Voici le coût humain de l’évasion fiscale

Farma-bedrijven ontwijken belastingen rapport Oxfam
19/09/2018

4 géants de l’industrie pharmaceutique éviteraient de payer des milliards d’euros d’impôts. Et ce sont les plus pauvres qui en paient le prix. Des milliards de bénéfices d’un côté, et beaucoup de gens qui n’ont pas accès aux soins de santé de l’autre. Comment est-ce possible ?

Johnson & Johnson, Pfizer, Abbot ou Merck & Co (MSD)… Ces noms vous sont familiers ? Il s’agit des 4 plus grandes sociétés pharmaceutiques mondiales. Vous connaissez forcément certains de leurs produits. Jonhson&Johnson commercialise par exemple les pansements ‘Compeed’, les protections hygiéniques ‘OB’ ou encore les anti-âges ‘RoC’. Sans parler de nombreux médicaments qui sauvent ou améliorent des vies.

Argent facile

Les sociétés pharmaceutiques savent mieux que quiconque comment garder les gens en bonne santé. Une autre de leur spécialité est de savoir comment gagner beaucoup d’argent sur le dos des plus vulnérables.

Johnson & Johnson, Pfizer, Abbot ou Merck & Co éviteraient ainsi de payer jusqu’à 3,5 milliards d’euros d’impôts par an. Ce montant correspond à la probable évasion fiscale dans 9 pays riches et 7 pays en développement. C’est une nouvelle étude de l’ONG Oxfam qui révèle les transferts à grande échelle de leurs bénéfices vers des paradis fiscaux.

Ça suffit !

De plus, les entreprises pharmaceutiques rendent leurs médicaments beaucoup trop chers. Janssen Pharmaceutica (filiale de Johnson & Johnson) a par exemple développé un médicament contre la tuberculose qui coûte jusqu’à 708 € en Afrique du Sud, alors qu’elle a la possibilité de développer une alternative générique qui peut être vendue 41€.

Les personnes précarisées (et surtout les femmes) victimes du système

Quand les multinationales ne paient pas leur juste part d’impôts, les gouvernements disposent de moins de moyens financiers pour les services sociaux, comme les soins de santé, censés soutenir chacun d’entre nous.

Ces services sociaux pourraient également aider des millions de personnes à sortir de la pauvreté.

 

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Les conséquences désastreuses de l’absence de soins de santé

Nasil et Kiran ont déjà perdu 3 enfants. Une fille, morte à 10 ans, et deux fils. Ils n’ont plus qu’un seul enfant encore en vie, Sandhaya, une fillette de 6 ans.

Nasil et Kiran ne savaient pas à quoi était due la fièvre de leurs enfants décédés. Quand leur fille ainée est tombée malade, ils ont pensé à un simple virus, et que la fièvre passerait en quelques jours. Ils sont allés chez un docteur non qualifié qui a posé un mauvais diagnostic. Il ne s’agissait pas d’une « simple » fièvre, mais d’une encéphalite.  Leurs 2 fils ont, quant à eux, été pris d’une forte fièvre et de convulsions. Ils sont morts avant d’avoir atteint l’hôpital .

Kiran (India) en haar enige overblijvende dochter, haar andere drie kinderen zijn overleden door een gebrek aan gezondheidszorg

Nasil et Kiran n’avait jamais été informé sur cette maladie. Leurs enfants n’étaient pas vaccinés. Ils n’avaient pas non plus de moustiquaires – pas plus que le reste du village – alors que cet accessoire est indispensable pour se protéger des moustiques, vecteurs connus de l’encéphalite japonaise.

Et en Belgique ?

La firme belge Janssen Pharmaceutica n’a payé que 1 à 2% d’impôts en Belgique entre 2013 et 2015. A l’époque, le taux d’imposition officiel des entreprises était de 33,99%. Le pire ? Leur façon d’échapper à l’impôt est tout à fait légale. Ce sont les autorités qui mettent en place les mesures et accords fiscaux qui rendent cela possible.

Les industries pharmaceutiques en profitent grassement, mais elles en veulent toujours plus :

  • A Bruxelles, le secteur pharmaceutique dit dépenser près de 40 millions d'euros pour influencer le processus décisionnel européen.
  • Ce montant s'élève à 200 millions de dollars par an aux Etats-Unis.

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Maaike Vanmeerhaeghe, experte en fiscalité chez Oxfam :

"Les entreprises étudiées utilisent leur pouvoir et leur influence pour maintenir les prix des médicaments élevés et pour obtenir des avantages fiscaux plus importants. Cela conduit à des profits records pour les sociétés pharmaceutiques et leurs actionnaires, mais aux dépens des personnes les plus pauvres. Pour eux, les prix élevés des médicaments sont inabordables et les soins de santé publics sont insuffisants.”