailler avec des hommes pour remettre en cause les relations patriarcales, promouvoir le leadership des femmes, identifier les premiers signes de violence au niveau des écoles, développer des des solutions alternatives pour les victimes sans lieu de refuge...

En 2014, les organisations du Forum Mulher ont également été inclues dans le processus de révision du code pénal du Mozambique, ce qui a conduit au retrait de certains articles concernant le viol, le mariage des enfants et la polygamie. 

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